France-Présidentielle : Manuel Valls se présente comme le candidat du rassemblement (SYNTHESE)
Publié le 2016-12-06 à 08:26 | french.xinhuanet.com

Manuel Valls (Xinhua/AFP)
PARIS, 6 décembre (Xinhua) -- Le Premier ministre français, Manuel Valls a déclaré lundi soir sa candidature à la présidentielle de 2017 depuis son fief d'Evry, et annoncé en même temps son départ de la tête de l'exécutif dès mardi matin.
"Je suis candidat à la présidence de la République (...) Le sens de l' Etat me fait considérer que je ne peux plus être Premier ministre tout en étant candidat. En accord total avec le président de la République, je quitterai mes fonctions dès demain (mardi) car je veux en pleine liberté proposer aux français un chemin ", a déclaré M. Valls qui se pose déjà en rassembleur de sa famille politique.
"Ma candidature est celle de la conciliation, elle est celle de la réconciliation. Je pose donc ce premier acte pour
l'unité parce qu' aujourd' hui j'ai une responsabilité : rassembler", a dit le Premier ministre faisant allusion à une gauche divisée.
Selon M. Valls, sa candidature, en plus d'être un engagement contre l'extrême droite qui est "aux portes du pouvoir", ou encore contre la droite et son programme "qui est un recul social généralisé", est une révolte "à l'idée que la gauche soit disqualifiée à cette présidentielle" à cause de sa division.
"Je veux faire gagner tout ce qui nous rassemble. Et la primaire qui s'ouvre et un formidable moyen pour récréer
l'unité", a insisté M. Valls tout en appelant, les hommes de gauche et tous les progressistes à faire bloc "contre
l'extrême droite et la régression sociale que propose François Fillon".
Mais le candidat Valls peut-il incarner ce rassemblement ? Sa déclaration de candidature à peine annoncée, que ses camarades de parti, notamment les candidats à la primaire du parti socialiste (PS) lui apportent la réplique.
Pour Arnault Montebourg et Benoît Hamon tous deux anciens ministres sous François Hollande, et candidats à la primaire de la gauche, M. Valls n' est pas le mieux placé pour incarner le rassemblement.
" Il (Valls) explique vouloir unifier les gauches alors qu'il les a divisé avec la déchéance de nationalité. Il est maintenant le premier défenseur de la gauche alors qu' il a théorisé les gauches irréconciliables", a dit M. Montebourg sur France2 en réaction à l'appel de Valls.
Même remarque pour M. Hamon selon qui, Manuel Valls "a trop méthodiquement divisé la gauche pour être en capacité de la rassembler en si peu de temps".
Gérard Filoche, également candidat à la primaire de la gauche, ratisse plus large pour convaincre que le Premier ministre ne peut être le candidat du rassemblement.
La déclaration de candidature de M. Valls intervient quatre jours après la décision du président de la République François Hollande de renoncer à se présenter à la présidentielle de 2017.
En effet depuis la parution du livre confidence "un président ne devrait pas dire ça", plusieurs responsables de gauche ont appelé à une nouvelle candidature en remplacement de celle de M. Hollande.
Dans cette perspective, les proches de Hollande soupçonnent depuis plusieurs semaines le Premier ministre Manuel Valls, à travers ses déclarations à la presse, de tout faire pour empêcher le président de la République de se présenter, au profit de sa propre candidature.
La dernière déclaration en date, un entretien accordé en fin novembre par Manuel Valls au Journal du Dimanche :
" j'ai des rapports de respect, d'amitié, et de loyauté avec le président. Mais la loyauté n'exclut pas la franchise. Force est de constater qu'au cours de ces dernières semaines, le contexte a changé. La parution du livre de confidences (un président ne devrait pas dire ça) a créé un profond désarroi à gauche. Comme chef de la majorité, ma responsabilité est donc de tenir compte de ce climat", avait-il indiqué.
A la question s' il pourrait être candidat face à Hollande, M. Valls répond : "chacun doit mener ses réflexions en responsabilité. Je prendrai ma décision en conscience. Quoi qu' il arrive, le sens de l' Etat m' animera toujours".
Stéphane Le Foll, porte-parole du gouvernement et proche de M. Hollande, va apporter la réplique à M. Valls, soulignant qu' une candidature du Premier ministre serait synonyme de son départ du gouvernement.
"Une candidature de Manuel Valls à la primaire de la gauche était tout à fait possible mais à ce moment-là il n'est plus Premier ministre", avait-t-il déclaré sur Europe 1. La primaire de la gauche qui aura lieu les 22 et 29 janvier prochains.
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