L'Europe a besoin d'un "bon" accord pour sauver la Grèce (ANALYSE)

Publié le 2015-07-07 à 10:31 | french.xinhuanet.com

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Par Grandesso Federico

BRUXELLES, 6 juillet (Xinhua) -- La Grèce s'aventure en terre inconnue depuis que son peuple a clairement voté "non" au référendum de dimanche dernier sur les dernières propositions des créanciers. Ce à quoi des responsables européens ont répondu que c'était désormais à Athènes de faire des propositions "sérieuses" pour conclure un accord sur un troisième plan d'aide. Mais seul un "bon" accord parviendra à sauver une Grèce au bord de la faillite.

"On ne doit pas jouer avec le feu", s'inquiète Gianni Pittella, président du groupe social-démocrate au Parlement européen, notant qu'on "n'a peut-être pas bien mesuré" les graves conséquences pour l'eurozone, l'euro et l'Union européenne (UE) d'une absence d'accord.

Dans un entretien accordé lundi à Xinhua, M. Pittella estime qu'il "existe toujours aujourd'hui les conditions politiques pour permettre de rouvrir les négociations. Nous n'avons pas d'alternative: nous ne voulons pas que la Grèce sorte de l'eurozone. Le 'non' (des Grecs) était un 'non' contre l'austérité et certainement pas un 'non' contre l'Europe ou l'euro. Nous devons reprendre les négociations dans un nouvel esprit, basé sur la solidarité".

Selon M. Pittella, les deux parties doivent faire encore plus d'efforts à cette occasion. "Ces derniers jours, nous étions proches d'un accord. D'un côté, la Grèce devra mettre certains éléments de côté et garantir qu'elle s'engagera concrètement sur la voie de réformes. De l'autre, l'Europe devra mettre de côté sa rigidité et les égoïsmes nationaux", dit-il.

Spécialiste du commerce international, Roberto Bruni observe que les partis extrémistes comme UKIP (Grande-Bretagne), le Front national (France), la Ligue du Nord (Italie) et Podemos (Espagne) ont été dopés par les résultats du référendum grec et ne cesseront désormais de combattre les politiques d'austérité de leurs gouvernements respectifs, mais aussi la signification même de l'UE en tant que telle.

Pour M. Bruni, un accord avec la Grèce est toujours possible étant donné l'urgence, mais le Premier ministre grec Alexis Tsipras "perdra alors son soutien au Parlement, conduisant à des élections législatives d'ici trois mois".

Hardy Böckle, porte-parole de la Représentation permanente de l'Allemagne auprès de l'UE, pense que "la partie reprendra demain". "Les Grecs ont dit 'non' et maintenant c'est à eux de faire des propositions pour dire comment on va faire", dit-il à Xinhua.

"S'ils veulent renégocier, ils doivent dire ce à quoi ils sont prêts. Nous sommes ouverts à la discussion, mais c'est à la Grèce de faire des propositions et la démission du ministre grec des Finances Yanis Varoufakis n'y changera rien", ajoute le porte-parole.

Après la victoire écrasante du "non" (61,3% des voix), les chefs d'Etat et de gouvernement de la zone euro se réuniront mardi en fin d'après-midi à Bruxelles pour faire le point de la situation.

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