ABIDJAN, 20 février (Xinhua) -- Quelque 500 délégués, dont de hauts officiels étatiques, des responsables de structures connexes au tourisme, au voyage, aux loisirs et aux infrastructures hôtelières, sont réunis depuis jeudi à Abidjan pour un forum mondial sur l'investissement dans le tourisme en Afrique.
Le forum offre pendant trois jours un cadre de mise en relation d'affaires entre les porteurs de projets, les investisseurs et bailleurs de fonds, les partenaires au développement nationaux et internationaux issus des secteurs publics et privés dans le but de capter des financements.
"C'est seulement par cette synergie d'action que notre continent constituera la force économique à laquelle elle est destinée", a indiqué le ministre ivoirien du Tourisme, Siandou Fofana, à l'ouverture du forum.
"Oui, ensemble nous disposons de ressources nécessaires pour réussir ce pari", a-t-il assuré, soulignant que l'Afrique a "un riche patrimoine culturel encore intact, des plages à perte de vue, une faune et une flore fort variées, de nombreuses attractions naturelles et un capital humain certain fait d'hospitalité, d'accueil et de convivialité, valeurs en voie de disparition au plan mondial".
Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), sur 1,4 milliard de touristes internationaux en 2018, l'Europe représente 51% des arrivées internationales dans le monde, suivie de l'Asie-Pacifique (24%) et des Amériques (16%), l'Afrique n'en totalisant que 5% (soit 63 millions de touristes) et le Moyen-Orient 4%.
Pour M. Fofana, l'intérêt pour les pays africains de mutualiser leurs efforts de développement dans tous les domaines n'est plus à démontrer.
Afin de lever les obstacles au développement du tourisme sur le continent, il insiste sur l'adoption de politiques communautaires faites de mesures d'incitation et fiscales communes, de stabilisation des institutions publiques, de régionalisation des circuits transafricains, de libéralisation ou d'assouplissement des formalités de voyages, de mutualisation des régimes douaniers et fiscaux attractifs, d'élaboration de législation appropriée au tourisme et de formation.
Le vice-président ivoirien, Daniel Kablan Duncan, a pour sa part relevé que le mal du tourisme en Afrique s'explique, notamment, par l'insuffisance de financement, de mécanisme de financement et d'infrastructures performantes et modernes, les difficultés d'accès aux sites, le coût élevé du transport aérien, sans compter les problèmes sanitaires.
Il a souligné la nécessité pour l'Afrique de "faire bouger les lignes" au regard de la manne financière que constitue le tourisme.
"Toutefois, il est important que les différents pays satisfassent à des exigences environnementales, économiques ou financières sous peine d'annuler les retombées positives des activités touristiques pour la société", a-t-il indiqué.
Outre une conférence ministérielle sur le thème "Stimuler le tourisme africain par l'investissement", le forum abritera aussi des panels sur les thèmes "Investir en Afrique : cadre incitatif, juridique, fiscal et financement" et "Développement du secteur du tourisme, évolution du tourisme en Afrique".