TUNIS, 27 novembre (Xinhua) -- Un Conseil national du dialogue social (CNDS) a vu le jour mardi en Tunisie, alors que le pays traverse actuellement une crise socio-économique et politique.
Le CNDS a donné le coup d'envoi des travaux de son assemblée générale constitutive en présence des parties concernées, à savoir le gouvernement, l'Union générale tunisienne du travail (centrale ouvrière, UGTT), l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (centrale patronale, UTICA) et l'Union tunisienne de l'agriculture et de la pêche (UTAP).
Ce conseil se veut l'un des fruits du "contrat social" signé en 2013 avec pour principales finalités la stabilité politique du pays, le renforcement de la croissance économique via l'accroissement de la productivité et l'employabilité, outre l'aboutissement à une certaine cohésion sociale.
Il est composé de 35 membres représentant le gouvernement, 35 autres issus de l'UGTT, 30 de l'UTICA et cinq de l'organisation d'employeurs la plus représentative du secteur agricole.
"Nous veillerons à ancrer la démocratie sociale (...) La mise en place de ce conseil favorisera l'institutionnalisation du dialogue social d'autant plus qu'il s'agit, certes, d'un acquis pour la Tunisie tout comme pour le monde arabe", a souligné le Premier ministre Youssef Chahed à l'ouverture des travaux.
Ce conseil "tranchera, entre autres, dans des dossiers sociaux litigieux en relation avec le secteur professionnel et la réglementation à caractère socioéconomique", a-t-il détaillé. De plus, il sera consulté avant l'élaboration ou la soumission à l'approbation de futurs projets de loi ou projets d'arrêts gouvernementaux.
Le CNDS "sera un espace propice pour consolider le dialogue autour de priorités comme le développement économique et régional, les relations professionnelles, le travail décent, la formation professionnelle et la protection sociale", a salué le secrétaire général de l'UGTT, Noureddine Taboubi, ajoutant qu'il "favorisera la naissance d'un nouveau modèle de développement inclusif et participatif qui rompt avec le passé".
M. Taboubi a promis l'engagement de la centrale syndicale à adhérer aux efforts de mise en œuvre de programmes efficace et rentables pour l'emploi décent en Tunisie pour la période 2017-2022.
Pour le ministre des Affaires sociales, Mohamed Trabelsi, la création du CNDS "ambitionne de mieux carburer le partenariat entre les trois parties concernées par la production". Pour lui, "cette nouvelle structure permettra de prévenir les conflits sociaux et d'améliorer la législation sociale pour tout ce qui est relations professionnelles, protection sociale et formation professionnelle".