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Sylvain Tesson : "Je serais incapable d'écrire si je ne voyageais pas" (INTERVIEW)

                 French.xinhuanet.com | Publié le 2016-11-28 à 15:12


(Source de photo: L'ambassade de France en Chine)

Par SHANG Xu

BEIJING, 28 novembre (Xinhua) -- "Je fais route vers le lieu de mes rêves. L'atmosphère est lugubre. Le froid a lâché ses cheveux dans le vent. Les filandres de neige fuient devant les roues. La tempête s'immisce dans l'interstice laissé entre le ciel et la glace. Je regarde la rive, essaie de ne pas penser que je vais vivre six mois dans ces forêts de requiem", Sylvain Tesson raconte ainsi le début de son séjour "Dans les forêts de Sibérie".

Ce livre est le carnet d'ermite de l'écrivain-voyageur français qui a vécu en Sibérie de février à juillet 2010 dans une cabane de 9m2 perdue sur la rive nord-ouest du lac Baïkal. Dans cet ouvrage, il livre le fruit de ses lectures et de ses réflexions, citant les auteurs littéraires qu'il lit. Il décrit également la flore et la faune qui l'entourent, donnant des descriptions précises et évocatrices de cette région de Sibérie.

Selon les médias français, tiré à 12.000 exemplaires lors de sa sortie le 1er septembre en 2011 en France, "Dans les forêts de Sibérie" s'est écoulé en deux mois à 78.000 exemplaires avec six réimpressions. Le livre a également été sacré par le prix Médicis de l'Essai.

En 2015, le livre est traduit en chinois et publié en Chine. Le 26 novembre 2016, le Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition, destiné à promouvoir la traduction littéraire et à encourager la diffusion de la littérature en langue française en Chine, a couronné dans la catégorie "Jeune pousse" Zhou Peiqiong pour sa traduction de "Dans les forêts de Sibérie".

"Je suis heureux de savoir traduit en langue chinoise le récit de mon séjour dans les forêts de Sibérie", a indiqué Sylvain Tesson, auteur de nombreux essais et récits de voyage, dont "Une vie à coucher dehors", couronné par le Goncourt de la nouvelle en 2009, et "Berezina" par le prix des Hussards en 2015, lors d'une interview exclusive accordée à Xinhua peu après la cérémonie de remise du 8e Prix Fu Lei tenue samedi dernier à Beijing.

"Mon travail est complètement mélangé avec ma vie, je raconte ma vie dans mes livres (...) Je serais incapable d'écrire si je ne voyageais pas, comme le voyage est une source d'inspiration", a ainsi décrit Sylvain Tesson son travail et sa vie en tant qu'écrivain-voyageur.

"Je ne suis pas un écrivain imaginaire. J'ai besoin de voir, j'ai besoin d'éprouver, j'ai besoin d'être le témoin pour pouvoir raconter. Je me contente du monde. Le monde est si complexe, si beau, si violent, si intéressant", a-t-il souligné.

Il y a un an et demi, Sylvain Tesson a été victime d'un grave traumatisme crânien à la suite d'une chute. "Heureusement, je ne suis pas complètement mort. Je ne suis pas du tout mort, je suis très bien maintenant, j'ai beaucoup de chance. Maintenant, je fais un peu plus d'attention. Avant, je vivais sans aucune considération de ma santé", se souvient Sylvain Tesson.

"Moi-même, je ne suis pas du tout un bon exemple. Ce que je peux dire à des jeunes gens qui veulent voyager, c'est de vivre avant de communiquer. Il faut avoir des expériences personnelles, intimes, physiques, intellectuelles, spirituelles, avant de vouloir à tout prix en faire part", a-t-il indiqué, en expliquant : "Les nouvelles générations, depuis la révolution digitale, depuis la révolution numérique, sont d'abord préoccupées par la communication".

"Je m'intéresse à la poésie ancienne chinoise. J'aime les poèmes de Li Bai. J'ai lu 'Dao De Jing' (Le livre de la voie et de la vertu) de Lao Zi (ou Lao Tseu). Mais la littérature contemporaine chinoise, je la connais mal", avoue-t-il avec franchise.

Pour lui, la littérature est un bon moyen de mieux connaître la Chine. "Malheureusement, comme moi, les Français connaissent mal la littérature contemporaine chinoise", a-t-il indiqué, tout en appelant les écrivains, les traducteurs et les éditeurs chinois à informer les Français que "la littérature contemporaine chinoise n'est pas uniquement préoccupée par la Révolution culturelle et par l'histoire" et qu'"elle s'intéresse également aux grands mouvements de la Chine d'aujourd'hui".

"Je suis déjà venu à plusieurs reprises en Chine, mais c'est la première fois que j'arrive par la voie aérienne. Auparavant, j'ai visité la Chine par le train, à cheval et à bicyclette", a fait savoir Sylvain Tesson, avant d'ajouter qu'il aimerait trouver une cabane dans le nord-est de la Chine et s'installer un instant là-bas pour écrire un second tome qui pourrait s'intituler "Dans les forêts de Mandchourie".

Lire aussi:

>>> Prix Fu Lei : une exigence de qualité accrue et une reconnaissance institutionnelle des traducteurs (ambassadeur)

BEIJING, 27 novembre (Xinhua) -- Le Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition est en train de devenir une reconnaissance institutionnelle des traducteurs, qui sont les "éclaireurs de la nuit de l'incompréhension", selon l'ambassadeur de France en Chine, Maurice Gourdault-Montagne.

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French.xinhuanet.com | Publié le 2016-11-28 à 15:12


(Source de photo: L'ambassade de France en Chine)

Par SHANG Xu

BEIJING, 28 novembre (Xinhua) -- "Je fais route vers le lieu de mes rêves. L'atmosphère est lugubre. Le froid a lâché ses cheveux dans le vent. Les filandres de neige fuient devant les roues. La tempête s'immisce dans l'interstice laissé entre le ciel et la glace. Je regarde la rive, essaie de ne pas penser que je vais vivre six mois dans ces forêts de requiem", Sylvain Tesson raconte ainsi le début de son séjour "Dans les forêts de Sibérie".

Ce livre est le carnet d'ermite de l'écrivain-voyageur français qui a vécu en Sibérie de février à juillet 2010 dans une cabane de 9m2 perdue sur la rive nord-ouest du lac Baïkal. Dans cet ouvrage, il livre le fruit de ses lectures et de ses réflexions, citant les auteurs littéraires qu'il lit. Il décrit également la flore et la faune qui l'entourent, donnant des descriptions précises et évocatrices de cette région de Sibérie.

Selon les médias français, tiré à 12.000 exemplaires lors de sa sortie le 1er septembre en 2011 en France, "Dans les forêts de Sibérie" s'est écoulé en deux mois à 78.000 exemplaires avec six réimpressions. Le livre a également été sacré par le prix Médicis de l'Essai.

En 2015, le livre est traduit en chinois et publié en Chine. Le 26 novembre 2016, le Prix Fu Lei de la traduction et de l'édition, destiné à promouvoir la traduction littéraire et à encourager la diffusion de la littérature en langue française en Chine, a couronné dans la catégorie "Jeune pousse" Zhou Peiqiong pour sa traduction de "Dans les forêts de Sibérie".

"Je suis heureux de savoir traduit en langue chinoise le récit de mon séjour dans les forêts de Sibérie", a indiqué Sylvain Tesson, auteur de nombreux essais et récits de voyage, dont "Une vie à coucher dehors", couronné par le Goncourt de la nouvelle en 2009, et "Berezina" par le prix des Hussards en 2015, lors d'une interview exclusive accordée à Xinhua peu après la cérémonie de remise du 8e Prix Fu Lei tenue samedi dernier à Beijing.

"Mon travail est complètement mélangé avec ma vie, je raconte ma vie dans mes livres (...) Je serais incapable d'écrire si je ne voyageais pas, comme le voyage est une source d'inspiration", a ainsi décrit Sylvain Tesson son travail et sa vie en tant qu'écrivain-voyageur.

"Je ne suis pas un écrivain imaginaire. J'ai besoin de voir, j'ai besoin d'éprouver, j'ai besoin d'être le témoin pour pouvoir raconter. Je me contente du monde. Le monde est si complexe, si beau, si violent, si intéressant", a-t-il souligné.

Il y a un an et demi, Sylvain Tesson a été victime d'un grave traumatisme crânien à la suite d'une chute. "Heureusement, je ne suis pas complètement mort. Je ne suis pas du tout mort, je suis très bien maintenant, j'ai beaucoup de chance. Maintenant, je fais un peu plus d'attention. Avant, je vivais sans aucune considération de ma santé", se souvient Sylvain Tesson.

"Moi-même, je ne suis pas du tout un bon exemple. Ce que je peux dire à des jeunes gens qui veulent voyager, c'est de vivre avant de communiquer. Il faut avoir des expériences personnelles, intimes, physiques, intellectuelles, spirituelles, avant de vouloir à tout prix en faire part", a-t-il indiqué, en expliquant : "Les nouvelles générations, depuis la révolution digitale, depuis la révolution numérique, sont d'abord préoccupées par la communication".

"Je m'intéresse à la poésie ancienne chinoise. J'aime les poèmes de Li Bai. J'ai lu 'Dao De Jing' (Le livre de la voie et de la vertu) de Lao Zi (ou Lao Tseu). Mais la littérature contemporaine chinoise, je la connais mal", avoue-t-il avec franchise.

Pour lui, la littérature est un bon moyen de mieux connaître la Chine. "Malheureusement, comme moi, les Français connaissent mal la littérature contemporaine chinoise", a-t-il indiqué, tout en appelant les écrivains, les traducteurs et les éditeurs chinois à informer les Français que "la littérature contemporaine chinoise n'est pas uniquement préoccupée par la Révolution culturelle et par l'histoire" et qu'"elle s'intéresse également aux grands mouvements de la Chine d'aujourd'hui".

"Je suis déjà venu à plusieurs reprises en Chine, mais c'est la première fois que j'arrive par la voie aérienne. Auparavant, j'ai visité la Chine par le train, à cheval et à bicyclette", a fait savoir Sylvain Tesson, avant d'ajouter qu'il aimerait trouver une cabane dans le nord-est de la Chine et s'installer un instant là-bas pour écrire un second tome qui pourrait s'intituler "Dans les forêts de Mandchourie".

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