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(VOIX DE XINHUA) Crise migratoire : une solution durable demande une position unifiée et un partage des responsabilités

                 French.xinhuanet.com | Publié le 2016-03-17 à 21:12


Des réfugiés et migrants arrivent au port du Pirée, à Athènes, en Grèce, le 1er février 2016.(Xinhua/Marios Lolos)

Par Wang Huanying

BEIJING, 17 mars (Xinhua) -- Les dirigeants de l'Union européenne (UE) se réunissent jeudi et vendredi pour un sommet crucial consacré à un projet d'accord avec la Turquie destiné à régler la crise migratoire qui touche toujours le Vieux continent.

Ce sommet vise à finaliser le projet d'accord négocié laborieusement la semaine dernière à Bruxelles lors d'une réunion extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'UE avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu pour enrayer les flux de réfugiés et de migrants.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé mercredi que l'UE voulait "un accord acceptable pour les 28 États membres ainsi que pour nos partenaires turcs", alors que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exprimé "un optimisme prudent sur la possibilité de conclure un accord contraignant avec la Turquie".

"Lors du Conseil européen (jeudi et vendredi), il s'agit de savoir si nous parviendrons à trouver un accord nous donnant pour la première fois une véritable chance de solution durable et paneuropéenne sur la question des réfugiés", a indiqué mercredi la chancelière allemande Angela Merkel devant les députés de son pays.

Refusant d'assister à une fermeture des frontières entre les pays européens, la chancelière a appelé les États membres de l'UE à faire face ensemble au problème des réfugiés et à lutter contre les causes profondes poussant ces populations à quitter leurs pays d'origine.

"Autant pour l'Allemagne que pour l'UE, la crise des réfugiés est le plus grand défi de la décennie'', a-t-elle souligné.

Pourtant, dans un discours prononcé récemment à Munich, le Premier ministre français Manuel Valls avait indiqué ne pas être favorable à la mise en oeuvre d'un mécanisme permanent de répartition des réfugiés dans l'UE comme le propose Mme Merkel, tout en critiquant plus généralement la politique migratoire de celle-ci.

Mardi, M. Valls a toutefois salué l'engagement du peuple allemand et de ses dirigeants envers les réfugiés, estimant "qu'accueillir un million de réfugiés sur une seule année, 2015, c'est bien sûr faire preuve de courage et d'engagement". Il a également affirmé que la France souhaitait "des politiques européennes efficaces, qui permettent de maîtriser les flux migratoires".

Aux termes du projet d'accord négocié entre l'UE et la Turquie, tous les migrants qui se rendraient illégalement en Grèce depuis la Turquie seraient expulsés. En échange, l'UE accueillerait un réfugié syrien pour chaque clandestin syrien renvoyé en territoire turc.

Le plan prévoit aussi en échange une aide financière européenne accrue (six milliards d'euros) pour la Turquie ainsi qu'une accélération de libéralisation des visas et une relance des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, tandis que le bloc des 28 affirme qu'il n'acceptera de supprimer les conditions d'obtention de visas nécessaires aux Turcs que lorsqu'Ankara satisfera aux critères prévus à cette fin.

M. Valls a affirmé que Paris était favorable à une "coopération efficace" avec Ankara mais refuserait "le moindre chantage" de la Turquie, alors que Mme Merkel, qui préconise une alliance avec la Turquie pour "se répartir le fardeau" de la crise migratoire, a assuré qu'une relance des négociations avec Ankara sur son adhésion à l'UE ne signifiait pas une promesse d'entrée, et a précisé que "l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'est absolument pas à l'ordre du jour".

Mme Merkel a toutefois réitéré l'importance de la coopération de l'UE avec la Turquie, ajoutant que le pays de transit ''devrait être davantage remercié'' pour les millions de réfugiés qu'il a accueillis sur son territoire.

La crise migratoire continue à s'envenimer en Europe. Depuis le début de cette année, plus de 143.000 personnes sont arrivées en Grèce via la Turquie, ce qui porte à plus d'un million les entrées en Grèce par terre et mer depuis janvier 2015, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

Au lendemain du sommet extraordinaire qui a réuni le 7 mars les dirigeants européens et le chef du gouvernement turc, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi avait interpellé avec force le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg et jugé que l'Europe se trouvait "à l'heure de vérité" quant à ses responsabilités face à la crise migratoire.

L'incapacité de l'UE à organiser l'accueil sur son sol du million de personnes arrivées en 2015 est "le témoignage tragique de notre échec collectif", a déploré M. Grandi. "Bâtir des murs n'est pas une solution", a-t-il affirmé.

Pour trouver une solution durable à la pire crise migratoire que le Vieux continent ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe, dos au mur face à ce très sérieux défi, n'a pas d'autre choix que de s'unir et d'assumer en commun ses responsabilités.

Lire aussi:

Crise migratoire: "L'Europe à l'heure de vérité", estime le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés

STRASBOURG, 8 mars (Xinhua) -- Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi a interpellé avec force, mardi, le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg et jugé que l'Europe se trouve "à l'heure de vérité" quant à ses responsabilités face à la crise migratoire, et plus particulièrement face aux femmes réfugiées.

 
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French.xinhuanet.com | Publié le 2016-03-17 à 21:12


Des réfugiés et migrants arrivent au port du Pirée, à Athènes, en Grèce, le 1er février 2016.(Xinhua/Marios Lolos)

Par Wang Huanying

BEIJING, 17 mars (Xinhua) -- Les dirigeants de l'Union européenne (UE) se réunissent jeudi et vendredi pour un sommet crucial consacré à un projet d'accord avec la Turquie destiné à régler la crise migratoire qui touche toujours le Vieux continent.

Ce sommet vise à finaliser le projet d'accord négocié laborieusement la semaine dernière à Bruxelles lors d'une réunion extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'UE avec le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu pour enrayer les flux de réfugiés et de migrants.

Le président du Conseil européen Donald Tusk a affirmé mercredi que l'UE voulait "un accord acceptable pour les 28 États membres ainsi que pour nos partenaires turcs", alors que le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a exprimé "un optimisme prudent sur la possibilité de conclure un accord contraignant avec la Turquie".

"Lors du Conseil européen (jeudi et vendredi), il s'agit de savoir si nous parviendrons à trouver un accord nous donnant pour la première fois une véritable chance de solution durable et paneuropéenne sur la question des réfugiés", a indiqué mercredi la chancelière allemande Angela Merkel devant les députés de son pays.

Refusant d'assister à une fermeture des frontières entre les pays européens, la chancelière a appelé les États membres de l'UE à faire face ensemble au problème des réfugiés et à lutter contre les causes profondes poussant ces populations à quitter leurs pays d'origine.

"Autant pour l'Allemagne que pour l'UE, la crise des réfugiés est le plus grand défi de la décennie'', a-t-elle souligné.

Pourtant, dans un discours prononcé récemment à Munich, le Premier ministre français Manuel Valls avait indiqué ne pas être favorable à la mise en oeuvre d'un mécanisme permanent de répartition des réfugiés dans l'UE comme le propose Mme Merkel, tout en critiquant plus généralement la politique migratoire de celle-ci.

Mardi, M. Valls a toutefois salué l'engagement du peuple allemand et de ses dirigeants envers les réfugiés, estimant "qu'accueillir un million de réfugiés sur une seule année, 2015, c'est bien sûr faire preuve de courage et d'engagement". Il a également affirmé que la France souhaitait "des politiques européennes efficaces, qui permettent de maîtriser les flux migratoires".

Aux termes du projet d'accord négocié entre l'UE et la Turquie, tous les migrants qui se rendraient illégalement en Grèce depuis la Turquie seraient expulsés. En échange, l'UE accueillerait un réfugié syrien pour chaque clandestin syrien renvoyé en territoire turc.

Le plan prévoit aussi en échange une aide financière européenne accrue (six milliards d'euros) pour la Turquie ainsi qu'une accélération de libéralisation des visas et une relance des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, tandis que le bloc des 28 affirme qu'il n'acceptera de supprimer les conditions d'obtention de visas nécessaires aux Turcs que lorsqu'Ankara satisfera aux critères prévus à cette fin.

M. Valls a affirmé que Paris était favorable à une "coopération efficace" avec Ankara mais refuserait "le moindre chantage" de la Turquie, alors que Mme Merkel, qui préconise une alliance avec la Turquie pour "se répartir le fardeau" de la crise migratoire, a assuré qu'une relance des négociations avec Ankara sur son adhésion à l'UE ne signifiait pas une promesse d'entrée, et a précisé que "l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne n'est absolument pas à l'ordre du jour".

Mme Merkel a toutefois réitéré l'importance de la coopération de l'UE avec la Turquie, ajoutant que le pays de transit ''devrait être davantage remercié'' pour les millions de réfugiés qu'il a accueillis sur son territoire.

La crise migratoire continue à s'envenimer en Europe. Depuis le début de cette année, plus de 143.000 personnes sont arrivées en Grèce via la Turquie, ce qui porte à plus d'un million les entrées en Grèce par terre et mer depuis janvier 2015, a indiqué mercredi le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) dans un communiqué.

Au lendemain du sommet extraordinaire qui a réuni le 7 mars les dirigeants européens et le chef du gouvernement turc, le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés Filippo Grandi avait interpellé avec force le Parlement européen réuni en session plénière à Strasbourg et jugé que l'Europe se trouvait "à l'heure de vérité" quant à ses responsabilités face à la crise migratoire.

L'incapacité de l'UE à organiser l'accueil sur son sol du million de personnes arrivées en 2015 est "le témoignage tragique de notre échec collectif", a déploré M. Grandi. "Bâtir des murs n'est pas une solution", a-t-il affirmé.

Pour trouver une solution durable à la pire crise migratoire que le Vieux continent ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale, l'Europe, dos au mur face à ce très sérieux défi, n'a pas d'autre choix que de s'unir et d'assumer en commun ses responsabilités.

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