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Une meilleure coordination demandée aux membres du G20 pour renforcer l'ouverture économique mondiale (PAPIER GENERAL)

Publié le 2015-11-15 à 15:25 | french.xinhuanet.com

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ANTALYA (Turquie), 15 novembre (Xinhua) -- De nouveaux appels ont été formulés aux 20 principales économies avancées et émergentes du monde afin de travailler pour une plus large ouverture de l'économie mondiale, alors que leurs dirigeants débutent dimanche un sommet de deux jours dans la station balnéaire turque d'Antalya.

Cette tâche devient de plus en plus impérative sur fond d'un malaise économique général et d'une croissance revue à la baisse, alors que des efforts sont déployés pour ouvrir davantage le système économique mondial.

BESOIN DE PLUS DE COOPERATION AU G20 POUR FAVORISER LA CROISSANCE

Dans ses dernières Perspectives économiques, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) a diminué ses prévisions pour la croissance économique globale, la prévoyant à 2,9% cette année et à 3,3% en 2016.

L'OCDE souligne également un "ralentissement dramatique de la croissance du commerce mondial", prévue à seulement 2% cette année, comparée au taux de 3,4% relevé en 2014.

Un rapport de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) publié le 2 novembre indique que le nombre de mesures commerciales restrictives des économies du G20 continue d'augmenter, et ce malgré leur "retenue relative" concernant la mise en place de nouvelles restrictions commerciales.

Le système de règles commerciales de l'OMC a aidé à empêcher une réponse protectionniste importante à la suite de la crise financière, mais le nombre de mesures commerciales restrictives qui ont été mises en place reste une source d'inquiétude", a déclaré le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo. "Le G20 devrait faire preuve de leadership en éliminant les restrictions commerciale existantes".

Les experts appellent également à une coopération plus étroite parmi les économies du G20 afin de stimuler la croissance économique mondiale.

"Le mandat principal du G20 concerne une croissance forte, durable et équilibrée, et nous avons besoin d'une plus grande et meilleure coopération que ce qui a été démontré en amont de cette rencontre", a déclaré Tristam Sainsbury, chercheur au Centre d'études du G20 de l'Institut Lowy. "La perspective économique internationale a empiré à tel point que l'économie mondiale chancelle au bord d'une récession globale".

Avant de rejoindre l'Institut Lowy, M. Sainsbury était employé au Trésor australien, où il travaillait sur les politiques du G20 et se concentrait principalement sur la réforme de l'architecture financière, la réforme des régulations financières, et sur les stratégies de croissance du G20.

Concernant le très médiatisé accord du Partenariat Trans-Pacifique (PTP), dirigé par les Etats-Unis, M. Sainsbury a indiqué que Washington pourrait finalement se rendre compte que ses intérêts commerciaux seraient mieux remplis en ouvrant l'accès au PTP à la Chine et à d'autres marchés émergents clés, et ce sur un pied d'égalité.

Le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI) est un accord de libre-échange proposé entre l'Union européenne et les Etats-Unis, alors que l'Accord sur le commerce des services (ACS, TISA en anglais) est en train d'être négocié par 23 membres de l'OMC.

Face à un système commercial dominé par les chaînes de valeur globales et les produits "fabriqués dans le monde", M. Sainsbury a déclaré : "un accord global qui ressemble de plus près à un accord de libre-échange représente davantage de bénéfices économiques car il réduit le risque de réorientation des échanges commerciaux".

Ussal Sahbaz, analyste à la Fondation de recherche en politique économique de Turquie, a également appelé à des efforts pour renforcer le rôle de l'OMC.

"L'économie globale fait face à de sérieux problèmes qui nécessitent des actions coordonnées", a-t-il indiqué. "L'un de ces problèmes est la diminution de la croissance du commerce, qui augmentait normalement bien plus rapidement que celle de l'économie mondiale avant la crise (financière mondiale) de 2008".

"La croissance du commerce est maintenant passée derrière la croissance de l'économie mondiale. Une des raisons possibles à cela est le nombre grandissant d'accords commerciaux bilatéraux et régionaux, remplaçant le multilatéralisme dans le régime commercial mondial", a-t-il précisé.

Une autre raison est l'augmentation des barrières non-douanières au commerce. L'OMC a approuvé un accord de facilitation commerciale, mais il n'a pour l'instant pas encore été signé par un nombre suffisant de gouvernements. Seuls cinq pays du G20 ont ratifié cet accord", a fait savoir M. Sahbaz. "Le G20 doit travailler de toute ses forces pour restaurer la croissance du commerce mondial".

LES EFFORTS CHINOIS CONTRE LE FOSSE DES INFRASTRUCTURES ET LES INEGALITES

Les deux autres problèmes qui nuisent au rétablissement de l'économie mondiale sont le fossé grandissant en matière d'infrastructures et les inégalités croissantes dans le monde, a poursuivi M. Sahbaz.

"Il est estimé que l'économie mondiale croissante devrait avoir besoin de 15.000 milliards de dollars d'investissements dans les infrastructures pendant les 15 prochaines années. Cela représente deux fois le niveau actuel, ce qui n'est pas à la portée des dépenses publiques actuelles", a-t-il précisé.

"Le monde a besoin de plus d'investissements privés et de plus d'institutions financières internationales en matière d'investissement d'infrastructures, comme la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (BAII)", a indiqué M. Sahbaz.

Il a attribué en partie l'inégalité grandissante entre les riches et les pauvres, notamment dans les pays avancés et en développement, à la transformation technologique, qui rend obsolètes certains travaux de routine d'autrefois, et provoque un chômage si important chez les jeunes qu'il atteint aujourd'hui un niveau menaçant la stabilité sociale.

"La communauté internationale doit trouver des solutions coordonnées au problème de la transformation des compétences dans le monde", a-t-il lancé.

Avant de se rendre au sommet d'Antalya, plusieurs dirigeants du G20 ont appelé à des efforts pour élaborer une économie mondiale ouverte et plus forte.

Le développement ne sera pas significatif à moins qu'il ne soit inclusif et durable. Pour ce faire, l'ouverture, l'assistance mutuelle et la coopération gagnant-gagnant sont nécessaires, a déclaré le président chinois Xi Jinping en septembre dernier aux Nations Unies.

Lors d'un point presse avant le départ de M. Xi pour le sommet du G20, le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Li Baodong, a indiqué que la Chine collaborera avec tous les pays membres pour atteindre les objectifs permettant à une nouvelle croissance économique globale, promouvant la transition du G20 d'un mécanisme d'intervention d'urgence à une gouvernance à long terme, construisant et maintenant une économie ouverte, et adoptant des politiques macro-économiques responsables.

Les initiatives chinoises de la BAII ainsi que "la Ceinture et la Route", mises en avant par le président chinois, ont été saluées en tant qu'exemples d'inclusion et d'ouverture dans la coopération économique internationale.

M. Sahbaz a souligné les avantages de l'initiative "la Ceinture et la Route" pour la coopération économique mondiale.

"Il y a une grande réserve de capital dans les pays en développement tels que la Chine, l'Inde et la Turquie. Nous avons également un fort savoir-faire et nous pouvons organiser de larges entreprises commerciales. Mais nous n'avons pas encore utilisé ces ressources pour intégrer une grande partie des pays en développement", a-t-il indiqué.

"L'initiative 'la Ceinture et la Route' vise à mobiliser ces ressources afin de moderniser la vaste région de l'Eurasie", a-t-il poursuivi.

"Pensez à la distance entre le Pacifique et les Balkans. De nombreuses parties de cette région ont toujours besoin de routes, de banques, et de câbles à fibre optique afin d'atteindre les conditions de vie du monde développé. A cet égard, l'initiative 'la Ceinture et la Route' est la continuation naturelle du mouvement d'égalisation que nous avons pu constater dans la période d'après-guerre", a-t-il conclu.

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