Patrick Nijs: La Chine, le pays de mes rêves (MAGAZINE)
Publié le 2015-06-27 à 16:35 | french.xinhuanet.com
L'EXPLOSION DU DEVELOPPEMENT DE LA CHINE
"J'ai connu la Chine lors de l'explosion de son développement et je l'ai vue changer à une rapidité incroyable", affirme M. Nijs, évoquant les changements auxquels il a assisté pendant qu'il était en Chine.
L'ancien diplomate a évoqué son arrivée à Shanghai en 1997, lorsque la ville détruisait des quartiers entiers pour construire d'énormes autoroutes à travers la ville, à une époque où il y avait encore beaucoup de vélos.
"Même ceux qui sont arrivés il y a cinq ans sont absolument foudroyés par le développement de la Chine et cette rapidité de changement ne doit pas être facile à assimiler pour les Chinois eux-mêmes", commente-t-il.
M. Nijs s'est dit encore plus fasciné par les changements survenus depuis 2011, l'année où le 12e plan quinquennal est entré en vigueur.
"J'ai vu aussi le modèle de développement changer complètement. Voir un aussi gros navire bouger autant, c'est absolument fascinant, car aujourd'hui, la Chine a commencé à changer de paradigme de développement, de telle sorte qu'il est possible que dans dix à vingt ans, la Chine soit le pays le plus vert au monde", selon l'ancien diplomate.
"J'ai le sentiment que beaucoup de choses vont venir de Chine, parce que la Chine est en pleine renaissance. La Chine est très vivante et très dynamique. Je pense que les grandes réponses qui vont influencer le cours des choses dans le monde vont venir d'ici."
"Aujourd'hui, nous [les Européens] devons nous effacer pour faire place à d'autres et parmi ces autres, le plus important est, à mon sens, la Chine. Je veux donc rester proche de cela, car j'aime être là où les choses se passent", poursuit-il.
UN PARTENARIAT D'ECHANGE EN PLEIN EPANOUISSEMENT
Pour ce qui est des échanges entre l'Europe et la Chine, M. Nijs a dressé un tableau encourageant.
"Aujourd'hui, il y a des instituts Confucius, des centres culturels chinois dans toute l'Europe, il y a des touristes européens qui viennent visiter la Chine en masse, et il y en a aussi de plus en plus dans l'autre sens", constate-t-il.
Il a salué les initiatives prises par la Chine sur le plan artistique pour mieux se faire connaître à l'étranger. "Il y a tous les échanges dans le domaine artistique qui sont importants. Je trouve que c'est très encourageant et que c'est très intéressant d'aller dans la même direction."
En ce qui concerne les relations entre la Chine et l'Union européenne (UE), M. Nijs a surtout fait l'éloge d'un dialogue politique qui s'est considérablement renforcé depuis l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne en 2010.
"Cela a renforcé la diplomatie de l'UE en lui donnant une continuité puisqu'on a nommé un ministre des Affaires étrangères de l'Europe. Cela a permis de développer un dialogue politique continu, qui a changé tous les six mois [avec le changement du représentant de l'Europe]".
M. Nijs a souligné l'important phénomène de polarisation autour de l'urbanisation. "Il y a entre l'Europe et la Chine énormément d'échanges, de dialogue et de coopération qui se fondent sur le thème de l'urbanisation, sur laquelle les Européens ont des expertises quand même assez uniques", qu'il s'agisse de créer des villes de dimension humaine ou de créer des services dans les villes.
Quant au partenariat sino-belge, l'ancien diplomate a noté que ce qui se passait en Belgique n'était pas différent d'ailleurs. "Je trouve qu'il y a un gros effort à faire au niveau des échanges entre les personnes. J'aimerais qu'il y ait plus d'Européens enseignant dans les universités chinoises et plus de Chinois enseignant dans les universités européennes. Et qu'il y ait plus de cadres chinois dans les entreprises européennes, et plus de cadres européens dans les entreprises chinoises."
MESSAGE AUX ENTREPRISES CHINOISES DESIREUSES D'INVESTIR EN EUROPE
"Ce qui m'intéresse encore davantage, c'est le mouvement de la Chine en Europe, qui est massif aujourd'hui", indique M. Nijs.
Grâce au grand boom connu par la Chine en 2008, au moment où l'Europe entrait dans la crise, il y a eu un afflux massif d'investissements chinois vers l'Europe qui n'a fait qu'augmenter depuis. "La crise économique européenne a été une opportunité pour les investisseurs chinois. C'est très bien : nous avons besoin d'investissements", note-t-il.
L'ancien diplomate a indiqué qu'il souhaiterait voir comment ces entreprises chinoises qui acquièrent des entreprises européennes parviendront à obtenir des résultats.
"C'est un défi énorme. Si les Chinois gèrent les entreprises qu'ils acquièrent comme ils gèrent les entreprises chinoises, ça ne va certainement pas marcher", relève-t-il.
"Je pense qu'une grosse erreur qu'ont commise les entreprises chinoises, c'est de ne pas avoir envoyé des cadres qui étaient suffisamment capables de comprendre l'Europe", fait-il remarquer.
"[Les entreprises chinoises] ignorent la loi, elles n'arrivent pas à comprendre qu'il y a des syndicats en Europe. Cela fait partie de la culture européenne et on ne peut pas les ignorer", souligne-t-il.
"Pour moi, c'est une opportunité, parce que c'est un domaine dans lequel je peux être très utile. Comme je suis entre les deux cultures, je peux vraiment aider mes amis chinois à réussir leurs activités en Europe", conclut-il.