(Avis d'invités) Au coeur des BRICS, les initiatives chinoises tracent des voies opérationnelles aux grands agendas du Sud global - Xinhua - french.news.cn

(Avis d'invités) Au coeur des BRICS, les initiatives chinoises tracent des voies opérationnelles aux grands agendas du Sud global

French.news.cn | 2026-09-18 à 11:17

Par Etienne BANKUWIHA

BEIJING, 18 septembre (Xinhua) -- A l'heure où s'accélèrent des bouleversements inédits depuis un siècle, le paysage international est marqué par l'instabilité ainsi que par des déficits de développement et d'équité, tandis que le fossé Nord-Sud ne cesse de s'élargir. Dans ce contexte, le mécanisme de coopération des BRICS, qui comptait à l'origine cinq membres (le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud), s'est élargi pour regrouper onze Etats membres à part entière, dont l'Arabie saoudite, l'Egypte, les Emirats arabes unis, l'Iran, l'Ethiopie et l'Indonésie, auxquels s'ajoutent les pays partenaires, formant ainsi la plateforme des "BRICS élargis".

Porteur dès sa création de la mission d'unir les pays émergents, le mécanisme des BRICS œuvre à remettre en cause l'architecture inéquitable de la gouvernance mondiale et à renforcer la voix des pays du Sud global. A l'occasion du 18e sommet des BRICS récemment tenu en Inde, la Chine a présenté cinq nouvelles initiatives pragmatiques de coopération, qui s'inscrivent dans la continuité de l'Initiative pour le développement mondial et de la coopération de haute qualité dans le cadre de l'Initiative la Ceinture et la Route, tout en s'alignant sur les orientations d'ouverture extérieure du 15e Plan quinquennal de la Chine, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération pour les pays des BRICS, qui font entendre haut et fort la voix du Sud global.

La Chine s'emploiera à créer une communauté BRICS open source pour l'IA, soutiendra la coopération sur le développement et l'application de grands modèles de langage, organisera des séminaires spécialisés et des formations techniques, et bâtira un écosystème ouvert pour l'IA.

De nombreux pays du Sud global souffrent d'investissements numériques limités et d'un accès coûteux aux technologies de base. Avec des modèles open source, ils pourront mettre l'IA au service de l'amélioration agricole, de la gouvernance publique, de la santé publique ou de l'alerte aux catastrophes, et prendre ainsi part, sur un pied d'égalité, à la révolution technologique afin de prévenir la fracture numérique.

La Chine propose d'établir un partenariat BRICS de zones économiques spéciales en faveur de la mise en place d'un portail intelligent, de la coordination des politiques et de la création d'un nouveau pôle de développement ouvert. Elle accueillera en 2027 le Forum sur le commerce des services des BRICS pour cultiver de nouveaux vecteurs de croissance de la coopération économique et commerciale.

S'inscrivant dans la dynamique de l'interconnexion et du développement commun de la Ceinture et la Route, cette initiative aidera les pays du Sud global à simplifier les formalités transfrontalières, à résorber les goulets d'étranglement logistiques, à libérer le potentiel d'exportation des produits agricoles, des ressources énergétiques et des services nationaux, et à mieux s'intégrer dans les chaînes de valeur mondiales.

La Chine œuvrera à la création d'une plateforme cloud de l'écosystème numérique des BRICS et mènera des formations aux compétences numériques, des échanges technologiques et des jumelages industriels pour développer conjointement l'économie numérique.

La Chine est prête à aider ses partenaires des BRICS à construire des usines intelligentes, à élaborer conjointement des normes sectorielles et à promouvoir la transformation des industries traditionnelles.

De plus, la Chine propose également de créer une alliance des BRICS pour la formation des ingénieurs, en vue de qualifier conjointement les professionnels et de procéder à la reconnaissance mutuelle de leurs compétences. Elle lancera aussi un programme d'échanges de jeunes pour l'innovation, afin de former davantage de hauts talents locaux. Le capital humain étant au cœur de la montée en puissance industrielle, cette mesure favorisera la mobilité des compétences et la consitution d'un réservoir de ressources humaines indispensable à la transformation numérique.

L'Afrique résonne fortement avec ces propositions chinoises. Dans son allocution, Evariste Ndayishimiye, président en exercice de l'Union africaine (UA) et président du Burundi, a appelé à renforcer le partenariat entre son continent et les BRICS, en plaçant l'accès à l'eau, les infrastructures de transport et l'énergie au cœur de la transformation économique africaine, pour impulser l'intégration continentale, stimuler les échanges et garantir une croissance durable.

Cette vision de coopération s'inscrit par ailleurs dans l'Agenda 2063 de l'UA et l'Agenda 2030 des Nations Unies. L'Agenda 2063 retient les infrastructures, l'industrialisation, l'autonomisation des jeunes et la transition numérique comme objectifs majeurs de la renaissance africaine, tandis que l'Agenda 2030 vise l'accès à l'eau potable, les énergies propres et la réduction des écarts de développement. Les cinq initiatives avancées par la Chine lors du dernier sommet des BRICS tracent ainsi des voies opérationnelles pour mettre en œuvre ces grands agendas sur l'ensemble du Sud global.

La force des BRICS réside dans le fait qu'il ne s'agit pas d'un club de grandes puissances, mais d'une plateforme de solidarité des pays en développement. Face à un monde incertain, les propositions chinoises rejettent la logique du jeu à somme nulle pour privilégier la concertation, la construction conjointe et le partage. Elles correspondent aux aspirations des membres du Sud global, y compris les pays africains. Sur cette plateforme, la Chine et ses partenaires poursuivent leur alignement stratégique pour transformer les visions en projets concrets, renforcer leur force collective, promouvoir une gouvernance mondiale plus juste et écrire une nouvelle page du progrès des pays en développement. Fin

Note de la rédaction : Etienne BANKUWIHA est un sinologue burundais, professeur associé à l'Académie d'études internationales et régionales de l'Université des études étrangères de Guangdong. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l'auteur et ne reflètent pas nécessairement les positions de l'Agence de presse Xinhua.

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