ABIDJAN, 17 septembre (Xinhua) -- La Côte d'Ivoire a signé jeudi à Abidjan avec la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras des contrats de partage de production concernant huit blocs situés dans la partie ouest du bassin sédimentaire ivoirien.
Les contrats sont structurés en trois phases. La première, d'une durée de deux à trois ans, est consacrée à l'acquisition, au retraitement et à l'interprétation des données sismiques existantes, ainsi qu'à la réalisation d'études géologiques. Les deuxième et troisième phases, d'une durée de trois à quatre ans, comprennent notamment l'acquisition de 4.491 km² de données sismiques et la réalisation de plus d'une dizaine de forages.
Selon le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l'Energie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, Petrobras prévoit d'investir plus de 250 milliards de francs CFA (446,5 millions de dollars) dans l'acquisition de données sismiques de dernière génération et la réalisation d'au moins huit forages en eaux très profondes.
Les contrats prévoient également le versement d'un bonus de signature de 24 millions de dollars.
La compagnie nationale Petroci dispose d'une participation initiale de 10%, assortie d'une option payante de 15% supplémentaires pouvant porter sa participation à 25% en cas de découverte, tandis que Petrobras détient 90% des parts et assure le rôle d'opérateur.
En cas de découverte, après recouvrement des coûts, la production sera répartie à hauteur de 62,5% pour la partie ivoirienne et de 37,5% pour Petrobras.
"Huit contrats de partage de production signés en une seule journée avec un même opérateur, c'est une première dans l'histoire de notre bassin sédimentaire", s'est réjoui M. Sangafowa-Coulibaly.
Il a également souligné les perspectives en matière de contenu local, de transfert de compétences, de création d'emplois et de développement des entreprises ivoiriennes intervenant dans la chaîne de valeur des hydrocarbures.
Avec la signature de ces contrats, le taux d'occupation du bassin sédimentaire national atteint désormais 75%, soit environ 63.000km² couverts par des activités de production, d'évaluation et d'exploration, a indiqué le ministre.
"Nous nous rapprochons ainsi de notre objectif de porter progressivement ce taux à 100%", a-t-il ajouté.
En juillet, la Côte d'Ivoire avait signé avec le groupe américain Murphy Oil cinq contrats de partage de production afin d'intensifier l'exploration de blocs en eaux profondes et à terre.
Fin 2024, le bassin sédimentaire ivoirien comptait 50 blocs, dont 22 en exploration, six en production et 22 libres.
Avec une production de 45.000 barils par jour en 2024, la Côte d'Ivoire reste un producteur de pétrole de taille modeste à l'échelle africaine. Toutefois, sa production devrait fortement augmenter dans les prochaines années et pourrait atteindre 200.000 barils par jour à l'horizon 2028 grâce notamment au développement du champ Baleine, découvert par le groupe italien Eni et entré en production en 2023.
En février, Eni avait annoncé la découverte de Calao Sud, un important gisement d'hydrocarbures, après celle du champ Calao en 2024, dont les réserves sont estimées à 1,4 milliard de barils équivalent pétrole. Fin
