Le groupe houthi du Yémen a revendiqué mardi la responsabilité de tirs massifs de missiles et de drones contre des installations militaires et énergétiques dans le sud de l'Arabie saoudite, affirmant que ces attaques étaient une réponse aux récentes opérations militaires saoudiennes au Yémen.
SANAA, 8 septembre (Xinhua) -- Le groupe houthi du Yémen a revendiqué mardi la responsabilité de tirs massifs de missiles et de drones contre des installations militaires et énergétiques dans le sud de l'Arabie saoudite, affirmant que ces attaques étaient une réponse aux récentes opérations militaires saoudiennes au Yémen.
Dans un communiqué diffusé par la chaîne Al-Masirah, contrôlée par les Houthis, le porte-parole militaire houthi Yahya Sarea a déclaré que le groupe avait utilisé "des dizaines de missiles balistiques et de drones" pour frapper des installations appartenant au géant pétrolier d'Etat saoudien Aramco dans les villes d'Abha, de Najran et de Jazan, ainsi que sur la ville des industries primaires et en aval de Jazan et la base aérienne King Khalid, près de la ville frontalière de Khamis Mushait, dans la région d'Asir, dans le sud-ouest du pays.
M. Sarea a affirmé que les frappes avaient été "précises et directes" et avaient causé des "dommages importants" aux cibles, sans fournir plus de détails.
Les autorités saoudiennes ont indiqué plus tôt mardi que les attaques houthies avaient touché des sites civils et économiques à Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, blessant 73 personnes. Des incendies se sont déclarés dans plusieurs installations énergétiques et services publics, forçant la suspension temporaire des opérations, selon le ministère saoudien de l'Energie.
Le porte-parole de la coalition dirigée par l'Arabie saoudite, Turki al-Malki, a qualifié ces attaques d'"escalade dangereuse" et a averti que la coalition prendrait des mesures pour dissuader de nouvelles attaques.
Dans son communiqué, M. Sarea a mentionné que l'opération de mardi avait été menée en réponse à une "escalade marquée des opérations militaires saoudiennes" au Yémen, affirmant que 121 frappes aériennes avaient été menées contre des zones tenues par les Houthis au cours des trois derniers jours.
M. Sarea a également évoqué une frappe aérienne lundi contre une prison à Al-Hazm, chef-lieu de la province septentrionale de Jawf, où les autorités houthies font état de victimes parmi les détenus et les visiteurs.
Il a déclaré que le groupe houthi continuerait ses opérations militaires "en profondeur en Arabie saoudite", visant des concentrations de troupes, et a menacé de "frappes plus fortes et plus larges" si les opérations militaires saoudiennes au Yémen se poursuivaient.
Ces attaques transfrontalières interviennent alors que les combats s'intensifient à l'intérieur du Yémen. Les forces gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, affrontent les forces houthies sur plusieurs fronts, notamment dans les provinces de Taiz, Hodeïda et Jawf. Les forces gouvernementales ont lancé lundi une offensive majeure à Jawf alors que les combats se poursuivaient dans l'ouest du Yémen.
L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Hans Grundberg, a qualifié lundi la reprise des hostilités de "développement extrêmement alarmant" et a exhorté toutes les parties à cesser les hostilités et à faire preuve de la plus grande retenue.
