LIBREVILLE, 30 juin (Xinhua) -- Le Gabon a décidé de ne pas renouveler en l'état son accord de pêche avec l'Union européenne (UE), dans le souci de mieux défendre les intérêts de son secteur thonier et de renforcer la valorisation locale de ses ressources halieutiques, a appris un correspondant Xinhua de sources officielles.
Le Gabon avait annoncé en juin 2025 sa volonté de renégocier l'accord de pêche avec l'UE. Le protocole en vigueur, qui couvrait la période du 29 juin 2021 au 28 juin 2026, est arrivé à échéance et n'a pas été renouvelé en l'état.
Selon les autorités gabonaises, cette décision marque une nouvelle étape dans la volonté du pays de reprendre davantage le contrôle de l'exploitation de ses ressources maritimes. Libreville estime que les eaux gabonaises ne doivent plus être ouvertes dans les mêmes conditions qu'auparavant.
Pendant plusieurs années, des navires européens ont opéré au large des côtes gabonaises dans le cadre d'accords de pêche conclus. Le protocole arrivé à échéance le 28 juin permettait notamment à des navires européens de pêcher des espèces thonières dans les eaux gabonaises.
Pour les autorités gabonaises, il ne s'agit pas de tourner le dos aux partenariats internationaux, mais de rééquilibrer les conditions d'exploitation afin que les ressources halieutiques profitent davantage à l'économie nationale.
L'objectif affiché est de mieux préserver les stocks de poissons, de développer la transformation locale et de créer davantage d'emplois au Gabon. Les autorités souhaitent notamment que la pêche thonière contribue davantage à la création de valeur sur le territoire national, au-delà du simple paiement de redevances.
Cette orientation s'inscrit dans une politique plus large de souveraineté économique et de valorisation locale des ressources naturelles. Après les secteurs minier et forestier, la pêche apparaît désormais comme l'un des domaines dans lesquels le Gabon entend renforcer ses exigences en matière de transformation locale et de retombées économiques.
Libreville souhaite ainsi faire du secteur thonier un levier de développement de l'économie bleue, en encourageant le débarquement, la transformation et la commercialisation locale des produits de la mer. Fin
