KARA (Togo), 2 mai (Xinhua) -- Dans la ville de Kara, dans le nord du Togo, sur une terre autrefois en friche s'élève désormais un ensemble de bâtiments modernes aux teintes vermillon, créant un contraste saisissant avec la verdure environnante.
Le 24 avril dernier s'est tenue la cérémonie de réception de la première phase du projet de l'Université de Kara, construit par la China Harbour Engineering Company (CHEC). Qualifié de "socle de l'avenir" par le gouvernement local, ce projet marque un saut qualitatif pour les infrastructures universitaires et illustre la coopération pragmatique entre la Chine et le Togo dans le domaine de la construction d'infrastructures.
Deuxième université publique du pays, l'Université de Kara porte depuis sa création en 2004 les espoirs des étudiants de la région septentrionale. Cependant, l'institution a longtemps souffert de goulets d'étranglement : les étudiants s'entassaient dans des installations provisoires et le corps enseignant faisait face à une pénurie criante de salles de classe et de bureaux.
"Les conditions d'apprentissage étaient gravement affectées ; l'école avait un besoin urgent d'un nouvel élan pour son développement," souligne un document officiel de l'université décrivant sa situation passée.
La pose de la première pierre de cette phase I a eu lieu en avril 2023. Après une période de construction soutenue, ce complexe moderne, couvrant une superficie totale d'environ 18.000 mètres carrés, a été livré conformément au calendrier.
Le site comprend un imposant bâtiment administratif, trois facultés spécialisées (Médecine, Agronomie, et Sciences et Techniques) ainsi qu'un restaurant universitaire aux traits architecturaux typiquement africains.
Dans le nouveau Campus Nord, la précision des structures métalliques s'harmonise avec une palette de couleurs vives. Chen Jijun, directeur du projet, souligne que la construction a intégré de nombreuses technologies et produits chinois, laissant ainsi l'empreinte de la "sagesse chinoise".
Li Yunpeng, directeur technique du projet, explique que bien que la conception ait suivi les normes françaises, l'équipe de construction a réussi à faire converger plusieurs standards techniques. "Des systèmes de communication aux structures de précision en alliage d'aluminium, jusqu'au réseau complet de vidéosurveillance, l'apport des éléments techniques chinois a rehaussé le niveau technologique des bâtiments, recevant les éloges de l'université," a-t-il ajouté.
Les employés locaux ont salué la rigueur de l'équipe chinoise et son engagement en faveur du transfert de compétences. Koffi Sakinzou, un technicien togolais, témoigne de la manière dont l'entreprise chinoise a transformé son parcours professionnel : "Grâce à mes mentors chinois, je suis passé de manœuvre à un pilier technique capable de s'occuper de manière autonome de la maintenance des générateurs et des transformateurs."
Ce nouvel environnement galvanise les étudiants. "Ces bâtiments sont magnifiques," confie Roseline Amédifou, 19 ans, étudiante en deuxième année d'anglais. "Ce nouveau campus me donne l'assurance nécessaire pour affronter le monde. Nous prouverons notre valeur par nos actes."
"Ces bâtiments fonctionnels ne font pas qu'élargir l'espace physique ; ils donnent un nouveau sens à l'enseignement, à la recherche scientifique et aux services à la communauté," a déclaré le ministre togolais de l'Education nationale, Mama Omorou. "Nous planifions un avenir bâti sur la rigueur, le savoir et le développement à long terme."
Prénam Houzou-Mouzou, présidente de l'Université de Kara, a révélé que l'amélioration des infrastructures permettait désormais une planification académique plus stratégique. La Faculté de Médecine proposera désormais une filière pharmacie, la Faculté d'Agronomie mettra en place un centre d'innovation agropastoral, et la Faculté des Sciences et Techniques formera des experts en maintenance industrielle.
Elle a fait l'éloge de ce partenariat : "Le professionnalisme et la rigueur de l'entreprise chinoise ont conduit à ce succès. Nous espérons poursuivre cette collaboration à l'avenir."
A Kara, la CHEC s'est comportée non seulement comme un bâtisseur, mais aussi comme un "bon voisin". M. Chen a précisé que pour ne pas perturber les cours, le projet a mis en œuvre des mesures de "construction silencieuse" et aménagé des passages de sécurité temporaires. A son apogée, le chantier a généré plus de 800 emplois directs et soutenu indirectement plus de 2.000 foyers locaux, avec une main-d'œuvre locale représentant plus de 90% des effectifs.
Komlan Adjitowou, gouverneur de la région de la Kara, considère ce projet comme un "jalon" du développement régional. "Ces dernières années, notre région a continuellement promu des projets d'infrastructures majeurs. Les entreprises chinoises ont considérablement amélioré les services publics de base, pour le plus grand bénéfice de nos populations," a-t-il affirmé.
Alors que le soleil se couche, jetant une lueur dorée sur les nouveaux halls de l'université, ce "Phare de la Sagesse" fait plus qu'éclairer le chemin des étudiants du nord du Togo. Il témoigne de l'amitié durable et de la coopération grandissante entre la Chine et le Togo dans le domaine des infrastructures. Fin
