BEIJING, 2 avril (Xinhua) -- Dans les organisations internationales telles que les Nations Unies, de plus en plus de jeunes Chinois effectuent des stages, partageant activement les expériences et les philosophies de développement de la Chine avec le monde entier. Dans les classes de chinois à l'étranger, ils brisent les barrières culturelles avec des approches innovantes et présentent la culture traditionnelle exceptionnelle de la Chine d'une manière vivante et accessible. Sur les champs africains, ils participent à des projets d'aide agricole et acquièrent ainsi une connaissance approfondie des besoins locaux en matière de développement, contribuent à la lutte contre la pauvreté locale et approfondissent l'amitié sino-africaine par des efforts concrets.
Alors que l'ouverture de la Chine continue de s'intensifier, un nombre croissant de jeunes Chinois s'aventurent à l'étranger. En plus de poursuivre leurs rêves, ils sont des ambassadeurs des échanges entre civilisations.
LE DEVELOPPEMENT DURABLE DANS LES CHAMPS AFRICAINS
Le 14 juillet 2025, l'école primaire Juhudi, située dans la région de Morogoro en Tanzanie, a accueilli la cérémonie de lancement d'un programme de distribution de lait de soja. Les enseignants ont réparti par classe les élèves, qui se sont alignés en rangs ordonnés. Chaque enfant s'est avancé pour recevoir son lait de soja avant de retourner dans la file. Cette scène est rapidement devenue une routine : faire la queue pour boire du lait de soja a intégré le quotidien de l'école.
Il s'agit des images les plus marquantes dont se souviennent les trois doctorants de l'Université agricole de Chine, Li Wenfei, Li Pengfei et Qi Yanchen, lorsqu'ils évoquent leur participation au programme "Petite technologie, grande récolte ; petit soja, grande nutrition", qui fait partie des efforts de coopération à long terme entre la Chine et la Tanzanie dans la région.
L'objectif principal du programme est d'utiliser des technologies pratiques que les petits agriculteurs peuvent "apprendre, utiliser et maintenir" afin d'augmenter la production céréalière et les revenus des ménages. En outre, le programme vise à relier la production agricole à l'amélioration nutritionnelle, formant ainsi un circuit intégrant l'agriculture, la nutrition et la réduction de la pauvreté.
Le programme a débuté au niveau des villages par des démonstrations techniques et l'amélioration des infrastructures de base.
"Nous nous souvenons encore de la scène quand nous avons installé notre stand d'exposition à côté du bureau du village : des piles de maïs et de soja brillaient au soleil, des batteuses à manivelle étaient fixées à leur place (...) A ce moment-là, nous avons observé une sorte de 'sérieux' particulier : les villageois ne sont pas venus manifester leur soutien, ils calculaient en fonction de leur propre expérience, en évaluant le travail, le temps et les risques, pour déterminer si cette technologie pouvait s'intégrer à leur mode de vie actuel", ont rappelé les trois doctorants chinois.
"En Tanzanie, nous avons transformé les technologies en pratiques quotidiennes que les habitants pouvaient évaluer et adopter, organisé des activités en processus viables et durables, affiné les langages pour en faire des ponts porteurs de sens, et transformé les différences et les malentendus en opportunités de compréhension mutuelle et de collaboration", ont-ils noté. "Le parcours était lent mais régulier, alors que les efforts étaient modestes mais durables. C'est peut-être là notre véritable contribution à l'étranger : traiter chaque rencontre comme un véritable travail collaboratif et forger chaque échange en une relation durable".
LA VOIX DES JEUNES CHINOIS AU PALAIS DES NATIONS
Au Beyond Lab situé au Palais des Nations à Genève, en Suisse, alors que des collègues de différents pays discutent d'une nouvelle initiative pour la jeunesse, Liu Yaxian, étudiante en quatrième année spécialisée dans le journalisme audiovisuel et l'animation à l'Université de communication de la province chinoise du Zhejiang, présente avec un anglais fluide des exemples d'innovation des universités chinoises dans le domaine du double objectif carbone, à savoir pic des émissions et neutralité carbone.
En novembre 2025, Mlle Liu a rejoint le Beyond Lab, rattaché au Bureau de la directrice générale de l'Office des Nations Unies à Genève, en tant que stagiaire en gestion de projet. Son stage coïncide avec une nouvelle phase de réformes des Nations Unies, à un moment où le système multilatéral international traverse une période de profondes transformations. Le Beyond Lab est l'espace créatif multipartite qui stimule l'innovation pour un développement durable à long terme.
En tant que l'une des coordinatrices du projet Beyond Challenge, initiative mondiale de collecte d'innovations pour les jeunes dans le cadre du Beyond Lab, Mlle Liu doit examiner des centaines de propositions provenant de plus de 90 pays. Lorsqu'elle s'est aperçue que la voix des jeunes Chinois était relativement peu représentée, elle a pris l'initiative de proposer et de prendre en charge l'élargissement des canaux de participation pour la Chine.
Avec le soutien du responsable du projet, elle a réussi à établir des contacts avec des organisations étudiantes de plus de 80 universités chinoises, à présenter de manière systématique les thématiques du projet, et à aider les jeunes Chinois à transformer leurs pratiques locales dans les domaines de la protection de l'environnement et de l'éthique scientifique en propositions de projet adaptées au contexte international.
L'expérience au Beyond Lab a permis à Mlle Liu de mieux cerner sa propre position : celle d'une "connectrice". Non seulement elle présente aux jeunes Chinois les enjeux de développement et les mécanismes de participation internationaux, mais elle s'attache également à "coder" les pratiques innovantes des jeunes Chinois afin qu'elles soient compréhensibles pour la communauté internationale.
"Mon parcours fait écho au nom même du laboratoire où j'effectue mon stage - Beyond Lab. Il ne s'agit pas seulement d'un dépassement géographique ou identitaire, mais aussi d'un dépassement des cadres de pensée et des capacités", a souligné Mlle Liu. Son parcours illustre en fait un nouveau modèle de développement de la jeunesse, fondé sur de solides compétences professionnelles, doté d'une ouverture culturelle confiante, et orienté vers une immersion active au cœur des espaces clés du dialogue mondial. Cela témoigne aussi d'une évolution profonde du mode d'interaction des jeunes Chinois avec le monde, de l'observation à la co-création.
LA BEAUTE DE LA CULTURE CHINOISE DANS UNE CLASSE A PARIS
"Votre robe est vraiment magnifique !"
"J'adore votre robe !"
Dans une salle de classe à Paris, en France, les élèves complimentent leur assistante d'enseignement chinois Yu Zhuojia en utilisant les mots chinois qu'ils viennent d'apprendre.
"Cela s'appelle qipao, un vêtement traditionnel chinois", répond Mlle Yu. Sans ouvrir précipitamment son manuel, elle circule parmi les élèves, les invitant à observer les caractéristiques uniques de la qipao et leur expliquant les significations propices incarnées dans ses motifs.
Cette jeune femme de 23 ans, étudiante en master à l'Université des relations internationales de Chine, s'est rendue en France en octobre 2025 dans le cadre d'un programme d'échange d'assistants linguistiques sino-français pour devenir une assistante d'enseignement chinois dans un lycée public à Paris.
A la fois apprenante du français et diffuseuse du chinois, Mlle Yu raconte des histoires chinoises dans sa classe tout en renforçant l'échange culturel sino-français à travers son enseignement quotidien. Aujourd'hui, dans les couloirs du lycée où Mlle Yu enseigne, chaque fois qu'elle apparaît avec ses manuels, des vagues de "Nihao (Bonjour)" l'accueillent.
Ce qui la touche le plus, c'est la façon dont le chinois est devenu un pont permettant à ses élèves d'exprimer leurs sentiments. Un jour, elle a demandé à ses élèves de décrire une personne dans la salle de classe en utilisant les mots chinois appris. Un élève l'a décrite ainsi : "Mon enseignante de chinois est Madame Yu. Elle est chinoise. Elle est jeune. Elle a les cheveux noirs et très longs. Elle aime porter des qipaos. Elle nous enseigne le chinois (...) Elle est très gentille et très belle". Même si ces phrases n'étaient pas encore tout à fait cohérentes, elles formaient un portrait authentique : non seulement une "enseignante", mais aussi une ambassadrice culturelle chaleureuse.
Mlle Yu a ainsi peu à peu compris que lorsque la langue passe des manuels scolaires à la vie quotidienne, les salutations se propageant des salles de classe aux couloirs, un dialogue entre les cultures commence déjà à s'instaurer discrètement. "Ces petits moments sincères, comme les premières pousses vertes qui apparaissent sur les branches au début du printemps, sont peut-être discrets, mais ils révèlent le bruit de la croissance (...) Pour les éducateurs, ce sont les échos les plus précieux, qui signifient que les graines de la culture ont pris racine, que l'échange interculturel se déroule véritablement dans les jeunes esprits", a-t-elle expliqué. Fin
