BEIJING, 12 mars (Xinhua) -- La Chine a réaffirmé son soutien résolu au développement et au redressement de l'Afrique ainsi que sa détermination à favoriser une ouverture de haut niveau, lors de l'examen actuel de son projet de 15e Plan quinquennal (2026-2030) par l'organe législatif suprême du pays. Pour plusieurs analystes africains, la cohérence des politiques chinoises renforcera le potentiel de sa coopération avec leur continent, qui est particulièrement exposé aux chocs extérieurs.
"Pour des pays africains fortement dépendants du commerce international et des investissements extérieurs, les changements brusques de politiques et les incertitudes constituent des obstacles majeurs au développement", a expliqué Habibou Dia, directeur de la communication du ministère sénégalais la Communication, des Télécommunications et du Numérique, lors d'un entretien avec Xinhua.
La Chine, qui défend toujours l'ouverture commerciale et la coopération multilatérale, a manifesté la continuité de ses politiques en Afrique à travers des cadres de coopération structurés, comme le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), qui permettent d'inscrire la coopération dans la durée et de renforcer le dialogue entre les partenaires, a-t-il dit.
Patrick Mushitsi, professeur à l'Université du Burundi, a qualifié l'instabilité de "coût de risque" supplémentaire pour un pays africain souhaitant attirer des investissements, planifier des infrastructures ou négocier des accords commerciaux. "La Chine privilégie une approche de prévisibilité stratégique dans ses partenariats internationaux, notamment avec les pays du Sud", a-t-il salué.
Du côté du gouvernement chinois, la continuité des politiques envers l'Afrique est une nouvelle fois garantie. Le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré lundi que le 15e Plan quinquennal dresse de nouvelles perspectives pour le développement de la Chine et offre de nouvelles possibilités de coopération gagnant-gagnant entre la Chine et le monde. Quant aux relations sino-africaines, elles "connaîtront cette année de nouveaux progrès", a-t-il assuré.
A partir du 1er mai, la Chine mettra pleinement en œuvre l'accès en franchise de droits à 100% des importations africaines, supprimant complètement les droits de douane afin de stimuler le commerce, de multiplier les avantages pour les populations et d'aider l'Afrique à accéder aux vastes possibilités offertes par le marché chinois, a-t-il poursuivi.
Aux yeux de M. Mushitsi, cette politique tarifaire envoie un message stratégique de reconnaissance : "l'Afrique est perçue comme un partenaire économique, et non comme une périphérie".
"Je ne la vois pas seulement comme un symbole, mais comme la construction d'une structure d'ouverture solide, alignée sur la philosophie d'ouverture de haut niveau et sur la coopération de qualité propulsée par la Belt and Road Initiative (Initiative la Ceinture et la Route)", a noté l'expert burundais. "Elle établit un cadre prévisible pour le commerce, permettant aux pays africains d'élaborer des stratégies à long terme en matière d'export, d'industrialisation et de montée en gamme."
Humphrey Moshi, directeur du Centre d'études chinoises de l'Université de Dar-es-Salam, met aussi l'accent sur le renforcement des capacités en Afrique dans son analyse de la politique chinoise. "Pour les pays du Sud, l'unité doit aller au-delà d'une identité commune et se traduire par une coopération structurée", a-t-il estimé. "La coopération doit évoluer d'un modèle donateur-bénéficiaire vers un modèle de codéveloppement."
"Si la coopération continue de s'approfondir dans cette direction, la Chine et les pays africains pourront contribuer non seulement à la croissance économique, mais aussi à une plus grande stabilité et continuité dans un monde de plus en plus incertain", a-t-il conclu. Fin
