La Chine, première économie mondiale devant les Etats-Unis ? (REPORTAGE)
Publié le 2015-01-06 à 20:58 | french.xinhuanet.com
UNE SITUATION GAGNANT-GAGNANT
La montée en puissance de l'économie chinoise conduira-t-elle à une rivalité entre Beijing et Washington ? Contrairement à ce que redoutent de nombreux Américains, Joseph Stiglitz affirme que la croissance de la Chine est "complémentaire" à celle des Etats-Unis.
"Nous ne pouvons pas changer ces réalités économiques. Mais si nous y répondons de la mauvaise manière, nous risquons une réaction brutale qui aboutira soit à un dysfonctionnement du système mondial, soit à un ordre mondial qui ne sera clairement pas ce que nous aurions voulu", averti l'économiste américain.
"Si [la Chine] se développe plus vite, elle achètera plus de nos produits et nous prospérerons", prédit-il.
De nombreux Chinois estiment qu'une puissance américaine forte profite à leur pays, de la même façon qu'une Chine forte est dans l'intérêt des Etats-Unis.
Même s'il serait illusoire de s'imaginer qu'il n'y ait pas de tensions entre les deux pays, il n'est pas insensé de conclure que leurs engagements ne vont pas forcément dégénérer en confrontation et en tragédie, surtout si l'on prend en compte l'approfondissement constant de la mondialisation et la convergence croissante de leurs intérêts, affirment des experts chinois.
"Un monde en pleine croissance sera un monde plus propre, plus sain et plus instruit. Près d'un cinquième de la population mondiale vit en Chine. Mieux les Chinois se porteront, mieux [l'ensemble de la population mondiale] ira. Lorsque d'autres nations prospéreront, l'Amérique ne sera pas la plus pauvre", a estimé le chroniqueur du Boston Globe, Jeff Jacoby, dans son article "Une Chine en bonne santé est dans l'intérêt de l'Amérique".
Un nouvel ordre politique et économique mondial est en train de se former, ce qui donne lieu à de nouvelles réalités économiques. "Nous devons profiter de ce moment où la Chine devient la plus grande économie mondiale pour 'réorienter' notre politique étrangère en mettant fin à la politique d'endiguement", conclut M. Stiglitz.

