Pour promouvoir l'entrepreneuriat et l'innovation, le gouvernement chinois s'applique à simplifier l'administration, à décentraliser les pouvoirs, à assurer une régulation efficace et à proposer de meilleurs services. Le nombre de nouveaux acteurs du marché a connu une croissance exponentielle, avec en moyenne 10 000 entreprises enregistrées par jour sur les cinq premiers mois de cette année. Ces petites ou très petites entreprises et entreprises de service contribuent considérablement à la création d'emplois. Malgré le ralentissement de l'économie, l'emploi s'accroît et celui des jeunes progresse de manière régulière grâce notamment à la réforme et à l'innovation. L'entrepreneuriat et l'innovation n'ont pas de frontières. Nous entendons renforcer les échanges et la coopération avec les autres pays du monde, mener des projets de recherches conjointes sur les technologies clés et éliminer les barrières en matière de transfert technologique, afin de créer sans cesse de nouvelles sources de développement économique.
Troisièmement, développer une coopération internationale sur les capacités de production. Après l'éclatement de la crise financière internationale, certains pays ont adopté une politique monétaire d'assouplissement quantitatif qui était nécessaire pour éviter la récession. Mais, pour réaliser une reprise forte de l'économie mondiale, il faut prendre une approche globale pour soutenir l'économie réelle. Et il est particulièrement important de promouvoir la coopération internationale sur les capacités de production.
Dans le monde d'aujourd'hui, près de six milliards de personnes vivent dans les pays en développement, dont beaucoup se trouvent encore à la première phase de l'industrialisation. Ils ont pour mission de réaliser la croissance et d'éliminer la pauvreté, et ont donc une grande demande en infrastructures et en équipements. Cependant, faute de moyens financiers, ces pays ont du mal à s'offrir des équipements haut de gamme. La Chine, quant à elle, est entrée dans la phase intermédiaire de l'industrialisation. Dotée d'une taille économique très importante, elle est le premier producteur au monde de plus de 200 produits industriels et se trouve au milieu de la chaîne industrielle internationale quant aux équipements qu'elle produit d'un bon rapport qualité-prix.
S'agissant des pays développés, ils se trouvent dans la phase avancée de l'industrialisation ou dans une période post-industrielle. Ils travaillent à la réindustrialisation et possèdent des équipements et des technologies haut de gamme. La Chine entend mettre ses équipements au service des besoins des autres pays en développement et en baisser les prix d'achat pour favoriser leur développement industriel. Dans le même temps, elle souhaite engager des coopérations avec les pays développés, que ce soit sous forme de joint-venture ou de partenariat, pour acheter chez eux des technologies clés, des pièces composantes importantes et des équipements économes en énergie et respectueux de l'environnement, afin de fournir aux pays en développement des produits de bonne qualité mais bon marché, d'économiser davantage d'énergie et de mieux protéger l'environnement. Lors de ma récente tournée en Amérique latine, j'ai visité un ferry fabriqué par la Chine dont le système de motorisation est fourni par un pays développé. Ce n'est pas un moteur diesel, mais un groupe électrogène diesel, donc, un système sans pollution.
Nous préconisons une coopération internationale ouverte sur les capacités de production. Avec l'utilisation des technologies et équipements avancés des pays développés, la production et l'assemblage sur place dans les pays en développement, ainsi que la collaboration avec les institutions financières internationales pour financer les projets, cette coopération permet donc de proposer au marché mondial des équipements et des capacités de production de qualité mais bon marché ainsi que des services financiers sûrs.
Lors de ma présente visite en France, les deux parties ont signé un accord de coopération sur leurs partenariats en marchés tiers, ce qui permet d'associer les capacités de production de la Chine avec les technologies de la France et des autres pays développés pour favoriser ensemble la construction des infrastructures, l'industrialisation, le développement et la réduction de la pauvreté dans les nombreux pays en développement.
Ainsi, nous pouvons aider les pays en développement à élever le niveau de leur industrialisation, favoriser la montée en gamme de l'industrie chinoise et promouvoir l'exportation des technologies clés et des produits créatifs des pays développés. Ce sera une coopération gagnant-gagnant pour les trois parties. C'est également une nouvelle approche importante de la coopération Sud-Sud et de la coopération Nord-Sud, et surtout un moyen efficace pour parer aux pressions baissières sur l'économie mondiale par le développement de l'économie réelle. Nous pouvons associer la coopération financière avec le développement de l'économie réelle, le soutien en capital avec le commerce de biens d'investissement, afin de contribuer à l'industrialisation des pays en développement et à la réindustrialisation des pays développés.
Dans le deuxième semestre de cette année, l'ONU organisera le Sommet sur le développement, la Conférence sur les changements climatiques et la 3e Conférence internationale sur le financement du développement. Les pays développés doivent honorer leurs engagements en matière d'aide publique au développement, accroître leur soutien aux pays en développement, notamment aux PMA africains, et redoubler d'efforts pour annuler et réduire les dettes des pays en développement et leur ouvrir davantage le marché. La Chine entend travailler ensemble avec les différentes parties pour contribuer à l'élaboration d'un programme de développement pour l'après-2015 qui soit équitable, inclusif et durable.
Dans la lutte contre les changements climatiques, nous avons déjà précisé les actions déterminées au niveau national et les politiques à prendre d'ici 2030, et nous entendons travailler ensemble avec les autres pays pour faire aboutir la Conférence Paris Climat à un nouvel accord comme prévu.
Mesdames et Messieurs,
Vous suivez de très près l'évolution de l'économie chinoise. Je voudrais vous dire que depuis le début de cette année, l'économie chinoise connaît dans son ensemble un développement régulier et stable. Au premier trimestre, le PIB chinois s'est accru de 7%. Et pour les mois de mai et de juin, les principaux indicateurs d'industrie, d'investissement, de consommation et d'exportation se stabilisent et s'améliorent, et la confiance du marché se renforce.
La restructuration s'accélère, le secteur tertiaire représente plus de la moitié de l'économie nationale, et de nouveaux produits, activités et modes commerciaux apparaissent en grande quantité. Pour les cinq premiers mois de cette année, la vente en détail en ligne a augmenté de 38,5%, et en mai, la production d'automobiles à énergie nouvelle et de robots industriels a été multipliée respectivement par 2,8 et 1,3 sur la base annuelle. Ces belles performances montrent que l'industrie chinoise accède à un niveau supérieur et est tirée par de nouveaux moteurs de croissance.
Bien entendu, l'économie chinoise fait toujours face à des pressions baissières avec l'accentuation des problèmes profonds. Mais ce ne sont que des "Growing Pains". Nous allons assurer l'équilibre entre la croissance régulière et la restructuration, poursuivre une politique budgétaire de relance et une politique monétaire prudente, renforcer la régulation ciblée tout en maintenant le fonctionnement de l'économie dans des marges raisonnables et résister aux pressions baissières par l'approfondissement de la réforme et l'élargissement de l'ouverture, de sorte à maintenir la dynamique de la croissance à un taux moins élevé et à en accroître la quantité et la qualité. La Chine possède un vaste marché et dispose de nombreux outils de régulation. Nous avons les conditions et la confiance pour atteindre l'objectif économique prévu pour cette année, nous efforcer de maintenir une croissance moyennement rapide et orienter le développement vers le haut et moyen de gamme.
Mesdames et Messieurs,
La Chine a développé, en tant que pays en développement, des échanges et coopérations de diverses formes avec l'OCDE depuis l'instauration de leur dialogue sur les politiques il y a 20 ans. L'OCDE a apporté de nombreux conseils précieux pour le développement de la Chine, tandis que le développement de la Chine a permis à l'OCDE d'élargir des horizons dans ses recherches.
Tout à l'heure, j'ai échangé avec le Secrétaire général Angel Gurria sur l'approfondissement de la coopération entre la Chine et l'OCDE. Les deux parties ont signé la Déclaration de vision à moyen terme et le Programme de travail conjoint 2015-2016, et précisé les domaines prioritaires et la feuille de route pour leur coopération. Je voudrais saisir cette occasion pour annoncer l'adhésion officielle d'une institution chinoise au Centre de développement de l'OCDE.
L'année prochaine, nous accueillerons le Sommet du G20. Nous entendons échanger des vues avec les différentes parties pour promouvoir le développement, et nous serons heureux d'avoir un soutien agissant de l'OCDE.
Les Chinois soulignent depuis toujours l'importance de joindre l'action à la pensée. Que nous travaillions la main dans la main pour nous mettre à penser et à agir, avancer davantage de bonnes idées et prendre plus d'actions concrètes, de sorte à promouvoir le développement partagé au plus grand bénéfice de toute l'humanité.
Je vous remercie.