BEIJING, 22 septembre (Xinhua) -- Le Salon de dialogue sino-français sur le patrimoine culturel, qui s'inscrit dans le cadre du Forum de la culture de Beijing 2026, s'est tenu lundi à l'Ecole du Parti du Comité du Parti communiste chinois pour la municipalité de Beijing, à Beijing, capitale chinoise.
Des responsables d'institutions muséales, des artistes et des fonctionnaires chinois et français ont dialogué autour de la protection du patrimoine culturel, de la coopération muséale et de l'inspiration mutuelle entre civilisations, alliant comparaisons entre les expériences des deux capitales et retours sur des projets de coopération concrets.
Shan Jixiang, sixième directeur du Musée du Palais, a retracé, à travers de nombreuses photographies personnelles, les échanges de longue date entre la Chine et la France dans le domaine de la protection du patrimoine culturel.
Prenant l'exemple de l'axe central de Beijing et de l'urbanisme parisien, il a souligné la rigueur française en matière de contrôle de l'aménagement urbain, de structure urbaine, de couleurs et de textures, ainsi que dans la préservation du paysage de la Seine. Beijing, de son côté, a mis en place un plan directeur pour son axe central, créant 33 zones de protection historiques et culturelles et préservant 15.000 ensembles de maisons traditionnelles à cour carrée.
Il a également évoqué les expositions croisées organisées dans les deux capitales, ainsi que les accords signés entre le château de Versailles et la partie chinoise dans les domaines de la restauration, des expositions et de la formation, estimant que l'inspiration mutuelle entre les civilisations chinoise et française avait un large avenir.
Cécile Cukierman, sénatrice française et vice-présidente de l'Association d'amitié franco-chinoise, a placé son propos sous le signe de la transmission vivante du patrimoine. "Un héritage culturel n'est pas une pièce enfermée dans un musée, il ne demeure vivant que s'il est interrogé, partagé et transformé."
Citant l'ancien site de l'Université sino-française de Beijing, fondée en 1920, elle a rappelé que l'amitié entre les deux peuples devait se refléter non seulement dans les relations gouvernementales, mais aussi dans les échanges culturels.
Selon Guo Jingning, directeur du Musée de la Capitale, l'axe central de Beijing et la Seine, malgré des contextes culturels différents, partagent des caractéristiques communes : la continuité historique, la diversité des types de patrimoine et une présence fortement ancrée dans la vie quotidienne. Ces deux ensembles patrimoniaux comprennent à la fois des édifices impériaux de haut rang et des quartiers de vie ordinaire, et continuent d'exercer leur rôle aujourd'hui.
Il a également mis en lumière des expériences communes aux deux villes en matière d'interprétation et de mise en valeur du patrimoine : l'intervention minimale et la restauration dans le respect de l'ancien, le recours à la technologie pour la protection et la restauration, une interprétation valorisant au maximum le patrimoine, et sa réutilisation vivante.
"Que chacun apprécie sa propre beauté, et que les beautés se partagent", a-t-il déclaré.
Jean-Marc Bustamante, membre de l'Académie des Beaux-Arts, a livré une réflexion nourrie de son expérience artistique et de restauration : restaurer un objet patrimonial, c'est d'abord respecter l'histoire, se placer à la hauteur de cette histoire, tout en veillant à préserver la distinction entre le passé et le présent.
Il a raconté sa première venue à Beijing il y a une dizaine d'années, ainsi que l'accueil du milieu artistique chinois, signe d'une longue tradition d'échanges entre artistes français et chinois. Il souhaite renforcer la coopération avec la Chine dans les domaines des expositions, des colloques et de l'édition de livres d'artistes.
Bai Qun, directeur du Musée des huit arts exceptionnels de Yanjing à Beijing, a présenté les huit savoir-faire nationaux issus des ateliers impériaux. Avec une centaine de maîtres d'arts appliqués et détenteurs de savoir-faire, il a fondé l'Association des Huit Arts exceptionnels de Yanjing et souhaite développer les échanges avec des musées étrangers.
Il est prêt à mobiliser ces maîtres pour la conservation, la restauration et la recréation de pièces manquantes d'objets chinois conservés dans les musées français, et concevoir, à partir de leurs éléments culturels et symboles porteurs de beaux présages, des produits culturels et créatifs adaptés à l'esthétique contemporaine et aux jeunes générations, afin de contribuer à l'inspiration mutuelle entre les civilisations chinoise et française. Fin
