SANAA, 6 août (Xinhua) -- Le groupe yéménite des Houthis a revendiqué jeudi une opération militaire "à grande échelle" menée au moyen de missiles balistiques et de drones contre les forces gouvernementales dans les provinces de Marib et d'Hadramout dans l'est du pays, opération qui aurait fait "des centaines de victimes".
Dans une allocution télévisée diffusée par la chaîne Al-Massirah, contrôlée par les Houthis, le porte-parole militaire du groupe Yahya Saree a déclaré que ces attaques avaient frappé des positions militaires à Al-Ruwayk, dans la province de Marib, et à Thaniyah et Al-Abr dans la province voisine d'Hadramout, y compris des camps militaires et des rassemblements de troupes appartenant aux 1ère et 3e division des forces d'urgence yéménites, un corps nouvellement formé avec l'appui de l'Arabie saoudite.
Le porte-parole a affirmé que "des centaines" de soldats des forces gouvernementales avaient été tués ou blessés dans cette attaque et que des véhicules militaires, des stocks d'armes et d'autres installations avaient été détruits ou incendiés. Il a également indiqué que les bases militaires à Al-Wadiah, zone située sur la frontière entre le Yémen et l'Arabie saoudite, avaient été prises pour cibles.
Cette opération a été menée après que les Houthis ont détecté une accumulation à grande échelle de forces militaires saoudiennes qui avait atteint "leur phase finale", selon les termes du porte-parole, qui a accusé Riyad de préparer des opérations militaires terrestres à grande échelle contre les zones sous contrôle houthi.
Il a mis en garde l'Arabie saoudite contre toute escalade, déclarant que les forces houthies étaient "pleinement préparées à faire face à toute escalade", et qu'elles poursuivraient leur stratégie baptisée "blocus-contre-blocus" par ce groupe, jusqu'à ce que les restrictions, qu'il accuse Riyad d'avoir imposées sur les zones sous contrôle houthi, aient été levées.
Plus tôt dans la journée, un responsable militaire a déclaré à Xinhua qu'au moins 35 soldats des forces gouvernementales yéménites avaient été tués, et des dizaines d'autres blessés, dans des attaques de drones contre des positions militaires à Marib et Hadramout.
S'exprimant sous le couvert d'anonymat, ce responsable a déclaré que les attaques avaient frappé des casernes et des positions militaires à plusieurs endroits des deux provinces, dont des bases des forces d'urgence yéménites.
De leur côté, les forces d'urgence yéménites ont confirmé que plusieurs camps militaires et unités, y compris des positions appartenant à sa première division, avaient été attaqués, causant des pertes et des dégâts matériels.
Ces attaques faisaient suite à des opérations de sécurité récentes des forces gouvernementales contre des réseaux criminels et groupes de contrebande opérant dans la région, selon les forces d'urgence.
Le Yémen est embourbé dans un conflit depuis fin 2014, lorsque les Houthis se sont emparés d'une grande partie du Yémen, dont Sanaa, la capitale du pays, poussant une coalition dirigée par l'Arabie saoudite à intervenir en 2015 pour soutenir le gouvernement internationalement reconnu.
Une trêve négociée sous la médiation de l'ONU est entrée en vigueur en avril 2022, avant d'expirer en octobre de cette année sans être officiellement prolongée, toutefois un cessez-le-feu fragile règne en général depuis lors, en dépit d'affrontements, bombardements et attaques de drone sporadiques le long de plusieurs lignes de front.
Les provinces de Marib et d'Hadramout, toutes deux riches en ressources pétrolières et gazières, restent parmi les provinces les plus importantes stratégiquement contrôlées par le gouvernement internationalement reconnu.
Avant la trêve négociée par l'ONU, Marib avait été le théâtre de certains des combats les plus acharnés de ce conflit, en raison des efforts intenses des Houthis pour s'emparer de la province, tandis qu'Hadramout avait été largement épargnée par les combats. Fin
