NAIROBI, 5 août (Xinhua) -- L'Afrique est l'une des régions du monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Les phénomènes météorologiques extrêmes, de plus en plus fréquents, continuent d'entraver le développement économique et social du continent.
Face à ces défis, le système d'alerte météorologique chinois MAZU (Multirisque, Alerte, écart Zéro et Universel), fondé sur l'intelligence artificielle (IA), est progressivement déployé dans plusieurs pays africains afin de renforcer les capacités d'alerte précoce et de réduction des risques de catastrophe.
A Djibouti, pays situé à l'entrée de la mer Rouge, la chaleur extrême, les vents violents et les pluies soudaines auparavant entraînaient régulièrement des interruptions d'activité des ports, des dommages matériels et des risques pour les travailleurs.
L'adoption de MAZU a marqué un tournant. En juillet 2025, l'Administration météorologique de Chine (AMC) a fait don à Djibouti de MAZU-Urban.
Avant le déploiement de ce système, des experts chinois ont effectué plusieurs missions de terrain en vue d'identifier les principaux besoins des autorités djiboutiennes en matière de prévention des catastrophes dans les zones urbaines, portuaires et aéroportuaires.
La plateforme a ainsi été adaptée aux conditions locales grâce à une évaluation plus précise des épisodes de chaleur et des vents violents, ainsi qu'à un module d'alerte spécialement conçu pour les opérations portuaires.
Depuis sa mise en service, MAZU permet d'émettre des alertes hiérarchisées jusqu'à 24 heures à l'avance, transmises directement aux responsables du port et aux équipes opérationnelles.
Selon Mohamed Ismail Nour, directeur général de l'Agence nationale de la météorologie de Djibouti, la première version du système s'est révélée très efficace. Il a également salué les formations assurées par les experts chinois, lesquelles ont permis aux techniciens djiboutiens d'exploiter la plateforme en étroite coopération avec leurs homologues chinois.
Une étape importante a été franchie cette année, où une version améliorée de MAZU a été officiellement remise lors de la Conférence mondiale sur l'IA (WAIC) 2026 et de la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale de l'IA tenue en juillet à Shanghai.
Cette nouvelle version associe un terminal intelligent intégrant des puces météorologiques et des modèles de prévision au système existant afin de constituer une solution intégrée couvrant l'ensemble de la chaîne de surveillance, de prévision et d'alerte météorologiques.
Elle améliore en outre la résolution spatiale des prévisions de neuf à trois kilomètres, fournit des prévisions jusqu'à trois jours à l'avance et les actualise toutes les six heures.
Selon l'AMC, les produits d'alerte précoce de MAZU sont aujourd'hui utilisés par les services météorologiques de plus de quarante pays. Des versions conçues sur mesure aux besoins locaux ont également été déployées dans plusieurs pays du monde.
L'Ethiopie figure parmi les pays utilisateurs. La configuration, l'installation et le déploiement du système au sein de l'Institut météorologique d'Ethiopie sont déjà achevés, a indiqué Asaminew Teshome, directeur général adjoint de l'Institut météorologique éthiopien (IME).
Selon lui, à l'issue d'une formation technique complète fournie par des experts chinois, les spécialistes éthiopiens sont désormais en mesure d'exploiter la plateforme de manière autonome.
"Le système MAZU intègre les produits de différents satellites aux données des stations météorologiques locales, ce qui permet de générer des informations météorologiques et climatiques plus précises et mieux adaptées aux besoins locaux", a-t-il noté.
Le pays a commencé à exploiter le système MAZU pour produire des prévisions immédiates ainsi que des prévisions à courte échéance, a ajouté M. Teshome.
"Le système d'alerte précoce constitue l'un des moyens les plus rentables de réduire les pertes causées par les catastrophes", a déclaré Simplice Tchinda Tazo, directeur de la Météorologie nationale du Cameroun.
A son avis, de nombreux pays d'Afrique et d'Asie du Sud disposent de réseaux d'observation peu denses et de capacités de calcul limitées. Grâce à son fonctionnement dans le cloud et à son développement conjoint par des experts chinois et leurs partenaires locaux, MAZU réduit considérablement le seuil d'accès et propose des solutions adaptées aux besoins de chaque pays.
Intervenant lors de la WAIC 2026, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a souligné que les plateformes, les satellites et les modèles d'IA de la Chine avaient déjà aidé des dizaines de pays à renforcer leurs systèmes d'alerte précoce.
Il a également salué le développement conjoint d'outils d'alerte météorologique avec d'autres pays en développement, sur la base de données locales, permettant à ces pays de diffuser eux-mêmes leurs alertes.
"C'est le modèle dont le monde a besoin : un modèle fondé sur le transfert de technologies, la recherche conjointe et le renforcement des capacités locales, afin d'aider les pays à mieux protéger leurs populations", a-t-il poursuivi. Fin
