BEIJING, 10 juillet (Xinhua) -- "La crise des phénomènes météorologiques extrêmes nous rappelle une évidence : les catastrophes ne connaissent pas de frontières. Le défi climatique mondial est imminent, la Chine et l'Europe doivent avancer main dans la main", a déclaré Wang Lei, professeur de l'Université normale de Beijing.
Il a poursuivi en expliquant que la gouvernance climatique mondiale entrait dans une phase cruciale. En tant que plus grand pays en développement et plus grande union de pays développés, la Chine et l'Europe font que leur coopération en matière de gouvernance climatique revêt une signification mondiale accrue.
Cet été, l'Europe a connu des vagues de chaleur rares. Cependant, en raison des politiques environnementales, du coût élevé de l'électricité et de la protection du patrimoine architectural ancien, l'installation de climatiseurs sur le continent n'est pas une mince affaire. Les appareils chinois, qui bénéficient quant à eux d'une solide chaîne d'approvisionnement, sont devenus des produits très prisés.
Des experts estiment que l'effet de "dôme de chaleur" est une cause majeure de l'actuelle canicule, effet amplifié par le réchauffement climatique. L'Organisation météorologique mondiale indique que le phénomène El Nino devrait s'intensifier dans les mois à venir, augmentant la probabilité de vagues de chaleur, de sécheresses, de fortes précipitations et d'autres événements extrêmes dans davantage de régions.
Face à ce défi majeur, M. Wang estime que dans un contexte de retrait américain de l'Accord de Paris, de remise en cause des engagements multilatéraux et d'accentuation des clivages Nord-Sud, le rôle de "stabilisateur climatique" de la Chine et de l'Europe devient plus saillant. Il est crucial d'intensifier les efforts pour faire face au changement climatique.
Le thème de l'écologie est au cœur de la coopération entre la Chine et l'Europe. En 2025, à l'occasion du 50e anniversaire des relations diplomatiques Chine-UE et du 10e anniversaire de l'Accord de Paris, les dirigeants chinois et européens ont publié une déclaration conjointe sur le changement climatique. Ils ont convenu que le partenariat vert sino-européen était une composante importante de leur relation globale, et que les deux parties disposaient d'une base de coopération solide et d'un vaste espace de collaboration dans la transition verte, traçant ainsi la voie à suivre pour une coopération pragmatique et la promotion d'une transition bas-carbone.
Nicholas Stern, président de l'Institut de recherche Grantham sur le changement climatique et l'environnement à la London School of Economics and Political Science, a salué la capacité de la Chine à anticiper l'énorme demande du marché mondial pour les nouvelles technologies d'énergie propre, telles que les panneaux solaires et les véhicules électriques.
Il estime que l'Europe et la Chine devraient unir leurs forces pour jouer un rôle de premier plan dans les affaires climatiques internationales. Cela inclut la création d'un environnement encourageant les investissements vers une économie à émissions nettes nulles et une économie résiliente au climat. Elles devraient également contribuer au renforcement des capacités de financement des banques multibilatérales de développement pour permettre aux économies en développement de percevoir les immenses opportunités d'investissement offertes par la transition verte.
"Faire progresser et concrétiser le partenariat vert sino-européen concerne le bien-être des peuples des deux parties et porte les espoirs de développement durable de la planète", a déclaré Zhang Haibin, vice-doyen de l'Institut de recherche sur la neutralité carbone de l'Université de Pékin. Dans un contexte de chocs météorologiques extrêmes, d'incertitudes géopolitiques et de développement rapide de l'IA, la coopération sino-européenne en matière de lutte contre le changement climatique injectera une dynamique durable dans la transition verte mondiale.
"La Chine et l'Europe sont profondément interdépendantes", a souligné Hu Bin, professeur associé à l'Université Tsinghua. Ces dernières années, la Chine et l'Union européenne progressent dans leur transition bas-carbone via des trajectoires différentes. Les deux parties présentent une complémentarité élevée entre fabrication et cadre institutionnel, alors que leurs politiques climatiques et industrielles convergent de plus en plus, créant des espaces de coopération vastes dans des domaines tels que les normes bas-carbone, l'hydrogène ou le stockage d'énergie. Fin
