BRUXELLES, 1er avril (Xinhua) -- L'inflation annuelle dans la zone euro devrait atteindre 2,5% en mars, contre 1,9% en février, dépassant ainsi l'objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), principalement en raison d'un net rebond des prix de l'énergie, selon une estimation publiée mardi par Eurostat.
Les principales économies de la zone euro ont enregistré des augmentations notables : l'Allemagne passant de 2% à 2,8%, la France de 1,1% à 1,9% et l'Espagne de 2,5% à 3,3%. Cette poussée a été provoquée par les prix de l'énergie, qui ont bondi pour atteindre 4,9% contre -3,1%, a indiqué l'office statistique européen.
Les tensions persistantes au Moyen-Orient, qui entrent désormais dans leur cinquième semaine sans perspective de résolution, ont interrompu la tendance baissière des prix de l'énergie et les ont nettement poussés à la hausse à travers l'Europe.
En Allemagne, les prix de l'énergie ont augmenté de 7,2% sur un an, marquant la première hausse depuis décembre 2023, selon les données de l'Office fédéral des statistiques (Destatis) publiées lundi.
En France, l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a indiqué mardi que les prix de l'énergie devraient augmenter de 7,3% sur un an en mars, inversant ainsi une baisse de 2,9% en février.
Le Portugal a également enregistré une hausse des prix de l'énergie de 5,8% en mars, après un recul de 2,2% en février, ce qui a conduit de nombreux automobilistes portugais à se rendre en Espagne pour bénéficier de carburants moins chers.
Par ailleurs, l'inflation des services dans la zone euro a légèrement reculé à 3,2% contre 3,4%, les prix des produits alimentaires, de l'alcool et du tabac ont légèrement diminué pour s'établir à 2,4% contre 2,5%, tandis que l'inflation sous-jacente, hors énergie, alimentaire, alcool et tabac, est tombée à 2,3% en mars contre 2,4 % en février.
Bien que les autres grandes catégories de l'inflation n'aient pas encore montré d'effet prononcé, Bert Colijn, économiste en chef chez ING, a mis en garde contre le fait que la récente flambée des prix de l'énergie ne peut être considérée de manière isolée.
Il a noté que les tensions persistantes au Moyen-Orient, qui ont éclaté après que les Etats-Unis et Israël ont lancé des frappes conjointes contre l'Iran le 28 février, font peser des risques à la hausse non seulement sur les prix de l'énergie, mais également sur les prix des denrées alimentaires et des biens de consommation, en raison des pénuries d'engrais et des perturbations des chaînes d'approvisionnement. Plus ces perturbations persisteront, a-t-il souligné, plus le risque que l'inflation globale et l'inflation sous-jacente subissent des pressions à la hausse généralisées sera grand.
En effet, le pétrole brut Brent, référence mondiale, a clôturé à 112,78 dollars le baril lundi et s'achemine vers un gain mensuel record de plus de 50% en mars.
La banque centrale allemande, la Deutsche Bundesbank, a projeté la semaine dernière que l'inflation en Allemagne augmenterait encore dans les mois à venir, pouvant atteindre environ 3% à court terme. Un conflit prolongé pourrait maintenir l'inflation à un niveau élevé plus longtemps, a-t-elle ajouté.
La Banque nationale de Bulgarie a également averti que l'inflation dans le pays devrait atteindre 3,7% en 2026, les tensions géopolitiques au Moyen-Orient étant identifiées comme un facteur de risque externe clé.
L'Office néerlandais de la statistique (CBS) anticipe que les pressions inflationnistes continueront à se répercuter sur un large éventail de produits, y compris les vols de vacances et certains produits alimentaires dans les mois à venir. Les consommateurs néerlandais ont commencé à payer plus cher certains produits parce que les entreprises répercutent le coût élevé des matières premières, des emballages et des salaires, selon le CBS.
"La guerre au Moyen-Orient a rendu les perspectives nettement plus incertaines, créant des risques à la hausse pour l'inflation et des risques à la baisse pour la croissance économique", avait déclaré plus tôt la BCE. L'inflation dans la zone euro devrait atteindre en moyenne 2,6% en 2026, tandis que la croissance économique cette année est attendue à 0,9%. Fin
