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Xi Focus : Redéfinir la vision des responsables en matière de mérites politiques

French.news.cn | 2026-03-26 à 11:02

BEIJING, 26 mars (Xinhua) -- Une ampoule n'est pas quelque chose que la plupart des gens associeraient à la gouvernance.

Pourtant, il y a près de quarante ans, alors qu'il travaillait dans l'une des régions les plus pauvres de la province chinoise du Fujian (est), en tant que chef du Parti de la préfecture de Ningde, Xi Jinping avait déclaré aux responsables locaux que garantir l'accès aux biens de première nécessité pour les habitants des zones reculées, même des articles aussi basiques que les ampoules et le savon, était également une mesure de bonne gouvernance.

Cette remarque a mis en lumière une question universelle et profonde : faut-il évaluer les mérites politiques d'un responsable en fonction des gains économiques à court terme, des projets visibles, des distinctions officielles ou des améliorations concrètes du bien-être de la population ?

M. Xi a répondu en évoquant ce qu'il a qualifié de "vision juste des mérites politiques", un principe directeur destiné aux responsables qui privilégie le bien-être du peuple et valorise les résultats tangibles à long terme, qui ne seront peut-être pas immédiatement visibles, mais qui sont obtenus grâce à une prise de décision judicieuse et des actions concrètes.

Fin février, le Comité central du Parti communiste chinois (PCC), avec Xi Jinping comme noyau dirigeant, a lancé une campagne d'étude à l'échelle du Parti, exhortant ses membres, en particulier les responsables à l'échelon du chef de district et aux échelons supérieurs, à revoir leur état d'esprit concernant les mérites politiques afin de produire des résultats qui "résistent à l'épreuve de la pratique, aux yeux du peuple et au fil de l'histoire".

Cette campagne, qui se déroulera jusqu'en juillet, vise à corriger les idées fausses sur la gouvernance qui engendrent souvent des projets futiles, des risques cachés, un lourd fardeau pour les communautés locales et le mécontentement de la population.

Elle marque la dernière initiative en date de M. Xi, secrétaire général du Comité central du PCC, président de la République populaire de Chine et président de la Commission militaire centrale, pour renforcer la gestion du Parti, après l'initiative de l'année dernière visant à améliorer la conduite des membres.

"L'efficacité sans cesse croissante de l'autogestion du Parti est la garantie ultime du développement économique et social", a déclaré M. Xi.

Cette insistance a été réitérée lundi lors d'une visite d'inspection, au cours de laquelle M. Xi a insisté sur la direction du Parti et le renforcement de celui-ci pour faire de la Nouvelle Zone de Xiong'an, une ville moderne en plein essor située à environ 100 km au sud de Beijing, un pôle d'innovation et un modèle de développement de haute qualité. M. Xi a exhorté les responsables de Xiong'an à assumer pleinement leurs responsabilités, à se consacrer à la mise en œuvre des politiques et à obtenir de bons résultats.

Selon les théoriciens du Parti, la dernière campagne d'études vise à renforcer le développement politique du Parti et son effectif de cadres. Alors que la Chine entame la première année du 15e Plan quinquennal (2026-2030), la réalisation de ses objectifs de développement dépendra largement de la capacité des cadres à agir en ayant "une vision juste des mérites politiques" en adoptant une approche pragmatique.

Eduardo Regalado, chercheur au Centre de recherche sur la politique internationale de Cuba, a déclaré que la promotion d'une vision juste des mérites politiques parmi les responsables s'est imposée comme un concept clé dans le cadre de gouvernance du PCC pour la nouvelle ère, et qu'elle aidera la Chine à transformer son modèle de développement pour le rendre plus qualitatif, plus efficace et plus équitable.

LA PRIMAUTE DU PEUPLE

L'un des objectifs majeurs de cette campagne est d'éradiquer la tendance, observée chez certains responsables, à sacrifier le bien-être public au profit d'une amélioration artificielle de leurs résultats.

Lors d'une réunion de haut niveau, M. Xi a condamné le gaspillage de fonds publics consacrés au badigeonnage des façades dans certaines zones rurales, alors même que celles-ci venaient à peine de sortir de la pauvreté ou continuaient d'y faire face.

M. Xi a déclaré que dépenser sans compter pour blanchir les murs, ce qui ne nourrit ni n'habille la population, était inutile et constituait un gaspillage de fonds publics.

Alors que certains responsables pèchent par excès de précipitation, d'autres choisissent délibérément l'inaction. Certains préfèrent la prudence et se dérobent à leurs responsabilités, estimant que "plus on lave de vaisselle, plus on en casse".

M. Xi a, à de nombreuses reprises, fustigé ces "personnes sympas" et ces "indécis" qui ne passent pas à l'action, affirmant que ceux qui manquent de dévouement n'accompliront rien et compromettront les projets essentiels.

A l'inverse, il cite souvent comme modèle de bonne gouvernance Jiao Yulu, un humble secrétaire du comité du Parti pour le district rural peu connu de Lankao, dans la province du Henan (centre), au début des années 1960.

Confrontés à des tempêtes de sable, aux inondations et à la salinisation généralisée des sols qui plongeaient de nombreux habitants dans la précarité alimentaire, M. Jiao et ses collègues ont travaillé sans relâche à la plantation de ceintures forestières pour lutter contre l'avancée du sable et les inondations, contribuant ainsi à atténuer progressivement les pénuries alimentaires chroniques à Lankao. Cependant, M. Jiao n'a pas vécu assez longtemps pour voir les fruits de ces efforts, succombant à un cancer du foie en 1964 à l'âge de 42 ans.

M. Xi a été profondément ému lorsqu'il a lu pour la première fois l'histoire de Jiao Yulu alors qu'il était collégien. Il a déclaré que l'esprit de Jiao Yulu, caractérisé par une approche centrée sur le peuple et un dévouement inlassable et désintéressé, avait été un phare tout au long de son propre parcours, depuis ses débuts comme simple fonctionnaire de terrain jusqu'à la plus haute fonction de la Chine.

Au début des années 1980, alors qu'il travaillait dans le district de Zhengding, dans la province du Hebei (nord), M. Xi a contribué à réduire les quotas d'achat de céréales par l'Etat, qui avaient valu à la région la réputation d'être un "district à haut rendement", après avoir constaté que certains agriculteurs ne disposaient pas de suffisamment de nourriture.

"Zhengding préférerait renoncer à sa réputation de modèle national en matière de production céréalière plutôt que de compromettre le bien-être de notre population", a-t-il déclaré.

Pour M. Xi, la gouvernance doit être guidée par les besoins du peuple plutôt que par la mise en scène politique. Selon lui, la véritable vocation d'un responsable ne doit pas être d'occuper un poste élevé, mais de répondre aux attentes de la population.

S'appuyant sur sa propre expérience des difficultés rencontrées en milieu rural durant son adolescence, M. Xi a lancé une campagne nationale d'éradication de l'extrême pauvreté peu après avoir pris la tête du Parti en novembre 2012, mobilisant l'ensemble de l'appareil du Parti vers cet objectif. Sous sa direction, la Chine a sorti près de 100 millions de résidents ruraux de l'extrême pauvreté en huit ans.

Considérant la lutte contre la pauvreté non comme une fin en soi, mais comme une étape vers la réalisation des aspirations du peuple à une vie meilleure, M. Xi a ensuite élargi sa vision : la poursuite d'une prospérité commune pour tous et la construction d'un grand pays socialiste moderne d'ici le milieu du siècle.

Mais définir les bons objectifs ne constitue qu'une partie du travail. C'est pourquoi M. Xi a fortement insisté sur l'amélioration du cadre institutionnel régissant la conduite des responsables. Il a souligné que, parallèlement à la promotion d'un état d'esprit adéquat, il est essentiel de renforcer les systèmes qui encadrent et contrôlent l'exercice du pouvoir.

Parallèlement, pour encourager les responsables à assumer leurs responsabilités, M. Xi a défini des critères de sélection et de nomination clairs.

Conformément au principe des "trois distinctions" qu'il a proposé, les responsables qui commettent des erreurs avec de bonnes intentions de réforme ou par manque d'expérience doivent être protégés et distingués de ceux qui violent délibérément la discipline et la loi ou qui recherchent des gains illégaux.

"Les responsables doivent être sélectionnés et promus en fonction de leurs actions, de leurs réalisations et de la reconnaissance de leur travail tant par le Parti que par le peuple", a déclaré M. Xi dans des propos publiés en mars dans la revue Qiushi, magazine phare du Parti, après le lancement de la campagne d'étude.

"Il faut privilégier ceux qui osent prendre leurs responsabilités, font preuve d'initiative, obtiennent des résultats probants et affichent des performances exceptionnelles", a souligné M. Xi.

PROCEDER A PARTIR DE LA REALITE

La dernière campagne visant à promouvoir une vision juste des mérites politiques souligne la nécessité de partir de la réalité et de respecter les lois objectives.

Cet appel vise à remédier à des problèmes tels que la reproduction servile, par certaines localités, des succès d'autres, ce qui reflète une dépendance excessive d'un modèle unique et un manque de prise de décision pragmatique et bien pensée.

Lors de la Conférence centrale sur le travail économique de l'année dernière, M. Xi a critiqué certaines localités pour avoir suivi aveuglément les tendances sans tenir compte des conditions locales, soit en se précipitant sur le développement de l'industrie des semi-conducteurs, soit en s'empressant d'imiter les projets du "nouveau trio" : véhicules électriques, batteries au lithium et photovoltaïque.

Il a souligné à maintes reprises l'importance d'ancrer les solutions dans les réalités locales, ce qui est également une caractéristique de son approche de la gouvernance. Il a souvent comparé l'élaboration des politiques à la recherche de la clé adaptée à chaque serrure, une idée qui rejette les solutions universelles et met l'accent sur l'adaptation des politiques aux différentes conditions.

Qu'il s'agisse de développement urbain ou de politique énergétique, M. Xi a mis en garde contre les idées déconnectées de la réalité. Sous sa direction, la Chine a réalisé des progrès considérables en matière de transition écologique et s'est fixé des objectifs ambitieux : atteindre le pic des émissions de dioxyde de carbone avant 2030 et parvenir à la neutralité carbone avant 2060.

Pour autant, ces engagements ne signifient pas la poursuite d'un arrêt radical et irréaliste des projets énergétiques conventionnels tels que ceux au charbon.

En 2024, lors d'une visite dans la municipalité de Chongqing, dans le sud-ouest de la Chine, M. Xi a souligné que si le développement vert devait progresser, il était vital de garantir un approvisionnement énergétique stable.

"Il faut d'abord se remplir le ventre, puis bien manger", a-t-il déclaré, mettant en garde contre une approche trop idéaliste.

M. Xi a également mis en garde contre les interprétations erronées des réalisations qui conduisent à des "statistiques gonflées", à des lancements de projets fictifs ou à un PIB "tiré par la facturation", un phénomène où les autorités locales utilisent des dégrèvements pour attirer des sociétés écrans et orchestrer un faux boom.

Cette pratique figure désormais parmi les principales mesures de rectification prévues pour 2026.

Xue Jiping, président d'un fabricant de fibres optiques, a souligné que la lutte contre ces abus avait donné aux entreprises respectueuses de la loi un véritable sentiment de sécurité, renforçant ainsi leur confiance pour accroître leurs investissements.

La lutte contre la falsification de faits répond à l'insistance de longue date de M. Xi sur l'intégrité. En 2017, après que la province du Liaoning, dans le nord-est de la Chine, a rapporté une croissance négative à la suite d'une campagne de lutte contre la falsification des données économiques, M. Xi a réaffirmé l'importance d'une telle honnêteté.

Il a déclaré que même si les chiffres réels pouvaient ne pas paraître impressionnants, ils étaient d'une "véritable beauté", car ils étaient authentiques, et a promis le soutien indéfectible des autorités centrales à ceux qui exposent la réalité plutôt que de promouvoir une prospérité illusoire.

Le 12 mars, l'organe législatif national de la Chine a approuvé un objectif de croissance du PIB de 4,5% à 5% pour 2026, tout en promettant de "s'efforcer de faire mieux dans la pratique".

Ce même pragmatisme se retrouve dans le 15e Plan quinquennal, approuvé par les législateurs le même jour. Il prévoit de maintenir la croissance du PIB dans une fourchette raisonnable, avec des objectifs annuels fixés en fonction de la conjoncture. Les autres objectifs définis dans ce plan témoignent également d'une approche réaliste. "Ces dispositions témoignent d'une orientation de valeurs claire : le développement ne peut reposer sur des gestes ostentatoires ou des déclarations grandiloquentes. Les cadres doivent retrousser leurs manches et se concentrer sur des résultats concrets", a déclaré Yu Shaoxiang, chercheur à l'Académie nationale de la modernisation chinoise, rattachée à l'Académie chinoise des sciences sociales.

"Alors que nous entrons dans la période du 15e Plan quinquennal, nous devons balayer la boue et purifier l'air", a déclaré M. Xi, exhortant les cadres à adopter une approche pragmatique et axée sur la recherche de la vérité lors de l'élaboration des plans nationaux et locaux.

"Tous les plans doivent être ancrés dans la réalité, viser une croissance solide sans chiffres gonflés et promouvoir un développement durable et de haute qualité. Ceux qui agissent de manière irréfléchie, qui jouent la surenchère ou qui lancent des projets sans discernement, devront rendre des comptes", a-t-il déclaré.

PERSPECTIVE A LONG TERME

Depuis le début de son mandat dans la fonction publique, M. Xi a toujours insisté sur le fait que ce qui importe, c'est de servir les intérêts à long terme du pays, plutôt que de rechercher une reconnaissance personnelle ou une gloire immédiate.

Cette approche reflète une conception particulière des mérites politiques, qui ne considère pas le développement comme une course effrénée à mener à bien en un seul mandat. M. Xi a mis en garde contre la tentation de rechercher des gains rapides ou des "succès immédiats" par le biais de projets à court terme, à fort impact, comparant ces pratiques à un gaspillage de ressources pour des gains éphémères.

Peu de domaines illustrent aussi clairement la nécessité d'une telle vision à long terme que la préservation du patrimoine culturel et la protection de l'environnement, où les bénéfices mettent souvent des années, voire des décennies, à se manifester pleinement.

Lorsqu'il occupait le poste de gouverneur par intérim du Fujian entre 1999 et 2000, M. Xi a choisi de suspendre un projet minier dans la ville de Sanming, après la découverte sur le site de fossiles et d'artefacts apportant un éclairage sur les premières activités humaines dans cette région. Cette découverte a par la suite été reconnue comme l'une des plus importantes découvertes archéologiques du sud de la Chine.

Cette approche fut de nouveau mise en lumière des années plus tard, alors que M. Xi travaillait dans la province voisine du Zhejiang. Au cours d'une visite d'inspection locale, des responsables l'ont conduit dans un parc industriel qu'ils étaient impatients de lui présenter. Mais lorsque M. Xi a constaté que nombre de ces usines n'étaient guère plus que des industries obsolètes délocalisées depuis des régions voisines plus développées, son visage s'est assombri.

"Qu'y a-t-il à voir ici ?" demanda-t-il. "Mettez à profit vos propres atouts et protégez les montagnes verdoyantes et les eaux limpides de cette région, cela doit être vos plus grands mérites politiques."

Le message était sans équivoque : privilégier les résultats économiques rapides au détriment de la santé écologique à long terme n'était pas le genre de mérite politique qui comptait.

Une dizaine d'années plus tard, ce même raisonnement, à savoir privilégier la sécurité écologique à long terme plutôt que l'expansion à court terme, a façonné la politique de M. Xi concernant le fleuve Yangtsé, le plus long fleuve de Chine et une artère économique vitale.

En 2016, lors d'une réunion de haut niveau consacrée à la ceinture économique du fleuve Yangtsé, M. Xi a ouvert la séance par un message sans détour adressé aux responsables locaux : "Vous serez peut-être déçus aujourd'hui, il ne s'agit pas d'une discussion sur le développement, mais sur la protection."

Il a clairement indiqué que la restauration de l'environnement devait figurer en tête des priorités, soulignant la nécessité d'une évaluation globale du développement fondée non seulement sur la rapidité, mais aussi sur la durabilité et sur les avantages à long terme. Les répercussions de cette priorité accordée à la santé de l'environnement s'étendaient bien au-delà du fleuve lui-même. Elles confirmaient que la vision stratégique, la planification consciencieuse et l'exécution rigoureuse devaient être les caractéristiques déterminantes du modèle de développement chinois.

La campagne d'étude sur la mentalité en matière de mérites politiques a quant à elle été lancée juste avant le déploiement du 15e plan quinquennal, l'avant-dernier dans le cadre de l'effort de la Chine d'atteindre pour l'essentiel la modernisation d'ici 2035. Depuis les années 1950, ces plans ont servi à la fois de métronomes et de navigateurs pour le développement de la Chine, guidant la transformation du pays, de la pénurie à la deuxième plus grande économie mondiale.

"La formulation scientifique et la mise en œuvre soutenue des plans quinquennaux constituent une expérience de gouvernance importante pour notre Parti et un atout politique majeur du socialisme à la chinoise", a déclaré M. Xi, qui a dirigé l'effort colossal derrière la rédaction des trois derniers plans quinquennaux du pays.

Ce système de planification accorde une grande importance à la prévoyance. Hou Yongzhi, chercheur au Centre de recherche sur le développement du Conseil des Affaires d'Etat, a déclaré que les 109 grands projets décrits dans le 15e plan quinquennal couvraient de multiples domaines clés de la modernisation chinoise, une part considérable étant consacrée au développement de nouvelles industries et de secteurs émergents.

Conçus pour jeter les bases du futur, ces projets apporteront un soutien solide à la croissance économique de la Chine et au bien-être de sa population, a noté M. Hou. Alexander Davey, analyste à l'Institut Mercator pour les études chinoises, basé à Berlin, a déclaré dans une interview accordée au magazine allemand Der Spiegel que les plans quinquennaux de la Chine servaient de boussole aux cadres du Parti et aux responsables gouvernementaux. Pour eux, ces plans indiquent comment ils doivent travailler et ce qu'ils doivent accomplir.

L'accent mis sur la planification à long terme aide également à expliquer pourquoi M. Xi a maintes fois exhorté les responsables à valoriser non seulement les réalisations visibles, mais aussi le travail moins visible qui jette les bases du développement futur. "Le renouveau de la nation chinoise est une course de relais, dans laquelle le témoin doit être transmis d'une génération à l'autre, chaque génération s'efforçant de bien courir sa propre étape", a déclaré M. Xi. Fin

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