Par Martina Fuchs
GENEVE, 15 mars (Xinhua) -- La Chine conforte son rôle de moteur de la croissance mondiale grâce à ses secteurs industriels de haute technologie et à l'innovation, a indiqué John Zhu, économiste en chef pour la région Asie-Pacifique de Swiss Re, deuxième réassureur mondial.
"L'économie intérieure chinoise devient de plus en plus sophistiquée et complexe. Nous pensons que l'objectif de croissance du pays est atteignable", a déclaré M. Zhu lors d'un récent entretien virtuel avec Xinhua.
"Le changement de l'objectif de croissance vers cette fourchette était attendu et il est logique étant donné que la situation mondiale est très incertaine et imprévisible", a-t-il estimé.
Lors des "deux sessions" qui viennent de s'achever, la Chine s'est fixé un objectif de croissance économique de 4,5% à 5% pour 2026, visant un bon démarrage du nouveau plan quinquennal qui trace la voie d'un développement de haute qualité et offre une stabilité indispensable à une économie mondiale en difficulté.
M. Zhu a également souligné que l'accent mis par la Chine sur les hautes technologies et le développement des technologies d'avenir, telles que le développement industriel à grande échelle de l'intelligence artificielle et des technologies numériques, consolidera sa position de moteur de la croissance mondiale.
"Le rôle de la Chine dans la croissance mondiale est maintenu depuis de nombreuses années. Même si sa croissance pourrait ralentir à partir de 2025, elle représente une part de plus en plus importante de l'économie mondiale", a-t-il noté.
"La contribution de la Chine à la croissance du produit intérieur brut (PIB) mondial devrait se situer aux alentours de 30%. Ainsi, une part importante de la croissance mondiale provient chaque année de la Chine."
"Nous pensons que la Chine peut également contribuer à la stabilité économique mondiale en renforçant certains de ses mécanismes de partage des risques, grâce au développement et à l'ouverture continus de ses marchés financiers, ainsi que de ses marchés de l'assurance et de la réassurance", a ajouté M. Zhu.
"Cela permettra de mieux diversifier les risques climatiques, les risques de catastrophes naturelles et autres risques majeurs à l'échelle mondiale. Dans un monde plus incertain, un transfert transfrontalier des risques plus important s'impose."
Les "deux sessions" de cette année marquent un tournant décisif pour la deuxième économie mondiale, qui entame la première année de son 15e plan quinquennal (2026-2030). Elles constituent à la fois un bilan des réalisations passées et une boussole stratégique guidant le développement futur du pays.
Les données récemment publiées par le Bureau d'Etat des statistiques (BES) montrent qu'en 2025, l'économie chinoise est restée robuste malgré les vents contraires, affichant une croissance stable du PIB de 5% en glissement annuel.
DES DONNEES MACROECONOMIQUES SOLIDES POUR 2025
Commentant les performances économiques et sociales de la Chine au cours de l'année écoulée, M. Zhu a souligné trois points :
"En 2025, la croissance a été résiliente malgré un contexte extérieur très difficile et une forte incertitude. C'était vraiment un accomplissement pour la Chine de non seulement atteindre l'objectif de croissance de 5%, mais aussi de le faire tout en maintenant la stabilité financière, et ce malgré les tensions commerciales avec les Etats-Unis."
"Ceci est principalement grâce à des exportations très résilientes et au soutien continu de la politique budgétaire", a-t-il expliqué.
"Deuxièmement, concernant certaines politiques industrielles, nous continuons d'observer de bons progrès dans le développement vert, qui demeure une priorité. La transition énergétique de l'économie chinoise se poursuit tant du côté de la production que de la consommation", a souligné M. Zhu.
"La part des énergies non fossiles est en hausse, tout comme la capacité installée de production et de stockage de l'énergie verte. La Chine est véritablement en train de créer une source de compétitivité industrielle future, tout en assurant sa sécurité énergétique à long terme."
"Tout cela contribue à la modernisation générale de l'industrie. Nous constatons ainsi une forte croissance de la production dans les secteurs de la robotique et des semi-conducteurs, ainsi qu'un progrès global dans la modernisation des chaînes d'approvisionnement nationales." Fin
