ABIDJAN, 13 mars (Xinhua) -- Le tambour parleur Djidji Ayôkwè, objet sacré du peuple Atchan confisqué par l'administration coloniale française en 1916, est revenu vendredi en Côte d'Ivoire, où il a été accueilli lors d'une cérémonie officielle à l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny.
En présence des chefs traditionnels Atchan et de plusieurs officiels, dont l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire, Jean-Christophe Belliard, la ministre ivoirienne de la Culture et de la Francophonie, Françoise Remarck, a réceptionné la caisse expédiée depuis Paris contenant cet objet patrimonial.
La cérémonie a été marquée par un rituel conduit par un chef traditionnel Atchan et par des chants et danses exécutés par des membres de la communauté d'Anoumabo, dans le sud d'Abidjan.
"Ce vendredi 13 mars 2026, marquant la remise matérielle d'un tambour provenant de Côte d'Ivoire par les autorités françaises aux autorités ivoiriennes, constitue un jour historique", a déclaré Mme Remarck, évoquant "un moment de justice et de mémoire".
Le retour du tambour parleur s'inscrit dans un processus plus large de restitution d'objets culturels africains transférés en France durant la période coloniale.
Premier élément d'une liste de 148 biens culturels dont le Côte d'Ivoire demande la restitution à la France, ce tambour est considéré dans ce pays africain comme un symbole important de l'histoire et de l'identité culturelle du peuple Atchan.
"Le retour de ce tambour sacré est un message adressé à notre jeunesse qui souhaite se réapproprier son histoire, ainsi qu'aux communautés qui retrouvent leur Djidji Ayôkwè, symbole de cohésion sociale, de paix et de dialogue", a ajouté la ministre.
Instrument rituel en bois long d'environ 3,3 mètres et pesant près de 430 kg, le Djidji Ayôkwè est fendu en son centre et orné d'un léopard bondissant. Utilisé autrefois pour transmettre des messages, alerter les populations ou marquer l'autorité traditionnelle, il occupe une place importante dans la culture du peuple Atchan. Fin
