BRUXELLES, 5 janvier (Xinhua) -- Les dirigeants européens ont apporté leur soutien au Danemark après que le président américain Donald Trump a de nouveau évoqué l'idée d'acquérir le Groenland et qualifié ce territoire arctique d'essentiel pour la défense des Etats-Unis.
"Nous avons absolument besoin du Groenland", a souligné M. Trump dimanche dans un entretien accordé au magazine The Atlantic. Il s'est exprimé dans la foulée de la dernière intervention militaire des Etats-Unis au Venezuela, ce qui a alimenté les craintes en Europe que le Groenland soit la prochaine cible d'une intervention américaine.
Ces propos ont rapidement été condamnés par le Groenland et le Danemark. La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a souligné que les Etats-Unis n'avaient pas le droit d'annexer le Groenland, exhortant Washington à cesser de proférer des menaces contre un allié proche. Le chef du gouvernement groenlandais, Jens-Frederik Nielsen, a quant à lui qualifié la position américaine de "totalement et absolument inacceptable".
Les dirigeants nordiques ont été parmi les premiers à réagir. Le ministre norvégien des Affaires étrangères Espen Barth Eide a indiqué à la chaîne publique NRK qu'"il faut respecter la souveraineté des pays". Le président finlandais Alexander Stubb et le Premier ministre suédois Ulf Kristersson ont tous deux fait remarquer que les décisions concernant le Groenland relèvent uniquement du Danemark et du Groenland, exprimant leur soutien total à leur voisin.
Mme Frederiksen a durci lundi son avertissement, affirmant à la chaîne de télévision danoise TV2 que la prise de contrôle du Groenland par les Etats-Unis mettra effectivement fin à l'alliance militaire de l'OTAN. "Si les Etats-Unis choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'OTAN, alors tout s'arrête", a-t-elle martelé, faisant référence au cadre de sécurité collective établi après la Seconde Guerre mondiale.
D'autres pays européens se sont ralliés à cette position. La ministre autrichienne des Affaires étrangères Beate Meinl-Reisinger a écrit sur X : "Le Groenland est un territoire autonome du Royaume du Danemark. Le Danemark l'a clairement indiqué : les menaces et les fantasmes d'annexion sont inacceptables".
Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Pascal Confavreux a indiqué, dans un entretien accordé à la chaîne de télévision publique française TF1, qu'"il ne peut pas y avoir de modification des frontières par la force", exprimant la "solidarité" de la France avec le Danemark.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer a fait savoir à la BBC que "l'avenir du Groenland appartient au Royaume du Danemark et au Groenland lui-même", tout en soulignant le statut du Danemark en tant que membre de l'OTAN.
Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul a fait remarquer que le Groenland, en tant que partie intégrante du Danemark, était en principe soumis aux obligations de défense collective de l'OTAN.
Le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani a exhorté l'Union européenne (UE) à adopter une position ferme. "Nous verrons quelles sont les véritables intentions de Donald Trump concernant le Groenland", a-t-il dit à la radio italienne RTL 102.5, ajoutant que l'UE doit garantir l'indépendance d'un territoire relevant de la couronne danoise.
Au niveau de l'UE, la porte-parole de la Commission européenne Anita Hipper a promis lors d'un point de presse quotidien que le bloc continuerait à "défendre les principes de souveraineté nationale, d'intégrité territoriale, d'inviolabilité des frontières et de la Charte de l'ONU". Fin
