La manœuvre de Takaichi autour de la "situation menaçant la survie" plonge le Japon dans des eaux périlleuses (COMMENTAIRE) - Xinhua - french.news.cn

La manœuvre de Takaichi autour de la "situation menaçant la survie" plonge le Japon dans des eaux périlleuses (COMMENTAIRE)

French.news.cn | 2025-11-16 à 19:23

TOKYO, 16 novembre (Xinhua) -- Il y a dix ans, le gouvernement japonais de Shinzo Abe a fait adopter à la hâte une législation très controversée en matière de sécurité, autorisant une légitime défense collective limitée.

Cette décision a suscité une résistance et des critiques généralisées de la part du public, qui lui reprochait de passer outre l'interprétation constitutionnelle donnée par le gouvernement lui-même en 1972, qui avait clairement établi une ligne rouge en vertu de l'article 9 de la Constitution du pays : le Japon ne pouvait, en vertu de sa Constitution pacifiste, s'engager dans une défense collective.

Aujourd'hui, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, qui se présente comme l'héritière politique de Shinzo Abe, tente de reprendre cette réinterprétation déjà dangereuse et de la pousser encore plus loin, vers un territoire encore plus risqué pour le Japon et la région.

Lors d'une récente audition parlementaire, Mme Takaichi a invoqué une prétendue "situation menaçant la survie", un déclencheur prévu par la loi controversée de 2015, et l'a liée à la question de Taïwan, suggérant que Tokyo pourrait traiter cette question comme un motif d'intervention militaire en vertu de la législation.

Il ne s'agit pas seulement d'une rhétorique imprudente. C'est profondément déstabilisant. En introduisant la question taïwanaise dans le cadre sécuritaire déjà contesté du Japon, Mme Takaichi brouille délibérément la frontière entre politique défensive et aventurisme militariste pur et simple.

Il s'agit d'un pari imprudent qui ignore les limites constitutionnelles du Japon, fait fi de l'opinion publique et met en jeu la sécurité de toute la région.

Les contorsions logiques dans les propos de Mme Takaichi sont stupéfiantes. Une "situation menaçant la survie" désigne une situation de danger évident dans laquelle une attaque armée contre un pays étranger avec lequel le Japon entretient des relations étroites menace la survie du Japon. Taïwan n'est manifestement pas un "pays" entretenant des liens étroits avec le Japon, et aucune éventualité concevable concernant Taïwan ne constitue une menace évidente pour la survie de l'Etat japonais ou les droits fondamentaux de ses citoyens.

Faire entrer Taïwan dans la catégorie des "situations menaçant la survie" est une distorsion délibérée et une provocation politique calculée.

Comme l'a souligné la partie chinoise, les propos erronés de Mme Takaichi constituent une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine, violant gravement le principe d'une seule Chine, l'esprit des quatre documents politiques entre la Chine et le Japon, et les normes fondamentales des relations internationales.

La déclaration de Mme Takaichi va également à l'encontre des engagements politiques pris à plusieurs reprises par le Japon, déclenchant une vive controverse au sein du pays.

Certains ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu'en mettant en avant la notion de "situation d'urgence à Taïwan", la Première ministre provoque ouvertement la Chine, une initiative qui n'apporte aucun avantage au Japon mais comporte des risques stratégiques considérables.

D'autres ont fait remarquer que même les Etats-Unis, sur lesquels le Japon s'appuie fortement pour les questions de sécurité, s'étaient montrés prudents afin d'éviter toute provocation inutile envers la Chine, tandis que le Japon prenait le risque d'entraîner les Etats-Unis dans une confrontation. Même certaines personnalités conservatrices connues pour leur position intransigeante envers la Chine déplorent que les propos de Mme Takaichi réduisent considérablement les options politiques futures du Japon.

La stratégie de Mme Takaichi intervient dans le cadre d'une refonte ambitieuse de la posture défensive du Japon.

Un peu plus d'un mois après son entrée en fonction, elle a présenté des propositions visant à renforcer considérablement la défense, notamment une augmentation substantielle du budget militaire, un assouplissement total des contrôles sur les exportations d'armes, un renforcement des capacités de frappe préventive et une révision accélérée des documents de sécurité, le plus controversé étant le signe d'un recul par rapport aux "trois principes non nucléaires" de longue date du Japon.

Dans l'ensemble, ces mesures indiquent l'intention du gouvernement de passer de son attitude de retenue d'après-guerre à une posture plus affirmée et militarisée. Si tel est le cas, Mme Takaichi a, en effet, levé le dernier voile qui masquait la véritable trajectoire du cadre de "défense collective" du Japon après 2015.

Comme la Chine l'a répété à maintes reprises, toute force qui oserait faire obstacle à la réunification de la Chine est vouée à l'échec. Fin

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