LONDRES, 21 septembre (Xinhua) -- Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé dimanche que le Royaume-Uni avait officiellement reconnu l'Etat de Palestine, affirmant le soutien de son pays au "droit du peuple palestinien à l'autodétermination" et à la solution à deux Etats.
Dans une vidéo, le Premier ministre a condamné "la crise humanitaire créée par l'homme à Gaza", ajoutant que "des dizaines de milliers de personnes ont été tuées, dont des milliers alors qu'elles tentaient de se procurer de la nourriture et de l'eau. Ces morts et ces destructions nous horrifient tous. Cela doit cesser."
Dans une lettre adressée au président palestinien Mahmoud Abbas, M. Starmer a souligné que "la solution à deux Etats reste la seule voie vers une paix juste et durable dans la région. Je salue les engagements importants que vous avez pris en matière de réforme et réitère mon soutien à leur mise en œuvre pour construire l'Etat palestinien."
Le Financial Times a présenté le virage du Parti travailliste comme un mélange de principes et de calculs politiques. Fin juillet, le Royaume-Uni a signalé qu'elle agirait en septembre si Israël ne prenait pas de "mesures substantielles." Israël n'ayant pas rempli ces conditions et la pression sur Gaza s'intensifiant au sein du Parti travailliste et de l'opinion publique en général, M. Starmer a finalement été poussé à la reconnaissance.
Cette pression interne a été renforcée par l'indignation internationale suscitée par l'escalade des attaques israéliennes à Gaza, où l'armée a massé des forces en vue de ce que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et d'autres responsables ont décrit comme une offensive terrestre et aérienne majeure visant à "conquérir" la ville de Gaza.
Selon les autorités sanitaires basées à Gaza, le nombre de Palestiniens tués par l'armée israélienne dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023 a dépassé les 65.000.
Face à l'aggravation de la crise à Gaza, le gouvernement britannique a souligné que des mesures supplémentaires étaient nécessaires pour résoudre le conflit. "La reconnaissance seule ne suffit pas. Nous établissons également un consensus avec les dirigeants de la région et au-delà autour de notre Cadre pour la Paix, une série de mesures qui peuvent nous mener d'un cessez-le-feu à une fin permanente du conflit," a déclaré le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué.
Si le soutien du Royaume-Uni au droit d'Israël à exister et à la sécurité de son peuple reste inébranlable, le gouvernement israélien doit changer de cap, mettre fin à son offensive à Gaza, autoriser l'aide humanitaire et mettre un terme à l'expansion illégale des colonies en Cisjordanie, ajoute le communiqué.
Cette décision a toutefois mis le Royaume-Uni en désaccord avec son plus proche allié, les Etats-Unis. Le président Donald Trump n'a exprimé aucun soutien à la création d'un Etat palestinien et, lors de sa visite officielle en Grande-Bretagne la semaine dernière, il a souligné cette divergence en déclarant lors d'une conférence de presse qu'il n'était pas d'accord avec le plan du Premier ministre Starmer. "Je suis en désaccord avec le Premier ministre sur ce point," a déclaré M. Trump.
Un éditorial du Guardian a également souligné la tension révélée par cette divergence, affirmant que M. Trump "pourrait mettre fin à cette guerre d'un simple coup de fil," mais que son administration "semble inébranlable, même si le soutien de l'opinion publique aux Etats-Unis est en chute libre."
Dimanche également, le Canada, l'Australie et le Portugal ont annoncé leur reconnaissance de l'Etat palestinien. Fin
