BEIJING/BRUXELLES, 15 août (Xinhua) -- Depuis plusieurs mois, un mouvement discret mais significatif s'opère dans le paysage financier européen : les grandes banques américaines, longtemps dominantes sur les marchés du Vieux Continent, voient leur influence s'éroder au profit des institutions locales et régionales, l'incertitude géopolitique, la montée du protectionnisme commercial aux Etats-Unis et la crainte de nouveaux droits de douane américains ralentissant l'appétit des clients européens pour les services offerts par Wall Street.
Certaines entreprises européennes ont commencé à diversifier leurs relations bancaires en s'éloignant des géants de Wall Street, alors que le président américain Donald Trump a durci le ton à l'encontre des partenaires commerciaux européens, a indiqué début août l'agence Bloomberg.
"Certains acteurs affirment qu'il vaut mieux s'adresser à des banques d'investissement européennes ou françaises pour obtenir des conseils en matière de financement ou de fusions-acquisitions", a déclaré Arnaud Petit, directeur général de la division Corporate Finance du groupe bancaire Edmond de Rothschild, cité par Bloomberg.
Selon des médias européens, les banques américaines JPMorgan Chase, Goldman Sachs ou Morgan Stanley ne cachent pas leur inquiétude : leurs volumes de transactions avec les entreprises européennes sont orientés à la baisse, particulièrement dans les domaines du courtage, de l'investissement transfrontalier et du financement d'acquisitions. Plusieurs grands groupes européens redoutent que l'aggravation des tensions commerciales entre Washington et Bruxelles n'entraîne l'imposition de droits de douane sur les produits manufacturés ou transformés aux Etats-Unis. Pour se prémunir contre un risque de dépendance à l'égard des circuits financiers américains, nombre de patrons d'entreprise européens privilégient désormais les banques françaises, allemandes ou néerlandaises.
Selon les données compilées par Bloomberg, environ la moitié des émissions d'obligations en euros par des entreprises non américaines n'ont impliqué aucune des cinq plus grandes banques américaines depuis le début de l'année, représentant une hausse de cinq points de pourcentage par rapport à l'année précédente.
"Les bouleversements tectoniques que le monde connaît depuis quelques mois offrent clairement des opportunités stratégiques", a déclaré à Bloomberg, Slawomir Krupa, directeur général de la banque française Société Générale, à propos des entreprises qui cherchent à se tourner vers des partenaires bancaires européens. "La logique qui sous-tend cette forme de diversification des risques est devenue plus évidente pour les entreprises". Fin
