NAIROBI, 4 février (Xinhua) -- Les pays d'Afrique subsaharienne doivent mettre en place des interventions ciblées telles qu'une surveillance renforcée ainsi qu'un diagnostic, un traitement et une prise en charge en temps opportun afin de maîtriser la hausse du nombre des décès liés au cancer, a estimé samedi l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), à l'occasion de la Journée mondiale contre le cancer.
Le cancer met à rude épreuve les infrastructures de santé publique du continent, sans compter qu'il aggrave la pauvreté et les inégalités, a dit la directrice régionale de l'OMS pour l'Afrique, Matshidiso Moeti, dans un communiqué publié à Nairobi, la capitale du Kenya, ajoutant que 1,1 million de nouveaux cas de cancer et environ 700.000 décès surviennent chaque année en Afrique, ce qui réduit à néant les progrès réalisés pour prolonger l'espérance de vie sur le continent.
"Les estimations des données montrent une augmentation considérable de la mortalité due au cancer, qui atteindra près d'un million de décès par an d'ici à 2030, s'il n'y a pas d'interventions urgentes et audacieuses", a dit Mme Moeti.
Selon l'OMS, les cas de cancer les plus fréquents chez les adultes en Afrique sont le cancer du sein et du col de l'utérus pour les femmes, et le cancer de la prostate, le cancer colorectal et le cancer du foie pour les hommes. Les projections actuelles indiquent que le continent représentera près de 50 % de la charge mondiale du cancer chez les enfants d'ici 2050.
L'Afrique a néanmoins fait des progrès significatifs dans la guerre contre le cancer, 12 pays disposant déjà de solides plans nationaux de lutte contre le cancer et plusieurs autres ayant élaboré des directives nationales de traitement du cancer chez l'enfant, a-t-elle affirmé.
La bonne volonté politique a revitalisé la lutte contre le cancer en Afrique où 25 pays ont élaboré et utilisent des lignes directrices sur le cancer tandis que d'autres ont intégré le diagnostic et le traitement de la maladie dans leurs régimes nationaux d'assurance maladie, a-t-elle ajouté.
Mme Moeti a félicité 16 pays africains qui ont mis en place des tests de dépistage du cancer très performants, conformément aux recommandations de l'OMS, ajoutant qu'une plus grande utilisation des vaccins contre le cancer du col de l'utérus ciblant les adolescentes a permis d'éviter de nombreux décès.
La création de registres du cancer, la formation du personnel de santé et les investissements dans le diagnostic, la recherche, la thérapeutique et les soins palliatifs seront essentiels pour réduire le nombre de décès liés au cancer sur le continent, a-t-elle déclaré. Fin




