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French.xinhuanet.com | Publié le 2021-08-10 à 11:41
BEIJING, 10 août (Xinhua) -- Il n'existe aucune preuve que le SRAS-CoV-2, le nouveau coronavirus à l'origine de la pandémie de COVID-19, ait été créé dans un laboratoire, et aucune des allégations selon lesquelles il s'en serait échappé "ne résiste à un examen scientifique", a déclaré un virologue de l'université de Glasgow.
La théorie de la fuite de laboratoire "n'offre aucune preuve autre que l'emplacement circonstanciel de l'Institut de virologie de Wuhan", dans la province chinoise du Hubei (centre), a confié David Robertson, responsable de la génomique virale et de la bioinformatique de l'université écossaise, dans une récente interview par courriel à Xinhua.
"Actuellement, toutes les données pointent fortement dans une direction, celle d'un virus naturel, et non d'un virus créé en laboratoire", a noté M. Robertson. "Nous devons faire confiance aux preuves et aux experts qui ont l'expérience de l'évolution et de l'émergence des virus."
Le virologue a également déclaré qu'il est "beaucoup trop divergent" pour que RaTG13, un coronavirus détecté chez les chauves-souris fer à cheval dans la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine, en 2013, soit le progéniteur du SRAS-CoV-2 qui a causé les premiers cas humains, car les deux virus diffèrent sur environ 1.100 positions nucléotidiques.
"Le fait que les virus de chauve-souris les plus proches du SRAS-CoV-2 aient été trouvés dans le Yunnan est trompeur car il y a un problème de sous-échantillonnage massif, et bien que ces virus de chauve-souris soient génétiquement proches, cela représente tout de même des décennies", a fait valoir M. Robertson, soulignant qu'il y a "beaucoup de ces types de virus qui circulent dans la nature".
Le virologue a indiqué que l'émergence du SRAS-CoV-2 ressemble beaucoup à la première émergence du SRAS, avec une parenté génétique avec les virus trouvés chez les chauves-souris fer à cheval et une forte association avec les marchés d'animaux. "Nous n'avons simplement pas encore identifié l'espèce animale intermédiaire pour le SRAS-CoV-2 qui a facilité la transmission des chauves-souris aux humains", a-t-il ajouté.
M. Robertson fait partie des 21 éminents scientifiques d'universités et d'instituts de recherche du monde entier qui ont mis en garde contre le fait que l'accent mis sur l'origine hautement improbable de la COVID-19 en laboratoire détourne l'attention des scientifiques de l'étude approfondie de l'origine zoonotique.
Dans un article de synthèse sur les origines du SRAS-CoV-2 publié en juillet sous forme de préimpression sur Zenodo, un dépôt en libre accès, les scientifiques ont écrit qu'il n'existe actuellement aucune preuve que le virus provienne d'un laboratoire et que "rien ne prouve que les premiers cas aient eu un lien quelconque avec l'Institut de virologie de Wuhan".
Commentant le regain d'intérêt pour la théorie de la fuite de laboratoire aux Etats-Unis au cours des derniers mois, M. Robertson a déclaré : "Il est vraiment difficile de comprendre comment cela s'est produit, aucune nouvelle donnée n'a été présentée".
"Je dirais que la principale raison est que cela cesse d'être de la science", a-t-il noté. "La science, dans son essence, ne saurait être une question d'opinion, elle doit (être) fondée sur des preuves." Fin