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French.xinhuanet.com | Publié le 2021-03-25 à 19:44
WASHINGTON, 25 mars (Xinhua) -- Un an après le début de la pandémie de nouveau coronavirus, les Etats-Unis ont franchi mercredi la barre des 30 millions de cas d'infection, mettant en évidence un échec catastrophique résultant à la fois d'un manque de leadership national, d'un manque de respect pour la science et de l'insuffisance des infrastructures de santé publique.
Selon un décompte de l'Université Johns Hopkins, le pays le plus riche au monde reste le plus affecté par ce fléau sur la planète avec, outre ces plus de 30 millions de cas, plus de 545.000 décès.
Les Etats-Unis, avec une population représentant moins de 5% du total mondial, représentent à eux seuls plus de 25% du nombre mondial de cas d'infection et près de 20% du nombre de morts dus au COVID-19.
Ce triste bilan est atteint au moment où le président Joe Biden, en poste depuis deux mois, s'efforce d'inverser la trajectoire tragique de la pandémie qui lui a été laissée par son prédécesseur Donald Trump et son approche décousue.
L'équipe de M. Biden a, entre autres, intensifié les opérations de vaccination à travers tout le pays.
A ce jour, un tiers des adultes américains, soit environ 84 millions de personnes, ont reçu au moins une dose de vaccin et 45 millions ont été entièrement vaccinés, a indiqué mercredi la Maison Blanche.
Malgré ces progrès en matière de vaccination, le virus se propage toujours à travers le pays, bien que les principaux indicateurs se soient considérablement améliorés par rapport à leur pic en janvier.
En moyenne, 55.000 nouveaux cas et 968 décès par jour ont été rapportés au cours de la semaine écoulée.
De plus, les experts publics mettent en garde contre le fait que de nouveaux variants plus contagieux menacent de bouleverser les récents progrès, car le B.1.1.7, initialement identifié au Royaume-Uni, pourrait devenir la souche dominante aux Etats-Unis d'ici la fin mars.
"Quand on me demande souvent : 'Est-ce qu'on prend le bon virage?'. Ma réponse est plutôt : 'On est dans le virage. Reste à savoir s'il sera bon ou pas'", a résumé Anthony Fauci, le plus grand spécialiste des maladies infectieuses américain, lors d'un point de presse à la Maison Blanche.
"Il faut continuer de faire ce qu'on fait : plus de vaccinations et continuer de prendre des mesures de santé publique jusqu'à ce qu'on prenne vraiment le bon virage", a-t-il souligné.
Stanley Perlman, professeur de microbiologie et d'immunologie à l'Université de l'Iowa, est du même avis.
"Le nombre de cas pourrait augmenter à nouveau. Nous devons encore porter le masque et pratiquer la distanciation sociale", a-t-il dit mercredi à Xinhua, estimant qu'une hausse des cas pourrait être constatée après le congé pascal en raison de l'augmentation des déplacements.
"C'est déjà un problème. Je crains que nous ne voyions une augmentation du nombre de cas. Mais ça pourrait se produire plutôt chez les jeunes, donc le nombre de décès n'augmentera peut-être pas beaucoup", a prédit le Pr Perlman.
Toutefois, au moins une dizaine d'Etats américains ont déjà commencé à assouplir les restrictions, y compris le port obligatoire du masque et les mesures de distanciation sociale.