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Comment la seule superpuissance mondiale est devenue l'épicentre de la pandémie (COMMENTAIRE)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2020-05-06 à 14:29

BEIJING, 6 mai (Xinhua) -- Dans un geste déchirant, le gouvernement fédéral américain a récemment commandé 100.000 nouveaux sacs mortuaires pour ce qu'il craint être le "pire des scénarios" alors que la pandémie du nouveau coronavirus continue de faire ravage aux Etats-Unis.

La situation dans ce qui est maintenant l'épicentre mondial de la pandémie est déjà devenue totalement catastrophique, avec plus de 1,2 million d'infections et plus de 70.000 décès à ce jour. La dernière commande de housses mortuaires laisse entrevoir une aggravation de la crise.

Peu de gens dans le monde auraient pu prédire un tel chaos pour la seule superpuissance mondiale. L'épithète "bâclée" est largement utilisée par les médias occidentaux pour décrire la réponse de Washington à la pandémie.

La négligence des décideurs de Washington dans les premiers temps de l'épidémie en est considérée comme l'une des principales causes.

Il existe désormais de nombreuses preuves sans équivoque montrant que l'administration américaine avait été avertie à plusieurs reprises à propos du virus depuis la fin de l'année dernière par ses propres sources de renseignement et membres du gouvernement, par des scientifiques médicaux américains travaillant au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, et par le gouvernement chinois.

Malheureusement, il a fallu plusieurs mois avant que la Maison Blanche ne commence à imposer des mesures fédérales rigoureuses suite à la confirmation du premier cas dans le pays fin janvier. Pendant ces longues semaines, Washington a non seulement prétendu que ces signaux d'alerte n'existaient pas, mais a également essayé de minimiser la gravité de la pandémie et a mésinformé le public américain en prétendant que la maladie était une "grippe" et que tout était sous contrôle.

La crainte à la Maison Blanche que des mesures de distanciation sociale puissent nuire à l'économie, ce qui serait susceptible de coûter à l'administration en place sa réélection en novembre prochain, a également joué un rôle crucial dans l'approche bâclée du gouvernement face à la maladie, selon des experts.

L'administration s'est apparemment prise à son propre piège. Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, elle a claironné la réussite de ses politiques économiques et a vanté les solides gains boursiers du pays, favorisant ainsi une logique délicate : puisqu'elle s'attribue le mérite d'une économie en plein essor, elle devrait naturellement être tenue pour responsable si celle-ci venait à s'effondrer.

Confrontée à un déclin économique et à une montée en flèche des demandes d'allocations de chômage, l'administration américaine est de plus en plus fébrile et s'efforce de pousser à la réouverture de l'économie, bien que de nombreux scientifiques et experts médicaux aient exprimé leurs inquiétudes quant à une levée hâtive des mesures de distanciation sociale.

Le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis et figure centrale de la réponse du gouvernement américain au nouveau coronavirus, a averti la semaine dernière que les responsables locaux prendraient "un risque vraiment important" s'ils levaient prématurément les restrictions de distanciation sociale.

Selon certains documents internes obtenus par NBC News, les membres du groupe de travail de la Maison Blanche sur le coronavirus restent préoccupés par l'insuffisance des tests de dépistage et par une possible "résurgence catastrophique" de l'agent pathogène.

Cela nous amène à une troisième cause, plus profondément enracinée, de l'échec de Washington à limiter la propagation du virus : son système de santé publique mal financé. Les Etats-Unis sont la seule économie développée du monde qui ne dispose pas d'un système de santé universel. En 2018, 27,9 millions d'Américains étaient dépourvus d'assurance maladie. Et selon un nouveau sondage West Health & Gallup, un Américain sur sept a déclaré qu'il ne chercherait pas à se faire soigner même s'il présentait des symptômes importants, par crainte d'un coût financier élevé.

Pire encore, l'administration actuelle a tenté de miner davantage le système de santé publique du pays. Selon le Washington Post, la Maison Blanche a proposé dans son budget pour l'année fiscale 2021 de réduire de 850 milliards de dollars le budget de Medicare et de 920 milliards celui de Medicaid au cours de la prochaine décennie, au nom de la réduction des déficits. En 2018, il a dissous l'équipe de réponse à la pandémie du Conseil national de sécurité.

Selon un article du New York Times datant du mois d'avril, la Maison Blanche a autorisé l'expiration, l'été dernier, d'un contrat avec une entreprise chargée de maintenir le stock de matériel médical d'urgence pouvant sauver des vies pour le compte du gouvernement, et une nouvelle entreprise n'a commencé à prendre forme que fin janvier en raison d'un litige contractuel. Tout cela a aggravé le problème de l'insuffisance des équipements médicaux tels que les respirateurs.

En examinant de près ces lacunes, on comprend mieux pourquoi les Etats-Unis ont été si durement touchés par la pandémie.

Les décideurs de la Maison Blanche doivent comprendre que leur propension à rejeter leurs propres fautes sur les autres ne réussira pas à faire disparaître miraculeusement le virus. Ils doivent accepter les faits et se joindre de bonne foi aux autres du monde dans la lutte ardue contre cette maladie mortelle. Le temps est venu de faire preuve d'un tel courage.

 
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Comment la seule superpuissance mondiale est devenue l'épicentre de la pandémie (COMMENTAIRE)

French.xinhuanet.com | Publié le 2020-05-06 à 14:29

BEIJING, 6 mai (Xinhua) -- Dans un geste déchirant, le gouvernement fédéral américain a récemment commandé 100.000 nouveaux sacs mortuaires pour ce qu'il craint être le "pire des scénarios" alors que la pandémie du nouveau coronavirus continue de faire ravage aux Etats-Unis.

La situation dans ce qui est maintenant l'épicentre mondial de la pandémie est déjà devenue totalement catastrophique, avec plus de 1,2 million d'infections et plus de 70.000 décès à ce jour. La dernière commande de housses mortuaires laisse entrevoir une aggravation de la crise.

Peu de gens dans le monde auraient pu prédire un tel chaos pour la seule superpuissance mondiale. L'épithète "bâclée" est largement utilisée par les médias occidentaux pour décrire la réponse de Washington à la pandémie.

La négligence des décideurs de Washington dans les premiers temps de l'épidémie en est considérée comme l'une des principales causes.

Il existe désormais de nombreuses preuves sans équivoque montrant que l'administration américaine avait été avertie à plusieurs reprises à propos du virus depuis la fin de l'année dernière par ses propres sources de renseignement et membres du gouvernement, par des scientifiques médicaux américains travaillant au siège de l'Organisation mondiale de la santé à Genève, et par le gouvernement chinois.

Malheureusement, il a fallu plusieurs mois avant que la Maison Blanche ne commence à imposer des mesures fédérales rigoureuses suite à la confirmation du premier cas dans le pays fin janvier. Pendant ces longues semaines, Washington a non seulement prétendu que ces signaux d'alerte n'existaient pas, mais a également essayé de minimiser la gravité de la pandémie et a mésinformé le public américain en prétendant que la maladie était une "grippe" et que tout était sous contrôle.

La crainte à la Maison Blanche que des mesures de distanciation sociale puissent nuire à l'économie, ce qui serait susceptible de coûter à l'administration en place sa réélection en novembre prochain, a également joué un rôle crucial dans l'approche bâclée du gouvernement face à la maladie, selon des experts.

L'administration s'est apparemment prise à son propre piège. Depuis son arrivée au pouvoir en 2017, elle a claironné la réussite de ses politiques économiques et a vanté les solides gains boursiers du pays, favorisant ainsi une logique délicate : puisqu'elle s'attribue le mérite d'une économie en plein essor, elle devrait naturellement être tenue pour responsable si celle-ci venait à s'effondrer.

Confrontée à un déclin économique et à une montée en flèche des demandes d'allocations de chômage, l'administration américaine est de plus en plus fébrile et s'efforce de pousser à la réouverture de l'économie, bien que de nombreux scientifiques et experts médicaux aient exprimé leurs inquiétudes quant à une levée hâtive des mesures de distanciation sociale.

Le docteur Anthony Fauci, directeur de l'Institut national des allergies et des maladies infectieuses des Etats-Unis et figure centrale de la réponse du gouvernement américain au nouveau coronavirus, a averti la semaine dernière que les responsables locaux prendraient "un risque vraiment important" s'ils levaient prématurément les restrictions de distanciation sociale.

Selon certains documents internes obtenus par NBC News, les membres du groupe de travail de la Maison Blanche sur le coronavirus restent préoccupés par l'insuffisance des tests de dépistage et par une possible "résurgence catastrophique" de l'agent pathogène.

Cela nous amène à une troisième cause, plus profondément enracinée, de l'échec de Washington à limiter la propagation du virus : son système de santé publique mal financé. Les Etats-Unis sont la seule économie développée du monde qui ne dispose pas d'un système de santé universel. En 2018, 27,9 millions d'Américains étaient dépourvus d'assurance maladie. Et selon un nouveau sondage West Health & Gallup, un Américain sur sept a déclaré qu'il ne chercherait pas à se faire soigner même s'il présentait des symptômes importants, par crainte d'un coût financier élevé.

Pire encore, l'administration actuelle a tenté de miner davantage le système de santé publique du pays. Selon le Washington Post, la Maison Blanche a proposé dans son budget pour l'année fiscale 2021 de réduire de 850 milliards de dollars le budget de Medicare et de 920 milliards celui de Medicaid au cours de la prochaine décennie, au nom de la réduction des déficits. En 2018, il a dissous l'équipe de réponse à la pandémie du Conseil national de sécurité.

Selon un article du New York Times datant du mois d'avril, la Maison Blanche a autorisé l'expiration, l'été dernier, d'un contrat avec une entreprise chargée de maintenir le stock de matériel médical d'urgence pouvant sauver des vies pour le compte du gouvernement, et une nouvelle entreprise n'a commencé à prendre forme que fin janvier en raison d'un litige contractuel. Tout cela a aggravé le problème de l'insuffisance des équipements médicaux tels que les respirateurs.

En examinant de près ces lacunes, on comprend mieux pourquoi les Etats-Unis ont été si durement touchés par la pandémie.

Les décideurs de la Maison Blanche doivent comprendre que leur propension à rejeter leurs propres fautes sur les autres ne réussira pas à faire disparaître miraculeusement le virus. Ils doivent accepter les faits et se joindre de bonne foi aux autres du monde dans la lutte ardue contre cette maladie mortelle. Le temps est venu de faire preuve d'un tel courage.

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