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French.xinhuanet.com | Publié le 2020-03-10 à 13:03
BRUXELLES, 9 mars (Xinhua) -- Après 100 jours d'exercice de ses fonctions, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a reconnu lundi que l'Union européenne (UE) se trouvait confrontée à un profond dilemme.
"Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un profond dilemme", a déclaré Mme von der Leyen à son auditoire bruxellois dans un discours marquant les 100 jours de sa prise de fonctions.
"Lorsque j'ai commencé il y a 100 jours, il y avait beaucoup de questions différentes et de nombreux dossiers épineux à l'ordre du jour, mais la déclaration UE-Turquie n'était pas remise en question", a-t-elle rappelé.
La dirigeante de l'organe administratif de l'UE a évoqué la grave situation actuelle à la frontière greco-turque, où des milliers de migrants tentant d'entrer dans l'espace européen en ont été empêchés, tandis qu'un nombre croissant de demandeurs d'asile débarquent par bateaux dans les îles grecques.
Elle a noté que les camps de réfugiés des îles grecques avaient déjà dépassé leur limite d'accueil, provoquant une crise humanitaire, en particulier pour les mineurs non accompagnés.
Soulignant l'absence de consensus au sein du bloc des 27 membres sur la façon de réinstaller les réfugiés, Mme von der Leyen a rappelé que des Etats membres, dont la France, le Portugal, le Luxembourg, la Finlande et l'Allemagne, avaient offert leur assistance pour accueillir ces mineurs.
Une autre situation critique est la ligne de front au sein du continent européen pour lutter contre l'épidémie de COVID-19. Le nouveau coronavirus a coûté la vie à plus de 400 patients sur les plus de 10.000 cas confirmés en Europe. L'Italie reste le pays le plus durement touché avec plus de 7.900 infections et 463 décès.
Mme von der Leyen a affirmé que ses collègues suivaient de près les développements en Italie, où le gouvernement a annoncé lundi un confinement à l'échelle nationale.
Elle a affirmé qu'il y avait une forte coordination en cours avec les dirigeants de l'Europe, et avec les institutions européennes comme la Banque centrale européennes (BCE) ou l'Eurogroupe pour traiter conjointement les impacts sur l'économie et la société.
Mme Von der Leyen a admis qu'il y avait un désaccord sur l'élaboration du prochain budget à long terme de l'UE.
"Dans les moments difficiles, nous sentons tous que les populations des Etats membres exigent davantage de l'Europe (...) Pourtant, sans un nouveau budget, nous ne serons pas en mesure de répondre (à la crise) de manière appropriée", a-t-elle estimé.
Elle a souligné que les institutions de l'UE étaient au bout du budget en cours et que la période actuelle était presque terminée. "Si je considère les tâches qui nous attendent, nous manquons de la flexibilité nécessaire pour agir en cas de crises telle que celle que nous traversons en ce moment", a-t-elle dit, appelant d'urgence les Etats membres à trouver un terrain d'entente afin d'aller de l'avant.
"Il est déjà très tard. Et nous avons vraiment besoin maintenant d'un accord commun sur le prochain budget pour les sept ans à venir", a-t-elle conclu.