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Les craintes envers la Chine tiennent-elles la route ?

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2020-02-21 à 14:33

Par Xin Jiyan

BEIJING, 21 février (Xinhua) -- Un certain nombre de commentateurs américains semblent avoir récemment commencé à redouter la Chine et le rôle qu'elle joue sur la scène mondiale, en particulier depuis l'épidémie du nouveau coronavirus, qui a éclaté dans la métropole chinoise de Wuhan (centre) et a touché depuis plus de 20 pays.

Outre la crise de santé publique, il existe cependant d'autres raisons pour lesquelles certains observateurs américains redoutent le pays le plus peuplé du monde.

Tout d'abord, il y a la crainte de l'effondrement de l'économie chinoise. La Chine est une économie d'importance systémique pour le monde entier. Ces dernières années, "l'usine du monde" est devenue le plus grand partenaire commercial de plus de 120 pays et territoires. Elle a été le plus grand contributeur à la croissance mondiale après la crise financière internationale de 2008, laquelle continue d'avoir des répercussions dans le monde entier. On s'attend également à ce qu'elle devienne le plus grand marché de consommation dans un avenir proche.

De fait, un effondrement de l'économie chinoise serait désastreux non seulement pour le pays lui-même, mais aussi pour le monde entier.

Deuxièmement, il y a la crainte des dégâts de la mondialisation.

Nombreux sont ceux qui craignent aujourd'hui que, dans ce monde fortement imbriqué, le nouveau coronavirus n'engendre une pandémie mondiale. Le défi auquel la Chine est aujourd'hui confrontée, comme l'a récemment affirmé une analyse de Voice of America, pourrait entraîner le chaos dans les transports, la production économique mondiale et dans la vie quotidienne. Sans parler des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, des matières premières et des marchés financiers, certains médias américains redoutent même que les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, dont le coup d'envoi est prévu dans environ six mois, ne soient confrontés à des difficultés inattendues.

D'autres analystes politiques, quant à eux, affirment que si l'empreinte géopolitique de Beijing se réduit en conséquence, cela entraînera des conséquences mondiales indésirables. Le protectionnisme, l'isolationnisme et l'unipolarisme pourraient conduire la communauté internationale en un territoire inconnu et très risqué.

Le troisième point - et peut-être le plus redoutable pour certains experts américains - est l'incroyable compétence de la Chine en matière de mobilité sociale.

Construire un hôpital en dix jours. Boucler une ville de plus de 10 millions d'habitants. Garder 1,4 milliard de personnes chez elles en auto-quarantaine. Une fois de plus, l'efficacité et l'autodiscipline de la Chine et de sa population se sont révélées être bien au-delà de la doxa occidentale habituelle. Comment ce pays colossal peut-il entreprendre des tâches herculéennes visiblement sans effort ?

Toutes ces craintes et inquiétudes, les faucons de Washington les associent souvent au puissant gouvernement chinois.

Editorialiste au Wall Street Journal (WSJ), Walter Russell Mead a écrit le 4 février que la Chine était "l'homme malade de l'Asie", ce qui a entraîné une vive réaction du ministère chinois des Affaires étrangères. Son éditorial a également provoqué l'envoi d'une pétition à la Maison Blanche soutenue par des milliers de Sino-américains se disant émotionnellement heurtés.

Un autre éditorial du WSJ daté du 29 janvier a qualifié le système politique chinois de "coronavirus communiste" qui "finira par nuire au monde, par accident ou à dessein".

Alors que le virus se propage au-delà de la Chine et que les gouvernements étrangers commencent à interdire l'entrée de leur territoire, des voyageurs chinois et des communautés chinoises aux Etats-Unis sont la cible d'une certaine colère, certains de ces incidents amplifiant des préjugés de longue date et un sentiment antichinois.

Une crainte plus profonde, comme l'a dit Michael Pillsbury, un conseiller officieux du président Donald Trump, est que les Etats-Unis puissent perdre leur suprématie au profit de ce pays asiatique ancien mais en développement.

"Dans une certaine mesure, la Chine nous contrôlera et nous deviendrons une colonie de la Chine", a récemment dit ce chercheur à l'Institut Hudson, un think tank basé à Washington, prédisant que "l'économie chinoise atteindra une taille trois fois supérieure à celle des Etats-Unis" en 2049.

En attendant, le sentiment d'unité et l'esprit de combat que cette épidémie de coronavirus a mis en lumière en Chine est peut-être l'aspect qui suscite le plus de craintes chez les observateurs américains.

Une agricultrice pauvre faisant don de toutes ses économies pour aider les médecins chinois à combattre le virus. Des milliers de bénévoles se joignant aux employés du secteur public pour aider à Wuhan. Des millions de Chinois d'outre-mer qui expédient des masques et d'autres équipements médicaux en Chine.

Pour la première fois peut-être, le monde extérieur observe pleinement le sens de la communauté de la Chine et sa capacité à se rassembler en cas de crise.

Néanmoins, l'épidémie n'est pas encore vaincue. Et bien que la crise ne soit pas terminée, il y a déjà au moins trois précieuses leçons à en tirer.

Premièrement, le monde fonctionne bien quand la Chine fonctionne bien.

Deuxièmement, l'épidémie de coronavirus ou une guerre commerciale avec les Etats-Unis peut ralentir l'économie chinoise, mais elle n'arrêtera pas sa croissance légitime.

Troisièmement, la Chine, comme tout autre pays dans le monde, a le droit de choisir sa propre voie de développement.

Et s'il est vrai que - comme dans pratiquement tous les pays - il y a beaucoup à améliorer et qu'une meilleure gouvernance est nécessaire en Chine, de telles choses prennent du temps.

Ce qui est certain, cependant, c'est que les événements récents ont montré au monde non seulement la détermination et la force du peuple chinois, mais aussi le rôle vital que joue la santé de la Chine dans l'équilibre délicat du monde.

Au lieu de prendre pour argent comptant ces craintes récemment générées, les sceptiques de la Chine devraient les considérer comme des occasions de s'améliorer, en transformant cette négativité en quelque chose de positif pour le plus grand bien de la planète.

Nous n'en sommes qu'aux premiers stades de cette épidémie de coronavirus, mais le monde constate déjà à quel point la Chine est devenue plus unie.

Comme le dit un vieux proverbe chinois, une grande détresse régénère une nation - et elle pourrait aussi régénérer le monde, si nous la laissons faire.

 
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Les craintes envers la Chine tiennent-elles la route ?

French.xinhuanet.com | Publié le 2020-02-21 à 14:33

Par Xin Jiyan

BEIJING, 21 février (Xinhua) -- Un certain nombre de commentateurs américains semblent avoir récemment commencé à redouter la Chine et le rôle qu'elle joue sur la scène mondiale, en particulier depuis l'épidémie du nouveau coronavirus, qui a éclaté dans la métropole chinoise de Wuhan (centre) et a touché depuis plus de 20 pays.

Outre la crise de santé publique, il existe cependant d'autres raisons pour lesquelles certains observateurs américains redoutent le pays le plus peuplé du monde.

Tout d'abord, il y a la crainte de l'effondrement de l'économie chinoise. La Chine est une économie d'importance systémique pour le monde entier. Ces dernières années, "l'usine du monde" est devenue le plus grand partenaire commercial de plus de 120 pays et territoires. Elle a été le plus grand contributeur à la croissance mondiale après la crise financière internationale de 2008, laquelle continue d'avoir des répercussions dans le monde entier. On s'attend également à ce qu'elle devienne le plus grand marché de consommation dans un avenir proche.

De fait, un effondrement de l'économie chinoise serait désastreux non seulement pour le pays lui-même, mais aussi pour le monde entier.

Deuxièmement, il y a la crainte des dégâts de la mondialisation.

Nombreux sont ceux qui craignent aujourd'hui que, dans ce monde fortement imbriqué, le nouveau coronavirus n'engendre une pandémie mondiale. Le défi auquel la Chine est aujourd'hui confrontée, comme l'a récemment affirmé une analyse de Voice of America, pourrait entraîner le chaos dans les transports, la production économique mondiale et dans la vie quotidienne. Sans parler des perturbations de la chaîne d'approvisionnement, des matières premières et des marchés financiers, certains médias américains redoutent même que les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, dont le coup d'envoi est prévu dans environ six mois, ne soient confrontés à des difficultés inattendues.

D'autres analystes politiques, quant à eux, affirment que si l'empreinte géopolitique de Beijing se réduit en conséquence, cela entraînera des conséquences mondiales indésirables. Le protectionnisme, l'isolationnisme et l'unipolarisme pourraient conduire la communauté internationale en un territoire inconnu et très risqué.

Le troisième point - et peut-être le plus redoutable pour certains experts américains - est l'incroyable compétence de la Chine en matière de mobilité sociale.

Construire un hôpital en dix jours. Boucler une ville de plus de 10 millions d'habitants. Garder 1,4 milliard de personnes chez elles en auto-quarantaine. Une fois de plus, l'efficacité et l'autodiscipline de la Chine et de sa population se sont révélées être bien au-delà de la doxa occidentale habituelle. Comment ce pays colossal peut-il entreprendre des tâches herculéennes visiblement sans effort ?

Toutes ces craintes et inquiétudes, les faucons de Washington les associent souvent au puissant gouvernement chinois.

Editorialiste au Wall Street Journal (WSJ), Walter Russell Mead a écrit le 4 février que la Chine était "l'homme malade de l'Asie", ce qui a entraîné une vive réaction du ministère chinois des Affaires étrangères. Son éditorial a également provoqué l'envoi d'une pétition à la Maison Blanche soutenue par des milliers de Sino-américains se disant émotionnellement heurtés.

Un autre éditorial du WSJ daté du 29 janvier a qualifié le système politique chinois de "coronavirus communiste" qui "finira par nuire au monde, par accident ou à dessein".

Alors que le virus se propage au-delà de la Chine et que les gouvernements étrangers commencent à interdire l'entrée de leur territoire, des voyageurs chinois et des communautés chinoises aux Etats-Unis sont la cible d'une certaine colère, certains de ces incidents amplifiant des préjugés de longue date et un sentiment antichinois.

Une crainte plus profonde, comme l'a dit Michael Pillsbury, un conseiller officieux du président Donald Trump, est que les Etats-Unis puissent perdre leur suprématie au profit de ce pays asiatique ancien mais en développement.

"Dans une certaine mesure, la Chine nous contrôlera et nous deviendrons une colonie de la Chine", a récemment dit ce chercheur à l'Institut Hudson, un think tank basé à Washington, prédisant que "l'économie chinoise atteindra une taille trois fois supérieure à celle des Etats-Unis" en 2049.

En attendant, le sentiment d'unité et l'esprit de combat que cette épidémie de coronavirus a mis en lumière en Chine est peut-être l'aspect qui suscite le plus de craintes chez les observateurs américains.

Une agricultrice pauvre faisant don de toutes ses économies pour aider les médecins chinois à combattre le virus. Des milliers de bénévoles se joignant aux employés du secteur public pour aider à Wuhan. Des millions de Chinois d'outre-mer qui expédient des masques et d'autres équipements médicaux en Chine.

Pour la première fois peut-être, le monde extérieur observe pleinement le sens de la communauté de la Chine et sa capacité à se rassembler en cas de crise.

Néanmoins, l'épidémie n'est pas encore vaincue. Et bien que la crise ne soit pas terminée, il y a déjà au moins trois précieuses leçons à en tirer.

Premièrement, le monde fonctionne bien quand la Chine fonctionne bien.

Deuxièmement, l'épidémie de coronavirus ou une guerre commerciale avec les Etats-Unis peut ralentir l'économie chinoise, mais elle n'arrêtera pas sa croissance légitime.

Troisièmement, la Chine, comme tout autre pays dans le monde, a le droit de choisir sa propre voie de développement.

Et s'il est vrai que - comme dans pratiquement tous les pays - il y a beaucoup à améliorer et qu'une meilleure gouvernance est nécessaire en Chine, de telles choses prennent du temps.

Ce qui est certain, cependant, c'est que les événements récents ont montré au monde non seulement la détermination et la force du peuple chinois, mais aussi le rôle vital que joue la santé de la Chine dans l'équilibre délicat du monde.

Au lieu de prendre pour argent comptant ces craintes récemment générées, les sceptiques de la Chine devraient les considérer comme des occasions de s'améliorer, en transformant cette négativité en quelque chose de positif pour le plus grand bien de la planète.

Nous n'en sommes qu'aux premiers stades de cette épidémie de coronavirus, mais le monde constate déjà à quel point la Chine est devenue plus unie.

Comme le dit un vieux proverbe chinois, une grande détresse régénère une nation - et elle pourrait aussi régénérer le monde, si nous la laissons faire.

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