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French.xinhuanet.com | Publié le 2020-02-17 à 21:13
PARIS, 17 février (Xinhua) -- Alors qu'une nouvelle journée de mobilisation contre la réforme des retraites se tient ce lundi, les députés français débutent l'examen du projet de loi proposé par le gouvernement.
Annoncé depuis plusieurs mois, le projet de réforme a suscité une vague de mouvements de grève d'une durée et d'une ampleur inédite en France, notamment dans les transports publics très fortement perturbés depuis décembre dernier.
Parmi les principales mesures du nouveau projet de loi cristallisant la contestation des salariés grévistes, figure l'instauration du régime universel des retraites, avec un système à points, remplaçant les 42 régimes spéciaux actuels appliqués à certaines corporations professionnelles comme les agriculteurs, les magistrats, les fonctionnaires ou encore les militaires et les pompiers.
Le système par points cumulés tout au long de l'activité professionnelle doit remplacer l'actuel système calculé sur la durée de cotisation et le niveau du salaire de référence qui correspond au six derniers mois dans le secteur public et aux 25 meilleures années dans le secteur privé.
Autre point sujet à de vives tensions entre le gouvernement et les principaux syndicats, l'instauration prévue d'un "âge d'équilibre" incitant les Français à partir à la retraite après l'âge légal de départ à la retraite maintenu à 62 ans. Ce principe s'appuie sur notamment sur un malus de 5% par an déduit en cas de départ à la retraite avant 62 ans, et de bonus supplémentaire de 5% par an en cas de départ à la retraite après l'âge légal.
Le gouvernement voulait porter l'âge d'équilibre à 64 ans à compter de 2027 mais les syndicats ont obtenu le retrait de cette mesure dans l'attente de solutions à trouver lors d'une conférence sur le financement du projet de loi qui débute cette semaine.
Le projet de loi prévoit aussi l'instauration d'une pension de retraite minimum de 1.000 euros net en 2022 qui atteindra ensuite 83% du Smic net en 2023, 84% en 2024 et 85% en 2025.
Le calendrier du projet de réforme, qui doit être adoptée à l'été pour une entrée en vigueur en 2025, a été récemment remis en cause par le Conseil constitutionnel, regrettant le manque de temps pour examiner la faisabilité de la nouvelle loi et émettant des critiques sur son financement.
Le président du Medef (syndicat du patronat), Geoffroy Roux de Bézieux, a estimé lundi sur RTL que "le calendrier dans lequel on est enfermé n'est pas tenable (...) On ne peut pas aller vers ce système sans avoir les réponses sur son financement".
Dans l'Hémicycle lundi, les députés de l'opposition notamment la gauche regroupant le Parti socialiste, le Parti communiste et La France insoumise, ont d'ores et déjà prévenu qu'ils déposeraient de nombreux amendements. Les débats doivent se tenir jusqu'au 3 mars.