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France : Emmanuel Macron livre ses réponses au grand débat national (SYNTHESE)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2019-04-26 à 08:51

PARIS, 25 avril (Xinhua) -- Le président français Emmanuel Macron a livré, jeudi lors d'une conférence de presse au Palais de l'Elysée, ses réponses au grand débat national lancé le 15 janvier dernier suite à la crise des "gilets jaunes".

Parmi ces mesures tant attendues figurent la baisse de l'impôt sur le revenu, la valorisation des retraites de moins de 2.000 euros, la création d'un conseil de participation citoyenne ou encore la création d'une convention collective dans le cadre de la transition écologique.

Le président Macron a décidé de remettre "l'humain et la justice" au cœur de son projet national afin de répondre au sentiment d'injustice fiscale, territoriale et sociale qui s'est exprimé à travers le grand débat national et à travers le mouvement des "gilets jaunes". Une décision qui passe au plan fiscal par une baisse "significative" de l'impôt sur le revenu.

"J'ai demandé au gouvernement de mettre en œuvre cette baisse d'impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique", a-t-il déclaré.

Selon lui, la baisse de l'impôt sur le revenu est la meilleure orientation pour répondre aux demandes de justice fiscale. Il a toutefois dégagé toute idée de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) comme l'ont souhaité les "gilets jaunes". "Elle (la suppression de l'ISF) relève du simple pragmatisme et, sera évaluée en 2020. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons. C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés", s'est à nouveau défendu le président.

Emmanuel Macron a aussi annoncé une revalorisation en 2020 des pensions de retraite inférieures à 2.000 euros le mois, et a dit vouloir mettre en place un "seuil minimal" de 1.000 euros par mois pour le "minimum contributif, c'est-à-dire la retraite minimale qu'on touche quand on a travaillé durant sa vie".

Sur le plan démocratique, Emmanuel Macron a dit ne pas être favorable au référendum d'initiative citoyenne (RIC), au cœur des revendications des "gilets jaunes", mais plutôt au référendum d'initiative partagée déjà prévu par la Constitution.

"Je souhaite que nous puissions aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée en simplifiant les règles et en permettant que les initiatives puissent venir de citoyens. Par exemple (...), un million de citoyens qui signeraient une pétition puissent prospérer un projet de loi, et si elle n'est pas examiné par les Assemblées, aller au référendum."

Emmanuel Macron a également proposé un renforcement du droit de pétition au niveau local, en définissant une forme de droit d'interpellation des élus, au-delà d'un seuil qui sera à définir, afin que les citoyens puissent obtenir l'inscription d'un sujet à l'ordre du jour d'une assemblée locale.

Autre nouvelle annonce, la création d'un conseil de participation citoyenne qui sera composé de 150 personnes tirées au sort pour réfléchir à la transition écologique. Mais aussi la création d'un Conseil de défense écologique qui sera présidé par le président de la République, et réunir le Premier ministre, les ministres concernés et les "grands opérateurs de l'Etat".

Le président français a également annoncé un nouvel acte de décentralisation pour 2020 sur les politiques de la vie quotidienne qui va s'appuyer sur des principes de "responsabilité, lisibilité et financement". "Il faut un transfert des compétences en supprimant les doublons, des financements et transfert de la responsabilité démocratique. Car il y a une perte de repère et de clarté démocratique dans le système qui fonctionne aujourd'hui", a-t-il expliqué.

Le discours du président a vite fait réagir ses opposants qui se disent déçus des réponses apportées à la crise. "Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant comme il vient de le faire", a réagi sur sa page le leader de la France insoumise Jaean-Luc Mélenchon.

Pour le député Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France, il s'agit des "micro-mesures qui ne sont pas à la hauteur de la détresse des Français". "Pas d'économies sur les gaspillages. Pas de vraie relance pour le pouvoir d'achat. Pas d'annonces pour relancer la croissance et créer des emplois", a déclaré M. Dupont-Aignan sur Cnews.

"Encore une fois Emmanuel Macron demande des efforts aux travailleurs, mais à aucun moment on ne demande d'efforts à ceux qui brassent des millions", a critiqué dans un communiqué le Parti socialiste.

Même réponse du côté des "gilets jaunes" qui n'ont pas non plus été convaincus par le président. Priscillia Ludosky, une des figures du mouvement des "gilets jaunes", a listé les dates des prochaines manifestations en réponse au discours du président Macron.

 
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France : Emmanuel Macron livre ses réponses au grand débat national (SYNTHESE)

French.xinhuanet.com | Publié le 2019-04-26 à 08:51

PARIS, 25 avril (Xinhua) -- Le président français Emmanuel Macron a livré, jeudi lors d'une conférence de presse au Palais de l'Elysée, ses réponses au grand débat national lancé le 15 janvier dernier suite à la crise des "gilets jaunes".

Parmi ces mesures tant attendues figurent la baisse de l'impôt sur le revenu, la valorisation des retraites de moins de 2.000 euros, la création d'un conseil de participation citoyenne ou encore la création d'une convention collective dans le cadre de la transition écologique.

Le président Macron a décidé de remettre "l'humain et la justice" au cœur de son projet national afin de répondre au sentiment d'injustice fiscale, territoriale et sociale qui s'est exprimé à travers le grand débat national et à travers le mouvement des "gilets jaunes". Une décision qui passe au plan fiscal par une baisse "significative" de l'impôt sur le revenu.

"J'ai demandé au gouvernement de mettre en œuvre cette baisse d'impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique", a-t-il déclaré.

Selon lui, la baisse de l'impôt sur le revenu est la meilleure orientation pour répondre aux demandes de justice fiscale. Il a toutefois dégagé toute idée de rétablir l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) comme l'ont souhaité les "gilets jaunes". "Elle (la suppression de l'ISF) relève du simple pragmatisme et, sera évaluée en 2020. Si elle n'est pas efficace, nous la corrigerons. C'est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés", s'est à nouveau défendu le président.

Emmanuel Macron a aussi annoncé une revalorisation en 2020 des pensions de retraite inférieures à 2.000 euros le mois, et a dit vouloir mettre en place un "seuil minimal" de 1.000 euros par mois pour le "minimum contributif, c'est-à-dire la retraite minimale qu'on touche quand on a travaillé durant sa vie".

Sur le plan démocratique, Emmanuel Macron a dit ne pas être favorable au référendum d'initiative citoyenne (RIC), au cœur des revendications des "gilets jaunes", mais plutôt au référendum d'initiative partagée déjà prévu par la Constitution.

"Je souhaite que nous puissions aller plus loin sur le référendum d'initiative partagée en simplifiant les règles et en permettant que les initiatives puissent venir de citoyens. Par exemple (...), un million de citoyens qui signeraient une pétition puissent prospérer un projet de loi, et si elle n'est pas examiné par les Assemblées, aller au référendum."

Emmanuel Macron a également proposé un renforcement du droit de pétition au niveau local, en définissant une forme de droit d'interpellation des élus, au-delà d'un seuil qui sera à définir, afin que les citoyens puissent obtenir l'inscription d'un sujet à l'ordre du jour d'une assemblée locale.

Autre nouvelle annonce, la création d'un conseil de participation citoyenne qui sera composé de 150 personnes tirées au sort pour réfléchir à la transition écologique. Mais aussi la création d'un Conseil de défense écologique qui sera présidé par le président de la République, et réunir le Premier ministre, les ministres concernés et les "grands opérateurs de l'Etat".

Le président français a également annoncé un nouvel acte de décentralisation pour 2020 sur les politiques de la vie quotidienne qui va s'appuyer sur des principes de "responsabilité, lisibilité et financement". "Il faut un transfert des compétences en supprimant les doublons, des financements et transfert de la responsabilité démocratique. Car il y a une perte de repère et de clarté démocratique dans le système qui fonctionne aujourd'hui", a-t-il expliqué.

Le discours du président a vite fait réagir ses opposants qui se disent déçus des réponses apportées à la crise. "Macron sait-il que son discours était censé conclure la crise politique ? Il vient de la relancer en se défilant comme il vient de le faire", a réagi sur sa page le leader de la France insoumise Jaean-Luc Mélenchon.

Pour le député Nicolas Dupont-Aignan de Debout la France, il s'agit des "micro-mesures qui ne sont pas à la hauteur de la détresse des Français". "Pas d'économies sur les gaspillages. Pas de vraie relance pour le pouvoir d'achat. Pas d'annonces pour relancer la croissance et créer des emplois", a déclaré M. Dupont-Aignan sur Cnews.

"Encore une fois Emmanuel Macron demande des efforts aux travailleurs, mais à aucun moment on ne demande d'efforts à ceux qui brassent des millions", a critiqué dans un communiqué le Parti socialiste.

Même réponse du côté des "gilets jaunes" qui n'ont pas non plus été convaincus par le président. Priscillia Ludosky, une des figures du mouvement des "gilets jaunes", a listé les dates des prochaines manifestations en réponse au discours du président Macron.

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