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La tournée du PM chinois en Eurasie vise à y renforcer la connectivité et l'ouverture (PAPIER GENERAL)

 
French.xinhuanet.com | Publié le 2018-10-11 à 18:52

BEIJING, 11 octobre (Xinhua) -- Le Premier ministre chinois Li Keqiang entame ce jeudi une tournée de neuf jours au Tadjikistan, aux Pays-Bas et en Belgique marquée par le souci de renforcer la coopération et la connectivité en Eurasie face aux tendances croissantes à l'isolationnisme et au protectionnisme.

Outre les visites officielles dans ces pays, il participera à la 17e réunion du conseil des chefs de gouvernement de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et au 12e sommet du Dialogue Asie-Europe (ASEM).

De Douchanbé, au coeur du continent eurasiatique, à Bruxelles, siège de l'Union européenne, cette tournée importante illustre les efforts et la volonté de la Chine de trouver davantage d'opportunités et de consolider les consensus avec ses partenaires afin de bâtir une région plus coopérative, plus ouverte et plus intégrée.

DES RELATIONS PLUS PROCHES EN EURASIE

Cette tournée eurasiatique du Premier ministre chinois, qui est presque devenue un rituel annuel ces cinq dernières années, est considérée comme faisant partie de la stratégie à long terme de la Chine pour tirer parti des atouts géopolitiques et briser les barrières parmi les pays eurasiatiques.

La masse continentale combinée de l'Eurasie, qui va du Pacifique à l'Atlantique, est assez grande pour abriter les deux tiers de la population mondiale.

Avec les énormes potentiels de croissance de la coopération multilatérale dans tous les domaines, il est dans l'intérêt de l'Asie et de l'Europe de développer des relations pour forger des liens plus forts et plus étroits.

Pendant son déplacement, M. Li doit participer à la réunion des Premiers ministres de l'OCS, un grand rassemblement annuel destiné à élargir la coopération tous azimuts et à promouvoir la stabilité dans la région.

Il doit également prononcer un important discours sur l'économie et le commerce mondiaux lors de sa visite aux Pays-Bas. A Bruxelles, lors du sommet de l'ASEM, le plus grand forum intergouvernemental eurasiatique de haut niveau, il doit présenter les initiatives de son pays en faveur de la coopération eurasiatique et appeler à intensifier les partenariats.

Considérées comme deux grandes plateformes de communication et de coopération, l'OCS et l'ASEM ont été créées pour rapprocher entre eux les pays de cette masse continentale.

Jin Ling, directrice adjointe du département des études européennes à l'Institut chinois des études internationales, estime que dans les circonstances actuelles, l'Asie et l'Europe, tous deux moteurs principaux de l'économie mondiale, partagent une aspiration croissante à une coopération mutuellement bénéfique et une prospérité commune.

CONNECTER L'EURASIE PAR L'ICR

Parmi toutes les tentatives entreprises pour que l'Eurasie parvienne à un développement global, l'Initiative chinoise "la Ceinture et la Route" (ICR) sort du lot.

Cette initiative proposée il y a cinq ans, englobant la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route maritime de la soie du XXIe siècle, a renforcé la connectivité régionale par l'amélioration des réseaux routiers, facilitant le commerce, les investissements et les échanges entre peuples.

Le Tadjikistan, un pays d'Asie centrale enclavé, illustre tout l'intérêt à rejoindre l'ICR.

Les échanges commerciaux entre la Chine et le Tadjikistan se sont élevés à plus de 780 millions de dollars au cours des sept premiers mois de l'année, soit +18,9% par rapport à la même période l'an dernier. Ce pays progresse grâce à de grands projets d'infrastructures, dont des usines, des routes et des centrales électriques.

L'ICR supprime les barrières entre pays voisins, résume Liu Mingli, directeur adjoint de l'Institut des études européennes au sein de l'Institut chinois des relations internationales contemporaines, ajoutant que l'Asie centrale a beaucoup plus attiré l'attention du monde ces dernières années grâce à son adhésion à l'ICR.

"Pendant longtemps, le rôle joué par les pays d'Asie centrale a été oublié, alors que ces pays ont de grands potentiels de développement", dit-il.

L'ICR est également adoptée par l'Europe. Les Pays-Bas, première destination des investissements chinois dans l'Union européenne (UE), sont redevenus le deuxième partenaire commercial de la Chine dans l'UE au cours du second semestre 2017. Les deux pays partagent un grand nombre d'objectifs communs et oeuvrent ensemble à défendre le libre-échange et la mondialisation.

Selon le ministre assistant chinois des Affaires étrangères, Zhang Hanhui, Li Keqiang devrait discuter avec des dirigeants asiatiques et européens d'une coopération plus étroite dans le cadre de l'ICR afin de renforcer la connectivité eurasiatique. La stratégie récemment adoptée par l'UE dans ce domaine sera bien entendu abordée.

Malgré le fait que certains médias considèrent cette stratégie européenne comme concurrente de l'ICR, M. Liu y décèle plutôt une source de consultation et de coopération.

"Davantage de stratégies de développement offriront davantage de voies, permettant aux pays de choisir laquelle conviendra le mieux à leurs besoins", explique-t-il.

UNE EURASIE CONTRE L'UNILATERALISME

Compte tenu des évolutions profondes des schémas mondiaux et des relations entre grandes puissances, une Eurasie davantage connectée est plus que jamais nécessaire pour résister à l'effet d'érosion de l'unilatéralisme et du protectionnisme.

Face à ces nombreux défis extérieurs, les réponses de la Chine sont toujours claires et fermes. Du sommet de l'OCS à Qingdao en juin dernier à la Foire internationale des importations de Chine (CIIE) en novembre prochain à Shanghai, la Chine collabore avec plusieurs pays pour montrer au monde son engagement en faveur de la coopération et de l'ouverture.

Lors des précédentes réunions de l'ASEM, la partie chinoise a présenté au total plus de 30 propositions de coopération pratique, dont la plus récente est la création d'un groupe de travail sur la connectivité dans le cadre de l'ASEM.

Lors du Forum d'été de Davos en septembre dernier à Tianjin (nord de la Chine), Li Keqiang a annoncé une série de mesures visant à réduire davantage les charges des entreprises, à faciliter l'accès au marché et à améliorer le climat des affaires, réitérant l'engagement de la Chine à s'ouvrir et à soutenir la mondialisation.

En tant que fervents défenseurs et bénéficiaires du système global de libre-échange, l'Asie et l'Europe devraient renforcer leurs relations commerciales et lutter contre l'unilatéralisme croissant, insiste Mme Jin.

Ce faisant, elles enverront un message à la fois très clair et positif qu'elles œuvreront en faveur d'un monde plus multilatéral, selon elle.

"L'Asie et l'Europe saisiront cette occasion pour conjuguer leurs efforts en vue de préserver le multilatéralisme et un ordre international basé sur des règles et le droit international afin de contribuer à la paix, au développement et à la stabilité du monde", avait déclaré Zhang Jun, ministre assistant chinois des Affaires étrangères, lors d'un point de presse avant la tournée du Premier ministre.

 
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La tournée du PM chinois en Eurasie vise à y renforcer la connectivité et l'ouverture (PAPIER GENERAL)

French.xinhuanet.com | Publié le 2018-10-11 à 18:52

BEIJING, 11 octobre (Xinhua) -- Le Premier ministre chinois Li Keqiang entame ce jeudi une tournée de neuf jours au Tadjikistan, aux Pays-Bas et en Belgique marquée par le souci de renforcer la coopération et la connectivité en Eurasie face aux tendances croissantes à l'isolationnisme et au protectionnisme.

Outre les visites officielles dans ces pays, il participera à la 17e réunion du conseil des chefs de gouvernement de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et au 12e sommet du Dialogue Asie-Europe (ASEM).

De Douchanbé, au coeur du continent eurasiatique, à Bruxelles, siège de l'Union européenne, cette tournée importante illustre les efforts et la volonté de la Chine de trouver davantage d'opportunités et de consolider les consensus avec ses partenaires afin de bâtir une région plus coopérative, plus ouverte et plus intégrée.

DES RELATIONS PLUS PROCHES EN EURASIE

Cette tournée eurasiatique du Premier ministre chinois, qui est presque devenue un rituel annuel ces cinq dernières années, est considérée comme faisant partie de la stratégie à long terme de la Chine pour tirer parti des atouts géopolitiques et briser les barrières parmi les pays eurasiatiques.

La masse continentale combinée de l'Eurasie, qui va du Pacifique à l'Atlantique, est assez grande pour abriter les deux tiers de la population mondiale.

Avec les énormes potentiels de croissance de la coopération multilatérale dans tous les domaines, il est dans l'intérêt de l'Asie et de l'Europe de développer des relations pour forger des liens plus forts et plus étroits.

Pendant son déplacement, M. Li doit participer à la réunion des Premiers ministres de l'OCS, un grand rassemblement annuel destiné à élargir la coopération tous azimuts et à promouvoir la stabilité dans la région.

Il doit également prononcer un important discours sur l'économie et le commerce mondiaux lors de sa visite aux Pays-Bas. A Bruxelles, lors du sommet de l'ASEM, le plus grand forum intergouvernemental eurasiatique de haut niveau, il doit présenter les initiatives de son pays en faveur de la coopération eurasiatique et appeler à intensifier les partenariats.

Considérées comme deux grandes plateformes de communication et de coopération, l'OCS et l'ASEM ont été créées pour rapprocher entre eux les pays de cette masse continentale.

Jin Ling, directrice adjointe du département des études européennes à l'Institut chinois des études internationales, estime que dans les circonstances actuelles, l'Asie et l'Europe, tous deux moteurs principaux de l'économie mondiale, partagent une aspiration croissante à une coopération mutuellement bénéfique et une prospérité commune.

CONNECTER L'EURASIE PAR L'ICR

Parmi toutes les tentatives entreprises pour que l'Eurasie parvienne à un développement global, l'Initiative chinoise "la Ceinture et la Route" (ICR) sort du lot.

Cette initiative proposée il y a cinq ans, englobant la Ceinture économique de la Route de la soie et la Route maritime de la soie du XXIe siècle, a renforcé la connectivité régionale par l'amélioration des réseaux routiers, facilitant le commerce, les investissements et les échanges entre peuples.

Le Tadjikistan, un pays d'Asie centrale enclavé, illustre tout l'intérêt à rejoindre l'ICR.

Les échanges commerciaux entre la Chine et le Tadjikistan se sont élevés à plus de 780 millions de dollars au cours des sept premiers mois de l'année, soit +18,9% par rapport à la même période l'an dernier. Ce pays progresse grâce à de grands projets d'infrastructures, dont des usines, des routes et des centrales électriques.

L'ICR supprime les barrières entre pays voisins, résume Liu Mingli, directeur adjoint de l'Institut des études européennes au sein de l'Institut chinois des relations internationales contemporaines, ajoutant que l'Asie centrale a beaucoup plus attiré l'attention du monde ces dernières années grâce à son adhésion à l'ICR.

"Pendant longtemps, le rôle joué par les pays d'Asie centrale a été oublié, alors que ces pays ont de grands potentiels de développement", dit-il.

L'ICR est également adoptée par l'Europe. Les Pays-Bas, première destination des investissements chinois dans l'Union européenne (UE), sont redevenus le deuxième partenaire commercial de la Chine dans l'UE au cours du second semestre 2017. Les deux pays partagent un grand nombre d'objectifs communs et oeuvrent ensemble à défendre le libre-échange et la mondialisation.

Selon le ministre assistant chinois des Affaires étrangères, Zhang Hanhui, Li Keqiang devrait discuter avec des dirigeants asiatiques et européens d'une coopération plus étroite dans le cadre de l'ICR afin de renforcer la connectivité eurasiatique. La stratégie récemment adoptée par l'UE dans ce domaine sera bien entendu abordée.

Malgré le fait que certains médias considèrent cette stratégie européenne comme concurrente de l'ICR, M. Liu y décèle plutôt une source de consultation et de coopération.

"Davantage de stratégies de développement offriront davantage de voies, permettant aux pays de choisir laquelle conviendra le mieux à leurs besoins", explique-t-il.

UNE EURASIE CONTRE L'UNILATERALISME

Compte tenu des évolutions profondes des schémas mondiaux et des relations entre grandes puissances, une Eurasie davantage connectée est plus que jamais nécessaire pour résister à l'effet d'érosion de l'unilatéralisme et du protectionnisme.

Face à ces nombreux défis extérieurs, les réponses de la Chine sont toujours claires et fermes. Du sommet de l'OCS à Qingdao en juin dernier à la Foire internationale des importations de Chine (CIIE) en novembre prochain à Shanghai, la Chine collabore avec plusieurs pays pour montrer au monde son engagement en faveur de la coopération et de l'ouverture.

Lors des précédentes réunions de l'ASEM, la partie chinoise a présenté au total plus de 30 propositions de coopération pratique, dont la plus récente est la création d'un groupe de travail sur la connectivité dans le cadre de l'ASEM.

Lors du Forum d'été de Davos en septembre dernier à Tianjin (nord de la Chine), Li Keqiang a annoncé une série de mesures visant à réduire davantage les charges des entreprises, à faciliter l'accès au marché et à améliorer le climat des affaires, réitérant l'engagement de la Chine à s'ouvrir et à soutenir la mondialisation.

En tant que fervents défenseurs et bénéficiaires du système global de libre-échange, l'Asie et l'Europe devraient renforcer leurs relations commerciales et lutter contre l'unilatéralisme croissant, insiste Mme Jin.

Ce faisant, elles enverront un message à la fois très clair et positif qu'elles œuvreront en faveur d'un monde plus multilatéral, selon elle.

"L'Asie et l'Europe saisiront cette occasion pour conjuguer leurs efforts en vue de préserver le multilatéralisme et un ordre international basé sur des règles et le droit international afin de contribuer à la paix, au développement et à la stabilité du monde", avait déclaré Zhang Jun, ministre assistant chinois des Affaires étrangères, lors d'un point de presse avant la tournée du Premier ministre.

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