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French.xinhuanet.com | Publié le 2018-09-02 à 14:49
BRAZZAVILLE, 2 septembre (Xinhua) -- La coopération sino-africaine est sur la bonne voie, quoi qu'en disent certains critiques, assure le président congolais, Denis Sassou Nguesso, dans une interview accordée à Xinhua à la veille du sommet 2018 du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), auquel il participera les 3 et 4 septembre à Beijing.
"Nous pensons que nous sommes sur la bonne voie, pas seulement le Congo, mais toute l'Afrique. Je suis confiant quant à cette coopération qui existe entre l'Afrique et la Chine", dit le président congolais.
Face aux attaques contre le rapprochement sino-africain qui ont commencé à circuler dans la presse occidentale pratiquement dès que la Chine et l'Afrique ont décidé d'approfondir leur coopération, M. Sassou Nguesso juge n'avoir "pas d'inquiétude" à ce sujet. "Au contraire, nous pensons que nous allons travailler pour développer cette coopération. La population congolaise qui est témoin de ces évolutions la salue et souhaite son développement."
Quant au thème de l'édition 2018 du FCSA "Chine et Afrique : vers une communauté de destin encore plus solide via une coopération gagnant-gagnant", il y voit une "grande idée". "Les peuples chinois et africains, à travers l'histoire, ont connu des situations presque similaires. Ce sont des peuples qui ont été dominés, qui ont été opprimés, qui ont été exploités et qui ont, comme tout peuple du monde, une aspiration à la liberté aussi, qui ont ensemble lutté et se sont soutenus mutuellement pour se libérer et se sont libérés ensemble. Aujourd'hui, ils ont choisi de cheminer ensemble pour le développement, le bien-être économique et social."
A en croire le numéro un congolais, l'initiative chinoise "la Ceinture et la Route" intègre "harmonieusement" les Objectifs de développement durable (ODD) définis par les Nations Unies et l'Agenda 2063 de l'Union africaine. "L'Afrique en 2063 aura plus de deux milliards d'habitants. Ayant intégré l'initiative chinoise avec des infrastructures qui traversent l'Afrique, les chemins de fer, les routes et les autres programmes de développement, ce continent s'intégrera mieux à l'économie mondiale", veut-il croire.
Dans la mondialisation actuelle, "il y a des défis importants que nous devons relever ensemble, à savoir le terrorisme, l'insécurité et le changement climatique, etc. Ce sont des situations qui sont liées et qui touchent tous les peuples du monde à la fois", observe le président congolais. "Donc je pense qu'un sommet qui réunit la Chine et l'Afrique, c'est déjà un maillon important de ce projet qui devrait faire que les peuples du monde se mettent ensemble, conjuguent leurs efforts ensemble pour relever ces défis."
Lors du sommet 2015 du FCSA à Johannesburg, le président chinois Xi Jinping avait dévoilé les grands axes de la coopération sino-africaine. "Au Congo, il y a la matérialisation de cette orientation qui fait que la coopération entre la Chine et l'Afrique est fortement basée sur l'amitié sincère, le respect réciproque", se félicite le président congolais.
La coopération entre le Congo et la Chine remonte à 1964. En l'espace de plus d'un demi-siècle, il y a eu des avancées considérables, des réalisations très importantes en ce qui concerne le Congo, rappelle M. Sassou Nguesso.
Le Congo a accédé à l'indépendance en 1960. "Beaucoup de personnes ne le savent pas qu'au Congo à l'époque il n'y avait pas un seul kilomètre de route bitumée en dehors des quelques ruelles bitumées à Brazzaville et à Pointe-Noire. Et même dans ce cas, les ruelles bitumées étaient principalement dans la partie dite européenne de la ville et non pas dans la partie indigène de la ville de Brazzaville ou de Pointe-Noire", selon lui.
Mais "grâce à la coopération sino-congolaise, nous avons pu construire aujourd'hui la route Pointe-Noire à Brazzaville", se félicite-t-il. "Aujourd'hui, de nuit comme de jour, les véhicules peuvent aller et venir entre le port en eaux profondes de Pointe-Noire et Brazzaville sur le bord du grand fleuve Congo, favorisant ainsi la circulation des personnes, des biens" et représentant "une importance économique, sociale et culturelle immense", salue le chef de l'Etat congolais.