Soupçons de financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen et placé sous contrôle judiciaire (SYNTHESE)

                 French.xinhuanet.com | Publié le 2018-03-22 à 16:44


(Photo d'archives: Xinhua/Hubert Lechat)

PARIS, 22 mars (Xinhua) -- L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens" dans le cadre de l'enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Selon le journal Le Monde qui a donné l'information, l'ancien président français est également placé sous contrôle judiciaire.

Placé en garde à vue depuis mardi, M. Sarkozy a été mis en examen mercredi soir après près de 27 heures d'audition à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de Nanterre, à l'ouest de Paris.

La justice française, qui a ouvert une information judiciaire sur ce dossier depuis 2013, soupçonne M. Sarkozy d'avoir financé sa campagne victorieuse de 2007 avec de l'argent du régime libyen alors dirigé par Mouammar Kadhafi.

A l'origine de ses soupçons, une enquête du site Mediapart publiée en 2012 qui fait état d'un financement de la campagne de M. Sarkozy en 2007 par la Libye. Une accusation confirmée par plusieurs dignitaires du régime libyen, dont Abdallah Senoussi, ancien directeur du renseignement militaire de la Libye.

Depuis, la justice française est à la trousse des protagonistes de l'enquête sur le financement libyen. Claude Guéant, ancien directeur de cabinet de M. Sarkozy, est le premier à être mis en examen en 2015 "pour faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale" dans le cadre de cette enquête.

L'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine, qui a assuré avoir transporté cinq millions d'euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2016 et début 2007, sera à son tour mis en examen en 2016 pour "complicité de corruption d'agent public et complicité de détournements de fonds publics en Libye".

M. Takieddine a réaffirmé ses propos mercredi avec plus de détails sur BFMTV : "J'ai remis à M. Claude Guéant une de ses valises qui contenait 1,5 million, c'était le départ. Ensuite 2 millions à M. Sarkozy dans son appartement, et c'était dans une valise aussi. Le troisième, c'était les deux, Sarkozy et Guéant, au ministère de l'Intérieur", a-t-il indiqué.

Le troisième homme en attente d'être extradé en France pour y être entendu est l'homme d'affaire Alexandre Djouhri, arrêté en janvier dernier à Londres. M. Djouhri, également soupçonné d'avoir joué un rôle d'intermédiaire dans le système de transit d'argent de Tripoli vers Paris, n'a jamais répondu à la convocation des magistrats.

Selon Me Philippe Bouchez el-Ghozi, avocat de Claude Guéant, le dossier ne repose que sur des accusations de Ziad Takieddine et d'un certain nombre d'anciens dignitaires libyens, notamment Abdallah Senoussi. Or, "il n'y a aucune justification concrète que des accusations", a-t-il déploré sur BFMTV.

La garde à vue de l'ancien président a fait réagir la classe politique. Les Républicains (LR), parti de M. Sarkozy, a tenu un point de presse mardi dernier à l'Assemblée nationale pour lui apporter son soutien.

"Ce qui surprend, c'est ce que je considère comme étant de l'acharnement. Onze ans après, à quoi tout cela rime?", s'est demandé le président du groupe LR, Christian Jacob tout en exprimant à M. Sarkozy le soutien du groupe des députés républicains.

Pour le Front national, cette affaire est la preuve qu'il y a un "dysfonctionnement majeur" de la justice et des institutions judiciaires. "On sait que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été marqué par les affaires de fric. Onze ans après, placer l'ancien président en garde à vue montre que la justice ne fonctionne pas bien", a dit le député FN Sébatien Chénu.

Quant aux partis de gauche, ils souhaitent que l'enquête aille jusqu'au bout. "Sarkozy doit s'expliquer", estime le député et porte-parole de la France insoumise (FI) Alexis Corbière. "Il était temps parce que cette affaire remonte à 2007 (...) Je souhaite que l'enquête puisse aller jusqu'au bout et que justice soit faite", a ajouté sa collègue FI Clémentine Autain.

L'ancienne candidate perdante face à Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal s'est félicité sur son compte Twitter de l'avancée de la justice. "Malgré des conditions difficiles, la justice avance. Ma pensée va aux millions de citoyens qui ont le droit de savoir si le match était à armes égales", écrit-elle.

Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen dans l'affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne de 2012. Il est également mis en examen pour "trafic d'influence, corruption et recel de violation du secret professionnel" dans l'affaire des écoutes téléphoniques.

 
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Soupçons de financement libyen : Nicolas Sarkozy mis en examen et placé sous contrôle judiciaire (SYNTHESE)

Publié le 2018-03-22 à 16:44 | french.xinhuanet.com


(Photo d'archives: Xinhua/Hubert Lechat)

PARIS, 22 mars (Xinhua) -- L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été mis en examen mercredi pour "corruption passive, financement illégal de campagne électorale et recel de fonds publics libyens" dans le cadre de l'enquête sur le financement libyen de sa campagne de 2007. Selon le journal Le Monde qui a donné l'information, l'ancien président français est également placé sous contrôle judiciaire.

Placé en garde à vue depuis mardi, M. Sarkozy a été mis en examen mercredi soir après près de 27 heures d'audition à l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) de Nanterre, à l'ouest de Paris.

La justice française, qui a ouvert une information judiciaire sur ce dossier depuis 2013, soupçonne M. Sarkozy d'avoir financé sa campagne victorieuse de 2007 avec de l'argent du régime libyen alors dirigé par Mouammar Kadhafi.

A l'origine de ses soupçons, une enquête du site Mediapart publiée en 2012 qui fait état d'un financement de la campagne de M. Sarkozy en 2007 par la Libye. Une accusation confirmée par plusieurs dignitaires du régime libyen, dont Abdallah Senoussi, ancien directeur du renseignement militaire de la Libye.

Depuis, la justice française est à la trousse des protagonistes de l'enquête sur le financement libyen. Claude Guéant, ancien directeur de cabinet de M. Sarkozy, est le premier à être mis en examen en 2015 "pour faux et usage de faux et blanchiment de fraude fiscale" dans le cadre de cette enquête.

L'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine, qui a assuré avoir transporté cinq millions d'euros en liquide de Tripoli à Paris entre fin 2016 et début 2007, sera à son tour mis en examen en 2016 pour "complicité de corruption d'agent public et complicité de détournements de fonds publics en Libye".

M. Takieddine a réaffirmé ses propos mercredi avec plus de détails sur BFMTV : "J'ai remis à M. Claude Guéant une de ses valises qui contenait 1,5 million, c'était le départ. Ensuite 2 millions à M. Sarkozy dans son appartement, et c'était dans une valise aussi. Le troisième, c'était les deux, Sarkozy et Guéant, au ministère de l'Intérieur", a-t-il indiqué.

Le troisième homme en attente d'être extradé en France pour y être entendu est l'homme d'affaire Alexandre Djouhri, arrêté en janvier dernier à Londres. M. Djouhri, également soupçonné d'avoir joué un rôle d'intermédiaire dans le système de transit d'argent de Tripoli vers Paris, n'a jamais répondu à la convocation des magistrats.

Selon Me Philippe Bouchez el-Ghozi, avocat de Claude Guéant, le dossier ne repose que sur des accusations de Ziad Takieddine et d'un certain nombre d'anciens dignitaires libyens, notamment Abdallah Senoussi. Or, "il n'y a aucune justification concrète que des accusations", a-t-il déploré sur BFMTV.

La garde à vue de l'ancien président a fait réagir la classe politique. Les Républicains (LR), parti de M. Sarkozy, a tenu un point de presse mardi dernier à l'Assemblée nationale pour lui apporter son soutien.

"Ce qui surprend, c'est ce que je considère comme étant de l'acharnement. Onze ans après, à quoi tout cela rime?", s'est demandé le président du groupe LR, Christian Jacob tout en exprimant à M. Sarkozy le soutien du groupe des députés républicains.

Pour le Front national, cette affaire est la preuve qu'il y a un "dysfonctionnement majeur" de la justice et des institutions judiciaires. "On sait que le quinquennat de Nicolas Sarkozy a été marqué par les affaires de fric. Onze ans après, placer l'ancien président en garde à vue montre que la justice ne fonctionne pas bien", a dit le député FN Sébatien Chénu.

Quant aux partis de gauche, ils souhaitent que l'enquête aille jusqu'au bout. "Sarkozy doit s'expliquer", estime le député et porte-parole de la France insoumise (FI) Alexis Corbière. "Il était temps parce que cette affaire remonte à 2007 (...) Je souhaite que l'enquête puisse aller jusqu'au bout et que justice soit faite", a ajouté sa collègue FI Clémentine Autain.

L'ancienne candidate perdante face à Nicolas Sarkozy à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal s'est félicité sur son compte Twitter de l'avancée de la justice. "Malgré des conditions difficiles, la justice avance. Ma pensée va aux millions de citoyens qui ont le droit de savoir si le match était à armes égales", écrit-elle.

Nicolas Sarkozy est déjà mis en examen dans l'affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne de 2012. Il est également mis en examen pour "trafic d'influence, corruption et recel de violation du secret professionnel" dans l'affaire des écoutes téléphoniques.

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