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La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël pourrait menacer le processus de paix au Moyen-Orient (COMMENTAIRE)

Publié le 2017-12-06 à 21:46 | french.xinhuanet.com

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WASHINGTON, 6 décembre (Xinhua) -- La reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et la relocalisation de l'ambassade des Etats-Unis dans la ville, qui pourraient être annoncées par le président américain Donald Trump ce mercredi, fragiliseraient le processus de paix au Moyen-Orient et compliqueraient la situation dans la région.

D'après le gouvernement américain, cette décision ne ferait que reconnaître un "fait établi" et ne changerait rien à la situation actuelle.

Cependant, la décision de M. Trump pourrait avoir des répercussions néfastes et plonger les Etats-Unis et d'autres pays dans un chaos irréparable.

Les pourparlers de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, dans l'impasse depuis de longues années, seraient la première victime de cette décision unilatérale de Washington, car elle polariserait encore plus les deux parties au lieu de leur donner des raisons de se rapprocher et de s'entendre sur un accord de paix durable.

De plus, cette décision enfoncerait le Moyen-Orient dans une situation chaotique et imprévisible. Elle donnerait aux extrémistes de la région et d'ailleurs un argument pour enrôler de nouvelles recrues prêtes à exécuter leurs plans, sous prétexte de représailles. Si tel était le cas, les pays du monde entier pourraient être confrontés à une situation de plus en plus dangereuse.

Cette nouvelle frasque politique de M. Trump vise de toute évidence à plaire à ses électeurs, qui souhaitent un gouvernement aussi pro-israélien que possible. En prenant cette décision, M. Trump essaie de se présenter comme un président qui tient ses promesses.

"Les Etats-Unis ont toujours été pro-Israël, mais jusqu'ici, ils n'étaient pas forcément perçus comme anti-Palestine. Cette décision laissera penser que Washington ne soutient pas une solution à deux Etats, alors même qu'un grand nombre de personnes considèrent qu'il s'agit de la seule solution pour parvenir à stabiliser la situation", estime Daniel Serwer, directeur du Programme de gestion des conflits de l'Université Johns Hopkins.

"Ce n'est pas inattendu, mais c'est peu judicieux. C'était une erreur il y a quelques mois et ça le reste aujourd'hui", a-t-il ajouté.

La communauté internationale, en particulier les pays du Moyen-Orient, a remis en question cette décision très controversée de M. Trump et averti qu'elle aurait de graves conséquences.

Depuis plus d'une décennie, le Moyen-Orient est enlisé dans une crise que la politique des Etats-Unis, centrée sur les propres intérêts de Washington, contribue à prolonger.

Le gouvernement de M. Trump doit montrer qu'il a le sens des responsabilités et réparer les erreurs passées des Etats-Unis afin de contribuer à rétablir la paix dans cette partie du monde. A défaut, il devrait au moins avoir la prudence de ne pas aggraver la situation dans la région.

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