Burkina : une grève paralyse le plus grand hôpital public
Publié le 2017-06-06 à 00:59 | french.xinhuanet.com
OUAGADOUGOU, 5 juin (Xinhua) -- Le personnel médical du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo (CHU-YO) de Ouagadougou, le plus grand centre de santé public du pays, observe depuis lundi matin un arrêt de travail de 24 heures suite à l'agression de trois agents de santé dont un médecin, par des accompagnants d'un malade décédé, a-t-on appris de sources syndicales.
Selon les responsables syndicaux, ce mouvement d'humeur a pour but de manifester leur mécontentement après l'agression de leurs camarades sur leur lieu de travail.
"Nous sommes écœurés et révoltés de ce qui s'est passé hier à 3 heures du matin lorsque trois de nos camarades ont été agressés dans l'exercice de leur fonction", a indiqué Modeste Méda, secrétaire général adjoint du Syndicat du personnel soignant de l'hôpital qui enregistre 25.000 actes de consultations par an.
Les agressions du personnel soignant sont de plus en plus fréquentes dans les centres de santé au Burkina Faso. La semaine dernière, au CHU-Sourou Sanou de Bobo-Dioulasso, un agent avait été subi la furie d'un accompagnant.
Ce lundi plusieurs malades étaient abandonnés dans les couloirs de cet hôpital qui est fréquenté notamment par la couche la plus défavorisée du Burkina Faso, où plus de 40% de la population vit avec moins d'un dollar par jour.
"Nous avions (déjà) organisé un sit-in et initié une marche en direction du ministère pour dénoncer le phénomène, mais le ministre de tutelle nous a rencontrés et avait pris des engagements", a dit le syndicaliste.
Créé en 1958 grâce à un financement du gouvernement français et de l'Etat burkinabé, le CHU-YO a officiellement ouvert ses portes au public le 11 décembre 1961. Actuellement l'hôpital Yalgado toutes catégories confondues emploie à peu près 1.200 personnes.