France/Primaire de la droite : François Fillon sort favori du dernier débat de l'entre-deux tour, selon un sondage BFMTV
Publié le 2016-11-25 à 20:11 | french.xinhuanet.com
PARIS, 25 novembre (Xinhua) -- Au lendemain du dernier débat de la primaire de la droite et du centre, qui a réunit 8,5 millions de téléspectateurs jeudi 24 novembre, un sondage réalisé par Elabe pour la chaîne française BFMTV révèle que François Fillon sort favori face à Alain Juppé.
A l'issue du débat, 71% des téléspectateurs interrogés se déclarant sympathisants de la droite et du centre ont trouvé François Fillon "plus convaincant" (57% de l'ensemble des électeurs) et 65% pensent qu'il a le plus de chance d'être élu lors de l'élection présidentielle de 2017.
Le contenu du débat a quant à lui été jugé "sérieux" et "digne" par plusieurs médias français tels que Le Figaro et Les Echos. Les questions se sont concentrées autour du travail, de la santé, de la sécurité et des relations diplomatiques durant près de deux heures.
Au sujet de la durée légale du temps de travail en France, François Fillon souhaite abroger les 35 heures : "Les 35 heures ont fait des dégâts. Je pense que c'est une des quelques décisions qui sont responsables du décrochage économique de notre pays (...) Je veux laisser les salariés négocier avec des accords majoritaires sur le temps de travail, dans la limite européenne de 48 heures".
Alain Juppé ne prévoit pas d'aller au-delà des 39 heures de travail hebdomadaire : "Dans le secteur privé, je propose que la durée du travail soit négociée dans l'entreprise (...) Ce qui ne peut fonctionner dans le système de François Fillon, c'est qu'il n'y pas d'incitation à trouver un accord. Si une partie ne veut pas négocier, il ne se passe rien. Si au bout de deux ans, il ne se passe rien, dans mon programme, le chef d'entreprise peut passer au 39 heures".
Concernant la réduction du nombre de fonctionnaires, point commun aux deux programmes, chacun a réaffirmé ses positions. Alain Juppé estime que la baisse de 500.000, voire 600.000 postes proposée par François Fillon est irréalisable : "La masse salariale représente 40% dans les collectivités. François a annoncé d'abord 600.000 puis 500.000 suppressions de poste de fonctionnaires. Je pense que ce n'est pas possible (...) Je propose 250.000 suppressions de poste dans la fonction publique et je ne donnerai pas de nom des métiers touchés, car ce n'est pas comme ça que ça fonctionnera", a-t-il déclaré.
Concernant la santé, François Fillon souhaite redonner plus de place aux médecins libéraux : "Notre système de santé a besoin d'être réformé (...) Je veux désétatiser le système de santé, il faut remettre les médecins libéraux, les médecins généralistes, au cœur du système", a-t-il affirmé. Un positionnement que ne partage pas Alain Juppé : "J'ai une divergence avec François Fillon : il faut restaurer la confiance entre les professionnels de santé et l'Etat, mais je ne toucherai pas aux taux de remboursement. François propose de transférer aux assurances privées une partie des remboursements. Je propose de lutter contre la fraude, recadrant l'aide médicale d'Etat pour la ramener à l'essentiel".
Evoquant la sécurité, Alain Juppé a déclaré que 150.000 postes de fonctionnaire ont été supprimés de 2007 à 2012 : "Il faut réarmer l'Etat, tout au long d'une chaîne qui ne se limite pas au renforcement des effectifs", a-t-il indiqué. De son côté, François Fillon estime que "la police a surtout besoin de moyens matériels. Quand on regarde les effectifs par rapport à nos voisins, il y a plus de policiers ou gendarmes par habitant que par rapport à nos voisins, beaucoup plus qu'en Allemagne".
Autre thème abordé lors du débat, les relations diplomatiques de la France : "Sur la scène internationale, il faut que la France soit elle-même et qu'elle reconquiert sa liberté de choix. La France doit redevenir ce qu'elle a longtemps été, une puissance d'influence mondiale. Nous sommes une puissance nucléaire, ce qui ne va pas, c'est que notre économie s'est affaiblie et que notre voix est devenue inaudible. Je veux renforcer cette voix", a affirmé Alain Juppé, ajoutant qu'il souhaitait que la France ne soit "ni inféodée à Washington ni à Moscou".
Pour François Fillon, la politique de sanctions envers la Russie "a échoué, et il faut le reconnaître (...) Mais bien sûr que je n'approuve pas l'annexion de la Crimée. Je veux que la question soit traitée en respect du droit international", a-t-il ajouté.
Les deux finalistes seront départagés lors du deuxième tour de la primaire qui se tiendra le 27 novembre prochain, à l'issue duquel sera désigné le candidat du parti Les Républicains pour l'élection présidentielle de 2017. Fin

