Guinée : l'hypertension artérielle touche près d'un tiers de la population
Publié le 2016-05-14 à 04:59 | french.xinhuanet.com
CONAKRY, 13 mai (Xinhua) -- En Guinée, l'hypertension artérielle constitue la première cause d'hospitalisation au service cardiologie de l'hôpital national Ignace Denn, avec une prévalence globale estimée à 29,9%, a déclaré vendredi, Dadhi Baldé, cardiologue et chef de service cardiologie au Centre hospitalo-universitaire (CHU) d'Igance Denn.
En prélude à la célébration le 14 mai de la journée mondiale de lutte contre l'hypertension artérielle (HTA), la société guinéenne de cardiologie a organisé une conférence de presse pour informer et sensibiliser les populations sur la gravité des complications, ainsi que le traitement et la prévention de l'hypertension artérielle.
Selon les résultats d'une enquête sanitaire réalisée sur la population et publiée en 2015, 52,8% des hospitalisations au service de cardiologie de l'hôpital Ignace Denn concerne l'hypertension artérielle.
De même, sur le taux de prévalence de 29,9% de la population, 76% ignoraient leur hypertension artérielle, alors que 35% des malades qui se savaient hypertendus étaient sous traitement et seulement 16% des sujets traités avaient une tension artérielle contrôlée.
"Il s'agit ainsi d'une maladie souvent méconnue, insuffisamment traitée et très peu contrôlée", a affirmé Dahdi Baldé, avant de souligner que l'hypertension artérielle, longtemps silencieuse, peut endommager les organes vitaux comme le coeur, le cerveau, ou les reins, entrainant ainsi de graves complications chez les personnes atteintes.
Pour ce médecin et professeur d'université, l'HTA dégrade la structure des artères qui deviennent moins souples et perdent certaines de leur propriété.
L'HTA est donc "un tueur silencieux et en série" qu'il convient de dépister et de traiter correctement afin de prévenir les nombreuses et graves complications, estime le cardiologue.
Il a rappelé que le traitement réduit à 50% les risques d'insuffisances cardiaques, de 40% les risques d'accident vasculaire cérébral et de 25% les risques de crise cardiaque.
Parlant de la prise en charge des hypertendus, M. Baldé a cité une approche méthodique fondée sur l'information et l'éducation du patient, car il s'agit souvent dit-il, "d'un traitement à vie, mais aussi pour la vie".
L'hypertension artérielle touche plus d'un milliard d'individus dans le monde et ce chiffre pourrait passer à 1,5 milliard d'ici 2025, avec plus de 8 millions de décès par an, selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
En Afrique, près de 150 millions de personnes seront hypertendus, faisant de cette région l'une des plus exposées, a indiqué M. Baldé. Fin

