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(VOIX DE XINHUA) Big money : pourquoi les Américains sont-ils en colère?

                 French.xinhuanet.com | Publié le 2016-04-22 à 20:33


(Xinhua/Yin Bogu)

Par WANG Songyu

BEIJING, 22 avril (Xinhua) -- Le pouvoir de l'argent en politique, grave préoccupation qui persiste au sein des élections présidentielles américaines, a provoqué le weekend dernier un mécontentement manifeste alors que des manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère.

La fureur publique était évidente lorsque l'acteur et réalisateur George Clooney et son épouse Amal ont organisé une collecte de fonds samedi soir en soutien de la candidate démocrate Hillary Clinton à Los Angeles. Le prix d'entrée pour l'événement, qui a rassemblé près de 150 partisans, était de 33.400 dollars.

Le rival démocrate de Mme Clinton, Bernie Sanders, est soutenu par un grand nombre de personnes qui se décrivent comme faisant partie des "99%", référence à la théorie que le pays est géré par les 1% les plus riches du pays.

Ironie du sort, tout en se moquant du succès de l'essor d'Hillary Clinton soutenue par des donateurs super-riches, M. Sanders a lui aussi une longue liste de personnalités derrière lui.

Il est bien connu que les dépenses engagées dans les élections présidentielles américaines sont énormes et que l'année des élections est une forte période d'activité pour le "Big money" politique.

La plupart de l'argent n'a pas été directement utilisé dans les campagnes, mais a été versé à des groupes extérieurs tels que les comités d'action politique (PAC) et les organisations de collecte de fonds, qui ont ensuite permis de recueillir d'énormes quantités d'argent.

"L'argent contrôle la politique", a-t-on lu sur les sites internet américains.

"Hillary fait partie de l'élite démocrate, et ne diffère pas de l'élite républicaine. Le problème est que l'on se sent obligé de prendre des choix politiques vis-à-vis de ses donateurs", a commenté un internaute sur le site de la chaîne de télévision ABC.

Nous avons raison d'être inquiets, des études dans le passé ayant confirmé une corrélation entre la capacité de collecte de fonds des candidats et leurs possibilités de succès dans les élections américaines.

Une autre raison de s'inquiéter est le fait que les dons politiques aux candidats présidentiels sont souvent considérés comme un investissement politique avec de bons rendements. Les groupes lobbyistes permettent aux donateurs d'exercer une influence énorme - directe ou indirecte - sur l'élaboration des politiques.

Hillary Clinton a recueilli 33 millions de dollars au premier trimestre de cette année, dont 1,5 million de la part de lobbyistes qui représentaient des géants comme Wal-Mart, BP et ExxonMobil, selon les médias locaux.

Selon un sondage mené par GFK, quatre Américains sur cinq sont mécontents du gouvernement américain. Ils estiment que l'influence des grandes entreprises et des super-riches en politique porte atteinte au droit des électeurs d'exprimer leurs opinions. Et cela se ressent notamment depuis la décision de la Cour suprême en 2010 de supprimer les limites des contributions financières en tant que donation politique, ce qui a ouvert la porte au "Big money" politique.

Les manifestants devant le Capitole ont accusé la politique américaine d'être contrôlée par l'argent, car "leurs voix ne sont pas équivalentes aux voix des personnes riches".

Jimmy Carter, ex-président américain, a souligné lors d'une interview télévisée l'an dernier que le "Big money", qui investit des montants énormes, porte atteinte de manière irréversible au système politique des Etats-Unis.

Parmi les voix du mécontentement figurent les manifestants qui ont participé il y a cinq ans au mouvement "Occupy Wall Street". Les citoyens ordinaires souffrent de la crise financière alors que les grandes sociétés ne risquent rien.

"Les Américains en ont assez que leurs politiques soient achetées et payées", a déclaré Peter Callahan, directeur de la communication du mouvement "Democracy Spring", qui cherche à atténuer l'influence de l'argent dans la vie politique.

Sur une pancarte brandie lors de la manifestation, on pouvait lire : "Entendez-vous toujours les 99%?", ce qui nous rappelle l'un des slogans du mouvement "Occupy Wall Street" : "Nous sommes les 99% qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1% restants".

La manifestation est terminée mais la colère publique reste. Lors des primaires de cette année, certains hommes politiques ont déjà dû faire face à la fureur du grand public, et ce n'est pas la première, ni la dernière fois.

 
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(VOIX DE XINHUA) Big money : pourquoi les Américains sont-ils en colère?

French.xinhuanet.com | Publié le 2016-04-22 à 20:33


(Xinhua/Yin Bogu)

Par WANG Songyu

BEIJING, 22 avril (Xinhua) -- Le pouvoir de l'argent en politique, grave préoccupation qui persiste au sein des élections présidentielles américaines, a provoqué le weekend dernier un mécontentement manifeste alors que des manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur colère.

La fureur publique était évidente lorsque l'acteur et réalisateur George Clooney et son épouse Amal ont organisé une collecte de fonds samedi soir en soutien de la candidate démocrate Hillary Clinton à Los Angeles. Le prix d'entrée pour l'événement, qui a rassemblé près de 150 partisans, était de 33.400 dollars.

Le rival démocrate de Mme Clinton, Bernie Sanders, est soutenu par un grand nombre de personnes qui se décrivent comme faisant partie des "99%", référence à la théorie que le pays est géré par les 1% les plus riches du pays.

Ironie du sort, tout en se moquant du succès de l'essor d'Hillary Clinton soutenue par des donateurs super-riches, M. Sanders a lui aussi une longue liste de personnalités derrière lui.

Il est bien connu que les dépenses engagées dans les élections présidentielles américaines sont énormes et que l'année des élections est une forte période d'activité pour le "Big money" politique.

La plupart de l'argent n'a pas été directement utilisé dans les campagnes, mais a été versé à des groupes extérieurs tels que les comités d'action politique (PAC) et les organisations de collecte de fonds, qui ont ensuite permis de recueillir d'énormes quantités d'argent.

"L'argent contrôle la politique", a-t-on lu sur les sites internet américains.

"Hillary fait partie de l'élite démocrate, et ne diffère pas de l'élite républicaine. Le problème est que l'on se sent obligé de prendre des choix politiques vis-à-vis de ses donateurs", a commenté un internaute sur le site de la chaîne de télévision ABC.

Nous avons raison d'être inquiets, des études dans le passé ayant confirmé une corrélation entre la capacité de collecte de fonds des candidats et leurs possibilités de succès dans les élections américaines.

Une autre raison de s'inquiéter est le fait que les dons politiques aux candidats présidentiels sont souvent considérés comme un investissement politique avec de bons rendements. Les groupes lobbyistes permettent aux donateurs d'exercer une influence énorme - directe ou indirecte - sur l'élaboration des politiques.

Hillary Clinton a recueilli 33 millions de dollars au premier trimestre de cette année, dont 1,5 million de la part de lobbyistes qui représentaient des géants comme Wal-Mart, BP et ExxonMobil, selon les médias locaux.

Selon un sondage mené par GFK, quatre Américains sur cinq sont mécontents du gouvernement américain. Ils estiment que l'influence des grandes entreprises et des super-riches en politique porte atteinte au droit des électeurs d'exprimer leurs opinions. Et cela se ressent notamment depuis la décision de la Cour suprême en 2010 de supprimer les limites des contributions financières en tant que donation politique, ce qui a ouvert la porte au "Big money" politique.

Les manifestants devant le Capitole ont accusé la politique américaine d'être contrôlée par l'argent, car "leurs voix ne sont pas équivalentes aux voix des personnes riches".

Jimmy Carter, ex-président américain, a souligné lors d'une interview télévisée l'an dernier que le "Big money", qui investit des montants énormes, porte atteinte de manière irréversible au système politique des Etats-Unis.

Parmi les voix du mécontentement figurent les manifestants qui ont participé il y a cinq ans au mouvement "Occupy Wall Street". Les citoyens ordinaires souffrent de la crise financière alors que les grandes sociétés ne risquent rien.

"Les Américains en ont assez que leurs politiques soient achetées et payées", a déclaré Peter Callahan, directeur de la communication du mouvement "Democracy Spring", qui cherche à atténuer l'influence de l'argent dans la vie politique.

Sur une pancarte brandie lors de la manifestation, on pouvait lire : "Entendez-vous toujours les 99%?", ce qui nous rappelle l'un des slogans du mouvement "Occupy Wall Street" : "Nous sommes les 99% qui ne tolèrent plus l'avidité et la corruption des 1% restants".

La manifestation est terminée mais la colère publique reste. Lors des primaires de cette année, certains hommes politiques ont déjà dû faire face à la fureur du grand public, et ce n'est pas la première, ni la dernière fois.

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