french.xinhuanet.com

MH370 : grandes chances de trouver des éléments de réponses après l'analyse du débris d'avion découvert à la Réunion (INTERVIEW)

Publié le 2015-08-06 à 01:48 | french.xinhuanet.com

Taille du Texte
T+ | T-

RSS

Partager


Une semaine d'actualités en images (du 27 juillet au 2 août 2015)

Sun Yang

PARIS, 5 août (Xinhua) -- Les experts ont débuté ce mercredi dans l'après midi l'analyse du morceau de débris du Boieng 777, retrouvé à l'île française de la Réunion, pour déterminer s'il provient ou non de l'avion MH370.

Xavier Tytelman, spécialiste de la sécurité aérienne, décrypte dans cette interview accordée à Xinhua les différentes phases de cette analyse menée par les experts français du Bureau enquêtes et analyses (BEA).

Selon M. Tytelman, également ancien aviateur militaire sur les aéronefs de patrouille maritime, il y a de grandes chances de pouvoir trouver des éléments de réponses après l'analyse du débris.

D'après ce spécialiste, plusieurs éléments vont être investigués par les experts français. Ces derniers ne feront aucune connexion officielle, dans un premier temps, avec le vol MH370.

"Il s'agira de chercher, d'abord, une preuve juridique. Et cette preuve pourra être donnée par les analyses, soit simplement en retrouvant un numéro de série ou de maintenance qui correspondra bien au bon avion. Soit par une analyse de la peinture. La peinture en elle-même à une trace chimique, un peu comme une emprunte digitale qui va être très spécifique, et qui peut correspondre uniquement au MH370", a expliqué M. Tytelman.

Les experts ne se limiteront pas là, car il va y avoir encore d'autres études qui vont être réalisées avec un "microscope très puissant", a indiqué M. Tytelman.

L'objectif sera de déterminer si cette pièce retrouvée, "a subi des chocs et quel était l'angle et l'intensité du choc ? Il sera également étudié, s'il y a des traces chimiques : par exemple, des traces d'explosifs ou d'incendies", a dit l'ancien aviateur.

Enfin, la troisième phase d'analyse va être réalisée d'après ce spécialiste, par des biologistes. Lesquels vont principalement s'intéresser aux coquillages qui sont sur la pièce.

"Ces coquillages vont pouvoir donner deux informations : la première, c'est combien de temps cette pièce a passé dans l'eau. Parce que la vitesse à laquelle les coquillages poussent et très spécifique et cela permettra de renseigner sur la durée d'exposition. Et le deuxième élément, c'est la race de ces coquillages. Car certains coquillages ne peuvent naitre que dans des eaux froides qui sont tout à fait au sud de l'océan Indien. Et s'il s'agit bien de ces coquillages (d'eau froide) qui se sont accrochés sur ce débris, cela veut dire que le débris vient du sud de l'océanIindien dans la zone très froide. Donc, on pourra recentrer les recherches dans le sud", a-t-il expliqué.

Pour M. Tytelman, il y a de grandes chances de pouvoir trouver des éléments de réponses, "en tout cas sur le choc en lui-même". Car le débris retrouvé à la Réunion est relativement intact.

Déjà beaucoup d'éléments sont connus sur le MH370, notamment sur les actions qui ont été prises à bord, son évolution ... grâce à des informations géographiques précises, a rappelé ce spécialiste de la sécurité aérienne.

010020070770000000000000011100001344849601