BUJUMBURA, 4 mai (Xinhua) -- Au moins deux manifestants ont été tués et plusieurs autres blessés lundi à Bujumbura, capitale burundaise, alors que les manifestations contre le 3ème mandat du Président Pierre Nkurunziza ont atteint lundi à leur septième jour le centre-ville de Bujumbura, a indiqué à Xinhua un témoin rencontré sur place.
Les manifestants ont vite été dispersés par la police qui a tué par balles réelles au moins deux de ces manifestants dans les quartiers de Mutakura et Cibitoke situés au nord de la capitale, selon la source.
Plusieurs dizaines de manifestants ont voulu assiéger la place de l'Indépendance située en plein centre de la capitale et ont été dispersés par la police anti-émeute avec l'usage de gaz lacrymogène. C'est au moment où à quelques dizaines de mètres de là-bas, d'autres manifestants faisaient face à des policiers antiémeutes au niveau des parkings autour de l'ancien marché central de Bujumbura.
Des crépitements d'armes ont été entendus au niveau des ponts pour limiter les flux des manifestants vers le centre-ville en provenance des quartiers périphériques.
Dans les quartiers de Ngagara et de Kamenge situés au nord de la capitale, des manifestants et des contre-manifestants ont failli se rentrer dedans et se sont lancé des pierres.
Près du pont de la République séparant la commune de Rohero et celle de Gihosha au nord toujours de la capitale, la police a tiré des balles réelles sur les manifestants et trois ont été grièvement blessés dont un à la tête.
Même au sud de la capitale, la situation est quasi la même et on a enregistré deux enfants blessés par balles réelles tirées par la police dans la commune de Kinindo. Ces enfants ont été admis dans un centre aménagé par la Croix Rouge du Burundi dans cette commune où ils ont reçu les premiers soins d'urgence.
Les activités économiques ont été paralysées, plusieurs banques et toutes les écoles de Bujumbura ayant fermé les portes. L' administration publique ne fonctionne plus puisque les fonctionnaires n'ont pas pu se rendre au travail faute de moyens de transport public et surtout que les manifestants ont érigé des barricades sur les grandes artères de la capitale.
Les manifestations sont organisées depuis le 26 avril, le lendemain de la désignation de M. Nkurunziza par le parti au pouvoir, le CNDD-FDD, comme son candidat à l'élection présidentielle du 26 juin.
Aux termes de la Constitution et de l'Accord d'Arusha qui avait mis fin à la guerre civile burundaise, signé en 2000, le président de la République est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois et nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels